Au sein de la métropole lilloise, l’inquiétude des utilisateurs des transports en commun

Station de métro, transports en commun, République Beaux-Arts

Pour lutter contre la propagation du coronavirus, Ilévia et la MEL imposent des règles strictes dans les transports en commun. Des mesures qui ne satisfont pas certains usagers.

Depuis ce lundi 11 mai, la France a entamé son processus de déconfinement. Pour ce faire, Ilévia, entreprise de transports en commun de l’agglomération lilloise, en accord avec la Métropole européenne de Lille (MEL), met en place certaines mesures. Masques obligatoires et distanciation sociale d’au-moins un mètre sont, bien sûr, au rendez-vous. Dans un communiqué, la MEL et Ilévia “incitent les Métropolitains à limiter leurs déplacements et encouragent les entreprises à favoriser le télétravail pour leurs salariés lorsque cela est possible ou à modifier leurs horaires afin d’étaler l’heure de pointe sur le réseau Ilévia”. Un réseau qui promet d’être alimenté à 70%, contre seulement 30% avant le déconfinement.

Selon les chiffres donnés par Ilévia, 300 salariés sont déployés auprès des voyageurs afin d’assurer le respect des gestes barrières. Une signalétique (notamment des marques au sol) ainsi que des désinfections quotidiennes s’ajoutent au plan mis en place par Ilévia et la MEL.

Signalétique réseau Ilévia
Ilevia met en place une signalétique au sol pour assurer les gestes barrières. © Louis Valleau

Des voyageurs pas rassurés pour autant

Malgré ces mesures, certains usagers habitués des transports en commun lillois se montrent plus prudents. C’est notamment le cas d’Hélène*, 37 ans, mère au foyer et habitante d’Hellemmes : “Les mesures qui ont été mises en place pour les transports en communs sont correctes ; à vrai dire, je vois mal ce qu’ils auraient pu faire de plus. Mais je n’ai pas confiance dans le comportement des usagers […] Je ne prendrai pas les transports en commun.” Un avis partagé par Charlotte*, 22 ans et gestionnaire commerciale lilloise pour qui “il est difficile de faire mieux concernant les transports en commun”. Elle ajoute aller au travail en voiture, contrairement à l’époque pré-coronavirus où elle privilégiait le métro. “Le risque zéro n’existe pas”, ajoute-t-elle. Margot, du même avis, assure qu’elle ne prendra probablement pas les transports en commun jusqu’en septembre, au moins.

Angélique, étudiante de 19 ans, est elle aussi inquiète : “Je dois prendre le métro pour aller faire un don de sang et j’ai peur qu’il soit blindé ! Mais pire encore, qu’il soit blindé avec des gens sans masque. Est-ce que des agents seront présents dans toutes les stations tout le temps pour faire respecter cette consigne extrêmement importante ? Je ne sais pas et c’est angoissant.” Parce qu’il est évident que le personnel déployé ne pourra pas assurer le respect de l’ensemble des règles sur l’entièreté du réseau. Chloé, étudiante de 20 ans, pense que les choses mises en place sont suffisantes” mais attendra “que cela soit vraiment nécessaire pour reprendre les transports”. D’autres, comme Laurent, se montrent néanmoins bien moins inquiets face au virus : “C’est bon, faut arrêter la panique, c’est pas Ebola qu’on a ici, on va pas tous crever. Faut arrêter vos conneries, ça va aller, merci”, nous dit-il.

Les transports en commun constitueront donc un point sensible au cours des prochaines semaines. Lieu de passage obligatoire pour de nombreux travailleurs, ils peuvent être un facteur important de propagation du virus. Le vélo apparait ainsi comme une alternative plus viable.

*Les prénoms ont été modifiés.
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