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Course à la Maison Blanche #3 : “la vague bleue” déferle au Massachusetts

Course à la Maison Blanche #3 : “la vague bleue” déferle au Massachusetts

Massachusetts paysage etats-unis

En quelques décennies, le Massachusetts est progressivement passé d’un État républicain à un État largement dominé par les démocrates. La vague bleue déferle ainsi depuis la victoire de John F. Kennedy sur le sénateur sortant Henry Cabot Lodge, en 1952, vécue comme un tournant dans l’histoire de cet État du nord-est des États-Unis. Dana Jay Bein, l’Américain qui a écrit Coronavirus Rhapsody, a accepté de témoigner pour le Pépère News. Démocrate dans l’âme, il souhaite à tout prix faire tomber Donald Trump.

Des excursions en mer en passant par la visite de petits villages bucoliques sans oublier la dégustation de fruits de mer au soleil couchant. Où que vous soyez, il y aura toujours la mer à proximité pour vous rappeler qu’encore aujourd’hui, elle fait partie intégrante de la vie du Massachusetts. Une mer qui ne frappe pas que la côte, mais qui inonde aussi le champ politique. L’État de la Baie vote en effet régulièrement pour le Parti démocrate : la vague bleue s’abattant sur la région métropolitaine de Boston, le Cap et l’Ouest du Massachusetts. Quant aux poches de force républicaine, on les retrouve dans les zones centrales du comté de Hampden et dans les communautés sur les rives sud et nord de l’État. Toutefois, dans son ensemble, le Massachusetts n’a pas donné son collège électoral à un Républicain lors d’une présidentielle depuis 1952. On lui doit ainsi le surnom de “Blue State”.

Un système électoral à revoir

Bien que le système électoral soit ancré aux États-Unis depuis le XIXe siècle, il est remis en cause dans son entièreté par de nombreux Américains et en particulier au Massachusetts. “Le système électoral américain est une plaisanterie. Il est délibérément compliqué et facile à corrompre. À l’heure actuelle, un président peut perdre le vote populaire tout en gagnant une élection, s’énerve Dana. Deux des pires présidents de l’histoire américaine ont pris le pouvoir de cette façon : George W. Bush et Donald Trump. Le collège électoral doit être aboli.”

Dana s’indigne également du “gerrymandering”, ce découpage électoral, qui est né au Massachusetts, et qui a pour objectif de “donner l’avantage” à un parti, un candidat ou un groupe donné : “Les circonscriptions électorales ont été délibérément modifiées pour s’assurer que les personnes de couleur n’ont pas le pouvoir de vote qu’elles devraient avoir, je trouve cela inadmissible et honteux pour un pays qui se dit une démocratie”. En effet, tous les 10 ans, à la suite du recensement, toutes les circonscriptions électorales américaines sont remaniées pour refléter l’évolution démographique du pays.

“Les circonscriptions électorales ont été délibérément modifiées pour s’assurer que les personnes de couleur n’aient pas le pouvoir de vote qu’elles devraient avoir.” – Dana Jay Bein

Outre le gerrymandering, “la suppression des électeurs” prend de nombreuses formes, en particulier dans les zones à prédominance noire. Ainsi, Dana confie que certaines circonscriptions “réduisent au minimum le nombre de bureaux de vote”, ce qui oblige les électeurs “à prendre un jour de congé, à faire garder leurs enfants, à parcourir de longues distances, à faire la queue et à voter dans des délais plus courts”. Cette année, en raison de la pandémie, il y aura un nombre sans précédent de votes par correspondance. Le GOP (le parti républicain) s’est donc efforcé de démanteler l’USPS, le service postal, afin d’affecter négativement l’efficacité du vote par correspondance. Toutefois, Dana est formel : “Le jour des élections devrait être un jour férié national. Nous ne devrions pas avoir à prendre un jour de congé, à trouver une garderie, à risquer notre sécurité d’emploi ou à décider de ne pas voter parce que cela ne nous convient pas.”

Une victoire assurée pour Joe Biden

“Le Massachusetts est et sera toujours un État Bleu”, affirme Dana. Bien que, dans les banlieues, il y ait beaucoup de bastions républicains, ils ne sont pas assez nombreux pour influencer une élection présidentielle. “Je ne peux pas être sûr, mais je pense que [Joe] Biden va gagner les élections. J’étais confiant qu’Hillary [Clinton] gagnerait en 2016, mais nous y voilà… “, lâche-t-il en riant. Les habitants du Massachusetts sont unanimes : la réélection de Donald Trump ferait tâche dans cet océan de bleu. “[Donald] Trump est le pire président de l’histoire des États-Unis, poursuit Dana, c’est un fasciste ignorant, narcissique et raciste avec des dizaines d’allégations d’agressions sexuelles contre lui. C’est un suprématiste blanc. Ses actions me dégoûtent. Il a permis et donné du pouvoir aux pires personnes de notre pays. Il a ignoré la réalité, la science, le changement climatique et le progrès. Chaque fois qu’il parle, il ment. S’il gagne cette élection, la démocratie américaine mourra. Nous glisserons dans le fascisme autocratique et notre pays sera probablement en proie à une guerre civile.”

Si tout semble joué d’avance pour le Massachusetts, l’enjeu reste de taille pour la nation américaine. “Quiconque a le privilège d’ignorer l’élection de cette année est du mauvais côté de l’histoire. L’enjeu de cette élection est énorme. La démocratie et l’égalité des droits sont en jeu. Nous votons en masse cette année pour mettre fin au chaos”, rapporte Dana. Le slugfest (la bagarre) télévisé qu’était le premier débat présidentiel entre le président Donald Trump et l’ancien vice-président Joe Biden a laissé un mauvais goût dans la bouche des électeurs de l’État de la Baie, qui ont exprimé leur dégoût pour la conduite des deux candidats. “Les débats sont uniquement là pour le spectacle cette année. Tous ceux qui ont besoin de regarder les débats pour décider de leur candidat cette année ont vécu dans l’obscurité. Il n’y a pas de politique. C’est juste un homme peu sûr de lui qui essaie de paraître moins désespéré qu’il ne l’est”, assène Dana.

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  • Entre l’Académie ESJ, et la licence AES, j'écris pour le Pépère News à mes heures perdues. De la politique, aux dernières tendances, j'aime porter la plume dans la plaie.

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