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Cinéscope #1 : L’American Story

Cinéscope #1 : L’American Story

Nous vous proposons d’entrer dans la DeLorean pour vous replonger dans le passé et vous présenter ces films qui nous évoquent d’innombrables souvenirs et qui ont fait l’actualité de l’époque. Comme l’a dit un philosophe des temps modernes : “Maman disait toujours, la vie c’est comme une boîte de chocolat on sait jamais sur quoi on va tomber…” Et bien, sur quels chefs d’oeuvre du 7ème art êtes-vous tombés cette semaine ? Embarquement immédiat !

Cinéscope#1 : Toy Story & American Beauty

Notre love story pour Toy Story : Un dessin-animé pas si enfantin…

Si Tom Hanks a accepté de doubler la voix du célèbre shérif Woody, c’est pour une bonne raison. Il s’est toujours demandé si ses jouets prenaient vie dans sa chambre quand il n’y était pas … Qui ne s’est jamais posé cette question ? C’est en 1995 que John Lasseter avec les studios Pixar présentaient ce qui était alors le premier long métrage d’animation en images de synthèse. Et quel succès pour une première ! Toy Story a généré plus de 360 millions de dollars de recettes dans le monde ! Vous connaissez tous l’histoire de ces jouets au charisme inégalable. Nous ne nous attarderons donc pas sur le synopsis de ce film mais plutôt sur quelques aspects et anecdotes que nous ne pouvions prendre en compte lorsqu’on regardait, les yeux remplis d’étoiles et d’innocence, les aventures de Buzz, Woody et toute la clique… Car oui, Toy Story n’est pas qu’un film pour enfants ! Quand on est petit, les martiens dans la machine du Pizza Planet en admiration devant le grappin ne sont que les martiens dans la machine du Pizza Planet en admiration devant le grappin. En grandissant, on comprend que dans cette scène, le lavage de cerveau, les sectes et toutes les dérives sont critiqués et dénoncés. Les martiens ont pour but ultime d’être choisis par le grappin -qui est leur maître absolu- et de partir pour un monde meilleur… Vous conviendrez que cette séquence ne visait pas un public jeune et innocent. Aviez-vous remarqué cet aspect ?

Une autre question qu’on ne se pose pas mais qui est assez sombre concerne la mort des jouets. Un jouet qui est utilisé par Andy ou un autre enfant mène une vie paisible et heureuse, mais que se passe-t-il quand l’enfant se lasse ? On peut s’imaginer que les acteurs de son inventivité, dotés d’une conscience, sont condamnés à laisser leurs âmes vagabonder en repensant au temps où la seule préoccupation de leur propriétaire était l’aventure qu’il allait inventer pour eux. Un jouet, sauf destruction, est immortel. Cet aspect n’est pas traité dans le film mais on ne peut qu’avoir un pincement au cœur en pensant à Woody et compagnie dans la pénombre d’un grenier au fond d’une vieille malle, le regard fixe sans personne avec qui jouer. La prochaine fois que vous regarderez ce qui est pour moi le plus grand chef d’oeuvre des films d’animation Disney, imaginez le futur qu’auront ces jouets. Ne laissez pas sombrer dans l’oubli ces choses qui vous ont suivi au cours de votre vie. Les bougies seront de plus en plus nombreuses sur votre gâteau d’anniversaire, ne les laissez pas cacher votre âme d’enfant.

La saga Toy Story aura le droit à un quatrième opus à l’été 2019, 24 ans après la sortie du premier film ! Autant dire que nos jouets préférés ont encore de beaux jours devant eux. Vers l’infini et au delà !

American Beauty : Kevin Spacey dans un rôle épineux…

Il y a 19 ans, dans les salles obscures de Détroit, Boston et Philadelphie des petits américains découvraient, comme des milliers d’autres, le regard vide de Lester Burnham sur grand écran. Le 1er Octobre 1999, American Beauty était enfin dévoilé.
Il y a 19 ans, nous aurions pu, nous aussi, être subjugués par le corps nu de Mena Suvari se découpant sur le rouge sombre des pétales de rose. Ces pétales qui ont hanté, avec certitude, les rêves de bien des personnes. Parce que American Beauty fut pour les petits américains en 99 et certainement aussi pour les français en janvier 2000, un des premiers contacts avec la sensualité, l’ennui dans sa forme la plus esthétique et l’uniformité. À y regarder de plus près, on est tous pareil.
American Beauty c’est Sam MENDES qui nous apprend à nous trouver beau quand nous sommes tout nu, mais c’est aussi Kevin Spacey qui joue avec brio l’homme insipide, le monotone obsédé par la jolie copine de sa fille de 16ans.
C’est là que ça se complique, quand on a 19 ans aujourd’hui et qu’on regarde American Beauty, on a cette petite voix dans notre oreille qui nous chuchote que le malsain dépasse les 2h20 du film. En octobre 2017, en plein éclat de l’affaire Weinstein, Kevin Spacey est accusé par un autre acteur, Anthony Rapp, d’agressions sexuelles. Anthony Rapp avait 14 ans, Kevin Spacey 26.
American Beauty prend alors une autre dimension. L’effervescence des frustrations, des désirs inavoués et des fantasmes inaboutis des Burnham, bien cachés derrière les rosiers parfaitement taillés et la façade lisse de leur jolie maison, prennent une dimension bien trop grande, bien trop vraie. Et, alors que Sam Mendes faisait de son film un lieu propice à la réflexion sur l’acceptation de l’homosexualité, Kevin Spacey est reproché d’instrumentaliser sa propre orientation sexuelle en la dévoilant lors de sa réponse aux accusations d’Anthony Rapp. Si l’acteur est alors accusé de se « cacher derrière l’arc en ciel », Lester Burhnam, quand à lui en reste respectueux, compréhensif. On reprend alors son souffle, notre cœur bat moins vite, et on continue de regarder American Beauty. On apprécie sa poésie et la douceur de la musique de Thomas Newman. On est un peu plus serein, on fait la part entre Kevin Spacey et son œuvre, on les segmente. Néanmoins, on s’interdit d’oublier que des plaintes contre l’acteur sont encore étudiées à l’heure actuelle au Royaume-Uni et aux Etats-Unis.

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Nous en avons maintenant conscience, nous sommes des spectateurs éclairés et nous pouvons nous dire que malgré tout, il reste de la beauté dans ce monde, et notre cœur est sur le point d’exploser.

NOUS ESPERONS QUE VOUS AUREZ ENVIE DE DECOUVRIR OU REDECOUVRIR CES FILMS…

A bientôt pour un nouvel épisode du Cinéscope by Julie Marty & Antoine Groch

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