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Course à la Maison Blanche #4 : un “Texas bleu” entre utopie et réalité

Course à la Maison Blanche #4 : un “Texas bleu” entre utopie et réalité

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Une victoire démocrate au Texas serait un moment historique dans la politique électorale américaine. Elle annoncerait la fin de décennies de domination républicaine dans le deuxième plus grand État du pays, et représenterait une répudiation décisive de la présidence de Donald Trump. Les sondages ont montré un réel engouement des deux partis pour remporter le Texas, et Joe Biden souhaite bien défier l’État.

Le Texas est profondément ancré dans notre imagination en tant que définition même du Far West. L’État est célèbre pour son individualisme robuste et sa mythologie cowboy, et les Texans ont longtemps et farouchement défendu leur mode de vie et leur sens de l’originalité. Mais au cours de la dernière décennie, l’État de Lone Star est devenu un creuset de diversité raciale – qui n’est plus seulement défini par sa blancheur, sa ruralité et son conservatisme. Cet État couvre une telle diversité que l’explorer dans les moindres détails pourrait prendre des mois, tout comme comprendre les intentions de votes de ses habitants. En effet, il y a les swing states connus qui décideront de la course présidentielle le 3 novembre, puis il y a le Texas, qui pourrait bien être l’État le plus intrigant politiquement dans cette course à la Maison Blanche. Pendant trois décennies, le Lone Star State a été de manière fiable rouge – résolument républicain dans ses modes de vote globaux et conservateur prévisible dans ses perspectives. Mais l’État subit des changements importants qui menacent cette domination, et ces tendances se sont accélérées pendant la présidence de Donald Trump.

Elwood Stewart, étudiant texan de 22 ans et fervent défenseur de la politique trumpiste, témoigne. Pour lui, pas de doute, Donald Trump décrochera un second mandat.

Les Hispaniques peuvent changer la donne

Les Hispaniques ont de loin dépassé la croissance de la population blanche non-hispanique au cours de la dernière décennie, tandis que le nombre d’Américains africains et asiatiques dans l’État augmente également, au grand regret d’Elwood : “Notre petite ville était sympathique. À l’école, nous avions 50 % d’enfants d’agriculteurs et 50 % d’enfants d’ouvriers. Aujourd’hui, tout cela a changé. Entre 40 et 45 % des élèves ne sont pas des Blancs. Il y a aussi quelques clandestins”. En 2018, le Texas a gagné près de neuf résidents hispaniques pour chaque citoyen blanc. D’ici 2022, la minorité devrait devenir le plus grand groupe de population de l’État. Donald Trump a gagné le Texas en 2016, mais avec le plus faible score jamais enregistré depuis 1996. Des sondages récents montrent que Joe Biden a érodé son avance cette année, se mettant à portée de main de la victoire. Toutefois, malgré la diversité croissante de l’État, le soutien à D. Trump parmi les hommes blancs et les conservateurs ruraux – deux blocs de vote traditionnellement fiables – reste fort. “Je pense qu’il a fait du bon travail ces quatre dernières années, alors je vais lui donner une chance d’en faire quatre de plus. Ce qui m’attire chez Donald Trump, c’est que c’est un marginal. J’en ai marre des politiciens qui parlent, mais qui n’agissent pas. Je vote pour Donald Trump en raison de sa détermination, de son honnêteté et de sa persévérance pour faire de notre pays un endroit meilleur”, déclare Edwood.

“Ce qui m’attire chez Donald Trump, c’est que c’est un marginal. J’en ai marre des politiciens qui parlent, mais qui n’agissent pas.” – Elwood Stewart

Si ce sentiment résonne dans les régions rurales du Texas, certains citoyens américains du Lone Star admettent que les résultats pourraient être serrés si les groupes minoritaires des grandes villes votaient en grand nombre. Toutefois, Edwood est confiant : “Je ne pense pas que Joe Biden soit l’homme pour renverser l’État. Ses gaffes à l’antenne témoignent de son manque d’intelligence”. Le pro-Trump fait ici référence à la déclaration du démocrate à l’intention des populations noires : “si vous ne votez pas démocrate, c’est que vous n’êtes pas noir”. Edwood poursuit : “Je pense que s’ils avaient un candidat plus fort, cela pourrait peut-être arriver, mais je ne pense pas que Biden soit un candidat suffisamment fort pour réussir.”

Même ceux qui ont longtemps embrassé le rêve démocrate d’un “Texas bleu”, alimenté par la mobilisation de la population latino-américaine croissante de l’État, n’ont probablement jamais imaginé des gains démocratiques aussi stupéfiants dans des régions autrefois solidement républicaines. Pourtant, des sondages suggèrent que les électeurs hispaniques pourraient bien être le groupe qui va maintenir l’État en rouge un peu plus longtemps. Joe Biden a une avance de seulement 57 % dans ce groupe, un peu en dessous de la plupart des estimations du soutien de Hillary Clinton parmi les électeurs hispaniques il y a quatre ans.

Un vote anticipé qui inquiète

Peu d’analystes sont prêts à prédire que le Texas choisira l’ancien vice-président, même si la victoire de Joe Biden dans un État avec 38 voix électorales réduirait les chances du président Donald Trump de remporter un deuxième mandat. Toutefois, depuis la semaine dernière, le vote anticipé a commencé et, dans certains des comtés les plus peuplés, où les démocrates ont gagné en force, les chiffres ont été époustouflants. Les experts en données disent qu’il est bien trop tôt pour tirer des conclusions pour savoir si le taux de participation précoce signifie une énorme poussée démocrate, ou simplement un signe que les démocrates déterminés à refuser à Donald Trump un second mandat sont impatients de voter tout de suite.

Les électeurs hispaniques sont difficiles à mesurer dans n’importe quel État, et le Texas ne fait pas exception. En 2018, les sondages Times/Siena ont généralement sous-estimé la participation des Hispaniques et leur soutien aux démocrates du Texas. Jusqu’à présent, les sondages ont beaucoup varié sur la position de Donald Trump au sein du groupe, mais pas pour Elwood. Coiffé de la célèbre casquette rouge barrée du slogan de campagne du candidat Trump, Make America Great Again, il déclare : “Il y a quelque chose quand je mets cette casquette, ça me fait me sentir comme Superman. C’est mon super-héros préféré. Le jour où je l’ai rencontré [Donald Trump, ndlr], il m’a regardé droit dans les yeux et m’a dit : “Merci, vous êtes génial. Soyez fier de votre engagement.” Il est milliardaire, je suis pauvre. Et pourtant, il s’intéressait à ce que je disais. J’étais béni. Vive Trump”.

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  • Entre l’Académie ESJ, et la licence AES, j'écris pour le Pépère News à mes heures perdues. De la politique, aux dernières tendances, j'aime porter la plume dans la plaie.

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