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Interview : Mégane Lombard, vainqueur féminine de l’Enduropale du Touquet 2018

Interview : Mégane Lombard, vainqueur féminine de l’Enduropale du Touquet 2018

À l’occasion de la 44e édition de l’Enduropale du Touquet, nous avons rencontré la pilote Mégane Lombard, étudiante de 20 ans à Roubaix mais avant tout championne de France des sables. Elle participe avec le numéro 112 ce dimanche à la grande course emblématique et réputée du Touquet auprès de grands noms comme Milko Potisek, Nathan Watson ou encore Van Beveren… Mégane sera en compétition contre 6 autres filles et plus d’un millier de pilotes.

Pépère News : Hello, tu pourrais te présenter en quelques mots et expliquer un peu le palmarès que tu as ?

Mégane Lombard : Je m’appelle Mégane Lombard, j’ai 20 ans, je suis originaire de Picardie et je suis étudiante à Lille. C’est la deuxième fois que je participe à l’Enduropale du Touquet avec deux participations à l’Enduro jeunes. Je suis championne de France de courses sur sable en titre et vainqueur de l’Enduropale 2018.

PPR : Être pilote de motocross donne l’impression d’un sport individuel, qu’est-ce que tu en penses ? 

M.L : C’est un sport d’équipe surtout lors des courses de sable parce que tu peux être pilote et être bon mais si tu n’as pas une bonne équipe qui te suit derrière c’est tout de suite un désavantage. C’est essentiel d’une part en dehors des compétitions pour la gestion de la mécanique par exemple ainsi que le soutien physique et moral et mais aussi lors de la course pour les ravitaillements, le panneautage, l’assistance. Le pilote est certes seul sur sa moto mais en dehors de ça c’est l’équipe qui va gérer tous les à côtés afin de permettre de réussir au mieux sa course. Concernant les sponsors c’est pareil, ils sont indispensables pour les aides matérielles et financières, ils sont importants car ils contribuent au financement de ma saison. Plus on dispose de matériel de qualité plus on a de chances de notre côté pour réussir.

PPR : Tu détiens le titre de vainqueur de l’Enduropale 2018, la pression est un peu spéciale cette année ? 

M.L : Oui cette année j’ai la pression car j’ai gagné la course l’année dernière donc l’objectif est évidemment de récidiver. L’année dernière c’était plutôt une année d’expérience donc je n’avais pas forcément d’objectif et je ne savais pas où me situer. Cette année j’ai toutes les chances de mon côté, je connais mes concurrentes, je sais comment se déroule la course, je sais de quoi je suis capable alors je ferai tout pour aller chercher la victoire. Après j’ai prouvé toute la saison de quoi je suis capable donc c’est positif pour mon mental.

PPR : Et maintenant tu te sens comment à quelques jours de la course ? C’est une course importante dans une carrière ?

M.L : Je me sens bien jusqu’au week end. Aucune pression la semaine j’ai hâte d’y être mais la veille généralement je suis stressée. C’est une course importante car c’est la finale du championnat et c’est sur cette course que s’achève le championnat. C’est une, voire la plus grande course sur sable du monde, la plus médiatisée. De plus, c’est important personnellement car j’habite à une heure du Touquet, je vais voir la course depuis que je suis toute petite alors c’est une course qui me tient vraiment à cœur où j’ai envie de montrer de quoi je suis capable.

PPR : Il y a des pilotes qui t’ont inspirée ? 

M.L : Mon pilote préféré au niveau mondial c’est Jorge Prado, c’est un très jeune, avec un petit gabarit mais qui est très habile sur la moto puis très rapide dans le sable. Il y a aussi Jeffrey Herlings évidemment car c’est le numéro un mondial et il est presque imbattable dans le sable. Et au niveau du championnat je pense à Nathan Watson car c’est un jeune aussi qui roule très vite et il sait faire la différence.

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PPR : Quand on pense au motocross, on imagine souvent que c’est un sport de mecs pourtant cette saison vous êtes 6 filles à y participer. Quelles sont la place des femmes pendant une aussi grande compétition avec une si grosse différence? 

M.L : 6 filles sur 1300 garçons c’est sur que c’est vraiment très peu. Il faut se faire une place parmi les garçons… Mais quand je roule je ne me considère pas forcément comme une fille contre des garçons mais comme un pilote parmi les autres. On vit tous la même course, qu’on soit une fille ou un garçon. Je ne fais plus forcément attention à ça car c’est une habitude, on roule toujours avec des garçons et justement c’est exceptionnel quand il y a quelques filles. Le nombre de filles dans le championnat augmente quand même chaque année et c’est super cool. En tant que fille on a la chance d’avoir des dossards de couleur rose qui nous différencient des garçons, les spectateurs nous reconnaissent souvent et nous encouragent davantage.

PPR : La course c’est ce dimanche, qu’est ce que tu vas faire avant la course pour te motiver ? 

M.L : Ça peut paraître bizarre mais juste avant la course et notamment sur la grille de départ je me parle à moi même. Je me dis à haute voix « allez Meg, c’est ta course, c’est ton moment, tu en es capable, donne tout et ça va le faire ». Je me mets dans ma bulle, me fais confiance, et quand le départ est donné, la guerre est lancée.

Propos recueillis par Elise Dolinard

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