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1er mai à Lille, la rue comme symbole de mobilisation en période d’élections

1er mai à Lille, la rue comme symbole de mobilisation en période d’élections

Des manifestants lors du premier mai

Une semaine après le second tour et à un peu plus d’un mois des législatives, le 1er mai résonne toujours comme une journée de manifestation. En ce dimanche, et malgré une méfiance des Français vis-à-vis de la politique, ils étaient des milliers à s’emparer de la rue, partout en France. À Lille, pas moins de 2.500 personnes ont déambulé sur un parcours d’environ 2,5 km. Même si l’atmosphère était pesante, c’est dans un pacifisme total que s’est déroulé le rassemblement.

Cette année, le 1er mai tombe le dimanche suivant la victoire d’Emmanuel Macron à l’élection présidentielle, et quelques semaines avant les législatives. C’est pourquoi cette manifestation s’est déroulée dans un contexte social assez crispé. Les thèmes du pouvoir d’achat, de l’écologie et de la justice sociale sont actuellement au cœur de notre société, et ont été largement plébiscités par les manifestants. Les mots de Maryse confirment le sentiment de désespoir des Français face à la politique : “Je pense qu’il faut se mobiliser plus que jamais.” Mais elle n’est pas la seule. Ces propos sont souvent revenus dans la bouche des manifestants : “On est mobilisés pour faire front, cette année plus que jamais”, nous dit Paul.

“Je pense qu’il faut se mobiliser plus que jamais” – Maryse, manifestante

À Lille, il était presque onze heures quand le cortège s’est élancé depuis Porte des Postes. Après avoir remonté la rue des Postes, longé le Théâtre Sébastopol, la foule s’est dirigée vers le marché de Wazemmes. Certains passants étaient étonnés de cet itinéraire, comme Sébastien : “Je n’étais pas au courant de l’existence de cette manifestation, mais je me doutais bien qu’en ce 1er mai, il y aurait quelque chose.” Alors que certains ont critiqué cette venue, d’autres la comprennent : “C’est un symbole ce marché, il y a quelque chose de très populaire, c’est le microcosme des revendications sociales.” Ce sont finalement quelques centaines de mètres plus loin, sur la place Casquette, que s’est terminé le rassemblement.

Une fanfare présente le premier mai
Une fanfare sur le parcours de la manifestation © Félix Lebelle (Pépère News)

Des allures de fête

Rassemblement historique, la fête des travailleurs est l’une des mobilisations les plus suivies de l’année. Rappelons que la date du 1er mai est considérée comme une journée de contestation dans le monde avec la lutte pour des droits sociaux : semaine de 40 heures, congés payés, journée de huit heures, etc. Un syndicaliste estampillé CGT souligne avec une certaine conviction que c’est avant tout la “fête des travailleurs et non du travail”.

Cette journée, c’est aussi le signe d’une convivialité partagée par toutes les personnes présentes. Bruno le confirme : “Je n’ai aucune raison de ne pas être là, il y a une tradition à respecter, à poursuivre.” De nombreuses fanfares étaient présentes dans le cortège afin d’apporter de la “bonne humeur” et “autre chose que de la confrontation”, comme nous le raconte Thomas, de la fanfare de lutte. Il poursuit : “On amène une autre dimension, afin de rendre les choses plus conviviales, pour ramener tout le monde dans les manifs”.

Premier mai, rassemblement politique ?

Comme chaque année, de nombreuses organisations étaient rassemblées : syndicats (CGT, FSU, Force Ouvrière, etc.), associations, mais aussi mouvements politiques qui se sont greffés, comme La France Insoumise, Europe Écologie Les Verts ou encore le Parti communiste Français.

Comme le souligne Pierre, responsable des Jeunes Communistes du Nord : “C’est la première mobilisation sociale depuis l’élection présidentielle, et c’est l’occasion de montrer que le rapport de force sera dans la rue et dans la jeunesse”. Il met en garde : “On sera dans la rue autant qu’il le faudra”.

“C’est la première mobilisation sociale depuis l’élection présidentielle” – Pierre, jeune communiste

Sans surprise, la question des élections législatives a retenti dans toutes les têtes. Certains, comme Bérenger, sont très optimistes quant à une possible union de la Gauche : “Pour ce mandat, on peut véritablement avoir un contre-pouvoir.” D’autres sont plus dubitatifs, comme Benjamin : “On voit que ce n’est pas gagné si les intérêts personnels passent en premier lieu. L’Union aurait dû avoir lieu dès le premier tour.”

Adrien Quatennens & Ugo Bernalicis
Adrien Quatennens & Ugo Bernalicis © Félix Lebelle (Pépère News)

Thèmes majeurs de ce rassemblement: la retraite et le pouvoir d’achat. “Monsieur Macron, entendez ces cris qui viennent de la rue, les Français n’en peuvent plus”, a déclaré Adrien Quatennens, député La France Insoumise et candidat à sa réélection pour la première circonscription du Nord. Il a insisté : “Il faut qu’on les soulage (les Français), pas avec quelques chèques, mais en bloquant les prix.” Autre personnage politique aperçu : Ugo Bernalicis, également député LFI du Nord. Fabien Roussel devait normalement être présent à Lille, mais c’est finalement à Valenciennes qu’il a été aperçu.

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