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Eaux salées, eaux salies : les océans se meurent

Eaux salées, eaux salies : les océans se meurent

En ce mois d’août plus qu’ensoleillé, il semble tout à fait naturel à chacun d’aller s’immerger dans l’eau fraîche de la mer, de profiter des rayons UV sur la plage, ou de tenter toutes les activités maritimes proposées au bord de l’océan. Il est cependant très difficile d’oublier les mégots, plastiques et canettes qui côtoient les grains de sable. Au plus fort de l’été et des discussions sur les problèmes climatiques, il semble important de rappeler que la protection des eaux reste AUSSI un enjeu majeur de notre siècle. Voici quelques raisons et manières d’agir positivement.

L’océan, décharge à ciel ouvert

Les eaux du monde se noient sous une masse impossible de déchets. Près de 12 millions de tonnes de déchets sont déversées chaque année dans les mers et océans. Ces rejets de plastiques, verres et métaux divers sont un véritable fléau, puisqu’un seul sac en plastique met près de 500 ans à se décomposer. Ce phénomène prend une telle ampleur qu’un “7ème continent” entier de ces rejets s’est créé au fil des 20 dernières années. Aussi nommé “gyre océanique”, ce terme désigne d’énormes masses d’ordures créées par les courants marins qui peuvent s’étendre jusqu’à 1,6 millions de km², soit trois fois la taille de la France continentale. À certains endroits, la concentration de ces horreurs flottantes est si importante que les micro-organismes qui nettoient l’océan ne suffisent plus à les absorber.  La concentration de plastiques peut même être jusqu’à six fois supérieure à celle du plancton.
Tout ce plastique et ces matières chimiques ont des effets désastreux sur la faune sous-marine comme les albatros, les phoques, les baleines et les poissons qui meurent en les ingérant ou en s’y retrouvant coincés. D’après l’ONG Greenpeace, près de 267 espèces différentes seraient affectées.

Tortue mangeant du plastique à Marsa Alam, Égypte. Crédits photo : Vianney Mascret

Les déchets ne sont pas les seuls responsables de la pollution des océans ; le pétrole y joue également un rôle important. En chiffre, l’or noir, cela donne 6.000 plateformes éparpillées dans les océans qui déversent des litres incroyables de fuel dans l’eau ; des marées noires qu’on n’ose plus compter, produites par les pétroliers inconscients qui créent des catastrophes écologiques sans précédent. Tous ces flots de gasoil détruisent des côtes entières, font fuir une multitude d’espèces aquatiques et nuisent directement à la santé des habitants proches.

Celui qui est le plus à blâmer reste donc l’Homme. Nous sommes en effet les instigateurs directs de la fin des vies sous-marines, via la surpêche. 80 % des stocks de poissons commerciaux sont, soit surexploités, soit pleinement exploités, empêchant ces populations de se reconstituer et amenant ainsi leur disparition. Cela produit la prolifération d’espèces invasives, comme les rascasses ou les méduses, qui coupent court à la biodiversité de certains milieux marins. Un cercle vicieux qui mène inexorablement à la disparition d’autres espèces.

Pourquoi faut-il sauver les océans ?

Il y a tant de raisons de vouloir préserver la propreté de nos eaux que les quelques lignes qui vont suivre ne suffiront certainement pas. La première raison reste sans aucun doute celle de la beauté de la vie qui s’y trouve. La faune océanique représente 2,2 millions d’espèces sur un total de 8,7 millions sur Terre. Qui n’a jamais rêvé, enfant, de nager avec des dauphins ? Qui ne s’est jamais émerveillé en entendant le chant des baleines ou en regardant le vol majestueux d’une raie manta, même en vidéo ? Outre leur fascinante splendeur, toutes ces espèces sont utiles et nourrissent plus de la moitié de la population mondiale.
Et ce n’est pas que pour leurs habitants qu’il faut préserver les océans, c’est aussi pour tous les bienfaits qu’ils nous apportent. Ils procurent 50% de l’oxygène que nous respirons et absorbent environ 30% des émissions mondiales de CO2, ce qui les rend indispensables à la lutte contre le changement climatique.

Si ce n’est pas par conviction que l’on veut mettre les océans en sécurité, cela peut être par simple curiosité : sous l’eau, plus de 9 espèces sur 10 restent à découvrir. On en sait déjà plus sur le cosmos que sur nos propres fonds marins. Il reste encore tant à explorer qu’il serait triste de ne plus pouvoir le faire à force de destructions et de gâchis.

Autre raison très bien exprimée par Greenpeace :

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“C’est tout simplement notre responsabilité de les protéger. Environ 64 % des océans, soit près de la moitié de la surface de la planète, n’appartiennent à aucun pays ! Ces zones maritimes, qualifiées d’”eaux internationales” ou de “haute mer”, nous appartiennent donc à tous. C’est notre responsabilité collective de les préserver, notamment en créant un réseau de réserves marines.”

Comment protéger ce qui est précieux ?

Tout d’abord on se dit qu’à notre échelle on ne peut rien, que ce sont les “grands” de ce monde qui ont le pouvoir de vie ou de mort sur nos océans. Effectivement, ce sont les lois appliquées qui peuvent régir le comportement de certains. C’est pour cela par exemple qu’en juillet 2018 les députés français ont adopté un amendement qui intègre la préservation des mers et des océans dans l’article 34 de la Constitution. Cet article fixe la liste des domaines dans lesquels la loi peut intervenir. En amendant cet article, l’Assemblée nationale fait de la protection des espaces maritimes un enjeu de premier ordre.
Mais en s’impliquant un peu plus chaque jour de notre vie quotidienne, en faisant juste un peu plus attention à nos actions, on peut très largement faire la différence.

  1. On peut déjà bannir ou  diminuer le plus possible notre consommation de plastique, sachant que 91% des déchets plastiques ne sont pas recyclés. Les plastiques à usage unique seront d’ailleurs interdits par l’Union Européenne d’ici 2021.
  2.  Pour lutter contre la surpêche, on peut éviter d’acheter des espèces de poisson menacées. En règle générale, on peut privilégier les poissons issus de pêche durable et locale.
  3. Il faudrait en général privilégier les modes de transports doux, choisir les énergies renouvelables pour sa consommation énergétique, consommer local et durable car les océans sont également massivement affectés par les émissions de gaz à effet de serre.
  4. Le mieux serait d’éviter certains produits de consommation courante contenant des substances particulièrement nocives pour les espaces marins comme certains cosmétiques, crèmes solaires ou même certaines litières pour chat !
  5. Boycotter le tourisme des bateaux de croisière, car ces derniers sont une véritable menace pour les océans. Selon une étude de l’ONG Transport et environnement, 94 paquebots du croisiériste Carnival émettent à eux seuls dix fois plus de dioxyde de soufre que 260 millions de voiture en Europe…
  6. Pour ceux qui pratiquent la plongée, ou qui l’envisagent, faire attention à tout ce qui vous entoure ; vos palmes sont aussi mortelles que les chalutiers racleurs de fond pour les coraux.

Enfin, si vous êtes prêts à vous engager corps et âme (et pourquoi pas porte-monnaie) dans la défense des mers et océans, vous pouvez participer et aider les multiples associations existantes : la WWF,  l’ONG Sea Shepherd , Planète Mer ou encore Greenpeace .

Pour aller encore plus loin, et participer physiquement à des initiatives océanes comme des clean walking (marches de nettoyage), vous pouvez vous connecter au site de Surfrider qui propose une multitude d’actions partout en France, donc forcément près de chez vous ! Vous avez le pouvoir d’agir, prenez-le, ces poissons vous en seront reconnaissants.

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