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Au Festival du cinéma européen, “Court de Récré”, la séance cinémato-philosophique destinée aux enfants

Au Festival du cinéma européen, “Court de Récré”, la séance cinémato-philosophique destinée aux enfants

© Les chaussures de Louis - MoPA-L’École de la 3D

Séance hors compétition de la 37e édition du Festival du cinéma européen de courts métrages de Lille, Court de Récré a su satisfaire la curiosité de ses plus jeunes spectateurs. Juliane, 12 ans et Clotilde, 9 ans reviennent sur cette séance philosophique et divertissante.

Quatorzième semaine de l’année, les écoles sont fermées, l’occasion pour Juliane et Clotilde de voir leurs différents cours se métamorphoser en séance de cinéma. Blotties dans leur lit ou bien installées sur leur canapé, les deux sœurs ont suivi sept aventures allant de celle de Clarence, une lézarde aux désirs de liberté dans Colza, à celle de la jeune Bori qui découvre le monde à travers l’expérience de ses cinq sens dans Boriya. Pour cette édition 100% digitale du Festival du cinéma européen, les sept courts métrages proposés par la séance Court de Récré prennent la forme d’un manuel ludique initiant à la réflexion philosophique.

Mais, si le désir de comprendre semble être l’objectif de cette séance destinée aux enfants, c’est sans compter sur le pouvoir de l’interprétation. “Un enfant de 5 ans ne va pas comprendre la même chose qu’un enfant de 10 ans, mais les deux interprétations seront aussi intéressantes l’une que l’autre” raconte Alicia Guillet, responsable de la programmation de Court de Récré. Une incitation à l’interprétation qui semble avoir séduit davantage Clotilde que Juliane ; moins motivée, l’aînée n’a regardé que les trois premiers courts métrages. Toutefois, les deux sœurs s’accordent à souligner “l’originalité” de la séance.

Originalité et poésie

“C’est original parce qu’on mélange la vue réelle et le dessin animé”, explique Juliane au sujet de Mon Ami qui brille dans la nuit réalisé par des étudiants de l’école des Gobelins. Ce court métrage comptant l’histoire d’un fantôme qui perd la mémoire après avoir été frappé par la foudre est médaillé d’argent selon un classement que la jeune adolescente s’est amusée à faire. Pourtant, traitant du deuil, Mon Ami qui brille dans la nuit est loin d’être la création la plus facile à comprendre et à interpréter de la programmation. Pour faire passer le message “de façon ludique et poétique sans traumatiser les plus jeunes” précise Alicia Guillet, les réalisateurs s’en sont remis à la poésie et à l’originalité au travers d’un style hybride entre réalité et allégorie.

© Mon Ami qui brille dans la nuit / GOBELINS, l’école de l’image
© Mon Ami qui brille dans la nuit / GOBELINS, l’école de l’image

Mon Ami qui brille dans la nuit n’est pas la seule création poétique de la programmation. À en croire les réactions de Clotilde, les sept courts métrages semblent l’avoir été. Du rire avec Karl, à la tristesse avec Mon Ami qui brille dans la nuit en passant par le discernement avec Les Chaussures de Louis, Court de Récré a fait passer la jeune cadette par toutes les émotions. Puis, lorsque ses sentiments l’ont conduite vers une piste de réflexion voire vers une morale qu’elle s’est créée, Clotilde précise “avoir aimé” un court métrage. C’est donc en ayant été touchée par l’histoire de Les Chaussures de Louis, celle d’un petit garçon autiste parvenant à s’intégrer à l’école grâce à l’adaptation collective des autres et non pas par son unique accommodation, que Clotilde, tout comme sa sœur, en fait le lauréat de son classement.

Une invitation à la réflexion

L’amour, la mort, l’estime de soi, la liberté, la découverte sont autant de concepts mis en avant par la programmation pour faire réfléchir les plus jeunes. “Le but c’est vraiment de sensibiliser les enfants au cinéma du court métrage mais aussi de les amener à se poser des questions et à en discuter”, explique Alicia Guillet. Pour mener à bien sa mission, parler de tout, réfléchir sur tout, briser les tabous, Court de Récré ne se cantonne pas qu’à une séance de cinéma et n’hésite pas à partir à la rencontre de ses spectateurs dans les écoles, les collèges et même dans les lycées pour échanger sur ce qu’ils viennent de voir. Habituellement, en période vierge de crise sanitaire, les séances sont accompagnées d’activités ludiques pour que les enfants puissent discuter entre eux. Mais cette année, si Clotilde et Juliane ont pu disputer leurs ressentis, beaucoup d’enfants ont vu leur réflexion rester en suspens, laissant un goût amer, un air d’inachevé, à cette séance qui ne pouvait se faire autrement que chez soi.

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