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Entretien avec Romain Debienne : “Le MMA, c’est un sport de maturité”

Entretien avec Romain Debienne : “Le MMA, c’est un sport de maturité”

Le Mixed Martial Arts (MMA) a été légalisé en France en janvier dernier. Retour sur cet événement et plus largement sur le MMA avec Romain Debienne, 23 ans et originaire de Boulogne-sur-Mer. Il est combattant MMA depuis 5 ans et professionnel depuis 3 ans. 

Pépère News : Comment pourrait-on définir le MMA ?

Romain Debienne : Le MMA, c’est le Mixed Martial Arts. Ça regroupe les meilleurs sports de combat et arts martiaux. On retrouve la lutte, le judo, la boxe thaï, le kick-boxing, la boxe anglaise et le jiu-jitsu brésilien. On est sur un mixte de plusieurs sports sur lesquels on rajoute des ground and pound (des frappes au sol, ndlr).

PN : Pourquoi s’être mis au MMA ? Qu’est-ce qui vous a attiré ?

RD : Je me suis mis dedans parce que j’ai eu une histoire à mon lycée. J’ai dû me battre, je ne savais pas faire mais je me suis bien battu. Et donc je me suis dit pourquoi pas pousser les portes d’un club de MMA pour plus m’investir là-dedans.

PN : Vous êtes partis vous entrainer au Japon, quel était votre projet là-bas ?

RD : J’ai un ami qui vit au Japon donc j’ai décidé d’y intégrer une équipe directement. J’aimerais bien être un Français qui perce sur le circuit MMA au Japon. C’est plus développé qu’en France même si ce n’est pas un truc de malade. J’ai envie de devenir une mascotte, de devenir un combattant réputé, de devenir une image de marque au Japon. À l’image des Français qui percent dans la boulangerie, moi ça serait le Français qui perce dans les sports de combat (rire).

PN : Pourquoi est-ce que le MMA était illégal en France ?

RD : Ce qui a fait polémique, c’est les frappes au sol. La fédération de judo avec le ministère des Sports ont mis des bâtons dans les roues en disant que c’était un sport où c’était lâche de frapper quelqu’un au sol. Ils n’avaient pas une bonne connaissance du sport parce que quand vous connaissez bien le MMA vous savez que même avec les frappes au sol vous pouvez vous défendre et retourner une situation. Vous n’êtes pas sans arme quand vous vous faites frapper au sol. Mais ça c’est parce que la fédération de judo savait que le MMA prendrait de l’ampleur et que ça allait prendre beaucoup de licenciés que ce soit au judo ou à la boxe. Mais maintenant ils savent que c’est un business juteux. C’est la fédération de boxe qui a récupéré le MMA alors qu’ils y étaient opposés, comme celle de judo.

PN : Qu’est-ce que vous en pensez de cette légalisation ?

RD : Pour nous c’est une bonne chose. Ça va permettre des événements en France, un vrai show. Et c’est ce qu’on veut voir au final. Ce qu’on délivre c’est un show pour ceux qui viennent nous voir. C’est avant tout un sport mais c’est aussi un show pour des personnes qui payent pour voir du spectacle.

PN : Comment faisiez-vous avant la légalisation du MMA en France en janvier dernier ?

RD : Je me suis entraîné en France et j’ai combattu en Belgique. En France on combattait sous le signe du pancrace. C’est la même chose que le MMA sauf que quand vous arrivez au sol vous n’avez pas le droit de frapper. On veut soumettre, faire des clés de bras mais il n’y a pas de frappe. Donc en Belgique on combattait en MMA et en France en pancrace.

PN : Vous avez été médaillé deux fois au North American Grappling Association (NAGA), qu’est-ce que c’est ?

RD : Le NAGA c’est une compétition de grappling qui est réputée. J’ai fini 3e au NAGA Europe et 3e au NAGA Allemagne. Le grappling c’est de la maîtrise pure et dure. C’est de la lutte mélangée avec du judo et du jiu-jitsu brésilien sans kimono. Donc c’est juste de la maîtrise et de la soumission.

PN : À quoi ça ressemble la scène compétitive de MMA ?

RD : Quand vous êtes professionnels, on ne retrouve plus tout ce qui est championnats du monde, championnats d’Europe. Ça n’existe plus chez les pros. Parce que dans le monde professionnel, vous faites des combats dans des galas. Le but c’est de réussir à obtenir la ceinture d’une organisation. Par exemple, celle de l’UFC ou du Bellator (les deux plus grandes organisations de MMA, ndlr). L’objectif c’est d’intégrer ces organisations et réussir à détrôner le champion. Vous combattez tous les 2-3 mois et il faut gagner plusieurs rencontres pour affronter le champion et récupérer la ceinture. Là vous devenez champion.
L’UFC ça reste le trône ultime.

PN : Est-ce que c’est possible de vivre en tant que combattant professionnel de MMA ?

RD : Ça dépend. Par exemple à l’UFC c’est possible. Mais il faut avoir de très bons sponsors qui vont vous suivre. Après les primes de combat sont ultra taxées. Y a une part pour l’État, une part pour le manager, une part pour l’entraîneur. Par exemple sur 10 000 € de prime vous allez prendre 4 000-5 000 €.
Personnellement j’ai de bons sponsors qui me suivent. J’en suis très honoré. Mais j’en vis pas encore forcément, je pense prendre mon indépendance dans 2 ans. Le plus important c’est de viser les grosses organisations pour avoir de grosses primes.
Le MMA, c’est un sport de maturité. Vous ne savez jamais quand vous allez obtenir le graal.

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