Entre polémiques et scandales, le film Bac Nord fait parler de lui

Le 18 août dernier sortait le nouveau film de Cédric Jimenez, Bac Nord. Il met en scène Gilles Lellouche, Karim Leklou et Francois Civil, qui nous entraînent dans le quotidien policier des quartiers nord de Marseille. Entre acteurs à succès, polémiques et scandales, ce film ne cesse de faire parler de lui.

Inspiré de l’affaire de “la BAC nord”, Jimenez se plonge dans une enquête de faits et témoignages pour réaliser ce film. Pendant 1h45 nous suivons avec attachement, peine et angoisse le quotidien des trois policiers de la Brigade Anticriminalité qui ont marqué cette affaire.

Le trio forme une famille aux yeux des spectateurs, et ce en dépit de leurs différences. Greg, le plus âgé et le plus expérimenté, nourrit un amour inconditionnel pour son métier qui l’anime jour et nuit. Yassine, le plus calme et ambitieux de tous, ne rêve que de monter les échelons. Il est aussi très occupé par sa vie de couple, et bientôt de famille, avec sa femme Nora, interprétée par Adèle Exarchopoulos, qui est enceinte. Enfin, il y a le « chien fou » du trio, le plus jeune, insouciant et impulsif, Antoine. Avec l’accord de leur supérieur, ils participent à un trafic de drogue en bande organisée afin de récolter les informations nécessaires à leur enquête. Après avoir franchi la ligne jaune ils vont finalement se retrouver dans les bras de la justice.

A l’origine du film, une affaire très médiatisée

En Octobre 2012, l’affaire de la “BAC Nord” éclate. Dix-huit policiers sont accusés de trafics de stupéfiants organisés à Marseille. Ces policiers sont soupçonnés d’avoir récupéré du cannabis et de l’argent afin de payer leurs indics qui fournissaient toutes les informations nécessaires pour finir leur mission. Le vol et le racket des habitants de la cité phocéenne vient s’ajouter à la liste des faits qui leur sont reprochés.

Leur procès a eu lieu en 2019. En avril 2021, sept d’entre eux ont été relâchés et 11 ont été condamnés à différentes peines de prison. Seuls deux des sept relachés ont été définitivement blanchis dans le dossier. Ayant lui-même grandi dans les quartiers nord de Marseille, Cédric Jimenez s’est intéressé à cette histoire hautement médiatisée pour en faire un film. Son objectif : creuser pour découvrir toute la vérité. C’est grâce à Hugo Sélignac, son producteur, qu’il a pu rencontrer les policiers de la BAC de l’époque, spectateurs des faits ou accusés. Son souhait était aussi de comprendre comment les forces de l’ordre avaient pu franchir ces limites. Mais, le réalisateur n’est pas le seul à s’être entretenu avec eux. Lellouche, Leklou et Civil les ont aussi rencontrés afin d’incarner au mieux leur rôle respectif.

Des réactions variées, entre engouement et virulence

A sa sortie, le film a été accueilli par un flot de critiques et de polémiques inattendues. Fiachra Gibbons, journaliste irlandais à l’AFP, salue la beauté et le professionnalisme de ce film mais avertit sur les potentielles interprétations politiques de l’œuvre. Il affirme : “On est dans une année d’élection. Vu avec l’œil d’un étranger,  je me dis : ‘ah ouais peut-être que je vais voter Le Pen après ça’ “. Vivement critiqué de par sa représentation exagérée des cités et du traitement partial de l’affaire dont il est inspiré, Bac Nord est aussi accusé de participer à la levée de l’extrême droite et prônerait même le parti du Rassemblement National. D’autres lui reprochent d’être un film pro-policier, faisant passer les jeunes de cités marseillaises pour des animaux violents et sauvages…

Malgré les superbes scènes d’actions dignes de blockbusters américains, il est reproché à Jimenez de ne montrer que le point de vue des forces de l’ordre, représentées ici comme les victimes de l’affaire. Le film se déroule en deux temps, d’abord l’action principale avec la descente de l’immeuble, suivie d’un épisode larmoyant. La trahison du supérieur hiérarchique des trois policiers est vue par certains comme une manière de décharger ses héros de toutes responsabilités. Le réalisateur assume ce parti pris, “je raconte la colère parce que j’ai choisi le point de vue des policiers“, explique-t-il. Au début du film il est également mentionné “ce film est inspiré d’une histoire vraie mais reste une fiction“, une précaution censée dédouaner le réalisateur de tout potentiel engagements.

Les trois protagonistes sont sur-représentés, qui plus est comme s’ils étaient seuls au monde dans la cité phocéenne. Selon certaines critiques, on parle de “glorification de la police“. Le réalisateur soutiendrait les policiers prenant en grippe les supérieurs, les bureaucrates ou encore les corrompus.

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