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Au théâtre Sébastopol, la lutte pour la culture et contre la précarité continue

Au théâtre Sébastopol, la lutte pour la culture et contre la précarité continue

Intermittents du spectacle au théâtre Sébastopol ©Nephtys Bodet/Pépère News

Ce jeudi 1er avril à 9 heures se tenait la conférence de presse des occupants du théâtre Sébastopol de Lille, présents depuis trois semaines dans la salle. L’occasion de mettre en lumière une lutte globale à travers une mise en scène aussi touchante que coup de poing.

Pour déclarer leur colère, les occupants du théâtre Sébastopol n’hésitent pas à réaliser une mise en scène grandiloquente. Pour ce 1er avril, sur scène, ils revendiquent avec ironie le blocage du Canal de Suez. Mais trève de plaisanterie. Il n’en est rien, et ce poisson d’avril prend un goût amer.

Depuis déjà un mois, l’occupation des théâtres partout en France met sur le devant de la scène les professionnels du monde de la culture. Les intermittents du spectacle, qui ont un statut bien particulier, sont de plus en plus touchés par la précarité. Et la crise sanitaire n’arrange rien. La lutte, initiée au théâtre de l’Odéon à Paris, se poursuit dans une centaine d’autres lieux en France. Et tous les mouvements sont coordonnés. Partout, on réclame des mesures pour sécuriser les emplois précaires.

“Tous les précaires de l’emploi sont concernés”

Non seulement la lutte continue, mais son domaine s’étend. En précaires solidaires, les manifestants se disent préoccupés par la culture, naturellement, mais aussi et plus globalement par la précarité grandissante des emplois. “Tous les précaires de l’emploi sont concernés”, rappelle un de leur communiqué de presse. Pour preuve, la réouverture des théâtres arrive en dernière place de leurs revendications. “Entraineurs de foot, intermittents du spectacles, étudiants, saisoniers, chomeurs… voilà qui nous sommes !”, écrivent-ils.

De nombreux points sont à l’ordre du jour. Concrètement, les militants revendiquent le retrait de l’assurance-chômage, la prolongation de l’année blanche au-delà du 31 août 2021 pour les intermittents ainsi que la réouverture des lieux culturels et de vie. L’extension du RSA aux jeunes dès 18 ans et le retrait de la loi Sécurité globale font aussi partie de leurs revendications.

Soutenus publiquemennt par la municipalité de Lille qui leur a ouvert les portes des théâtres de la ville, les luttants refusent néanmoins d’être instrumentalisés. Selon eux, Lille ne peut soutenir le mouvement que si elle soutient l’ensemble de leurs revendications. Et pas seulement la réouverture des salles de spectacles. Pour rappel, Lille est candidate à l’expérimentation de la réouverture des lieux culturels.

A ceux qui voudraient s’exprimer librement, les “interluttants” appellent le grand public à rejoindre leurs assemblées générales tous les midis.

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