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Jules se livre dans le deuxième épisode spécial d’Euphoria

Jules se livre dans le deuxième épisode spécial d’Euphoria

Jules Euphoria

Retardée à cause de la Covid-19, la saison 2 d’Euphoria ne verra sûrement pas le jour avant la fin de l’année. Mais pour faire patienter les fans, l’équipe de la série a livré son deuxième épisode spécial le jeudi 23 janvier sur OCS. Le premier, “Trouble Don’t Last Always” diffusé le 4 décembre, avait été consacré à Rue (Zendaya). Le second, intitulé “F*ck Anyone Who’s Not a Sea Blob” est lui dédié à la mystérieuse et désinvolte Jules (Hunter Schafer).

Si, d’un point de vue extérieur, tous les personnages d’Euphoria auraient bien besoin d’un suivi psychologique, Jules est la première à s’installer sur le divan dans cet épisode. Comme le premier épisode bonus abordant les problèmes d’addictions de Rue, celui-ci met en avant l’introspection et la psychologie des personnages, nous permettant de mieux les comprendre. Prenant place juste après la fugue de Jules, l’épisode aborde un florilège de sujets aussi complexes que le personnage.

“How the fuck did I spend my life building this ?”

La première saison d’Euphoria nous avait déjà montré qu’elle savait porter à l’écran des sujets actuels et difficiles concernant les adolescents d’aujourd’hui. Dans cet épisode, on aborde un personnage difficile à cerner : Jules, dont la transidentité n’avait pas été évoquée de manière très explicite avant son épisode dédié “Shook One Pt. 11”. Ce thème est rarement développé sur le petit écran, à part dans Pose ou dans Shameless. Co-écrit par Hunter Schafer (Jules), elle-même transgenre, cet épisode apporte une réelle réflexion sur la transidentité et permet aux spectateurs étrangers au sujet d’avoir un témoignage réaliste du vécu des personnes concernées. Jules y raconte ainsi comment elle a construit sa féminité : à travers le regard des hommes. Car socialement, ce dernier participe inévitablement à la construction des normes concernant les femmes et il est dur de se défaire de ce schéma. C’est ce qu’explique Jules à sa thérapeute alors qu’elle souhaite stopper les hormones à cause de ses doutes, remettant en question la personnalité qu’elle s’est construite, la personne qu’elle est.

Jules (Hunter Schafer) se livre durant sa thérapie. © HBO

Alors que Jules apparaît comme le personnage le plus désinvolte de la série, cet épisode met en lumière sa complexité. En effet, elle semble être un véritable électron libre et on avait plutôt tendance, en visionnant la première saison, à penser qu’elle était toxique pour Rue. À force d’osciller entre son amour pour Tyler et son attirance pour sa meilleure amie, Jules apparaissait comme un personnage peu stable. Ce tiraillement est aussi explicite dans ses paroles que visuellement, grâce à la scène de sexe où le moment de plaisir finit par emprunter certains codes de l’horreur lorsqu’elle pense à Tyler mais que Rue vient la hanter. Cependant on réalise grâce à cet épisode spécial qu’elle a aussi ses bagages et son lot de problèmes. On comprend d’ailleurs en regardant cet épisode qu’il a eu lieu avant celui de Rue et que c’est lors de leurs retrouvailles que sa meilleure amie retombe dans son addiction. Un poids que Jules sent peser sur ses épaules, car elle sait que la sobriété de Rue dépend du temps qu’elle peut lui accorder. Une situation qu’elle a déjà vécue avec sa mère, elle aussi dépendante.

Cette séance de thérapie met en lumière la personnalité qu’elle s’est construite : Jules se connaît. Elle sait qui elle est mais se remet en question en permanence, comme l’expliquait l’actrice Hunter Schafer lors d’une FAQ sur Twitter. Ce qui amène à traiter en profondeur la construction de soi lors de l’adolescence. Jules dédie tout un monologue à l’amour dans lequel elle raconte qu’elle tombe rapidement amoureuse “parce que la moitié de la relation se passe dans [sa] tête”, est imaginée, fantasmée. L’un des personnages les plus mystérieux de la série se livre ainsi sur ses peurs, ses doutes et ses espoirs avec sincérité, le tout entouré d’une certaine poésie.

Euphoria
Jules (Hunter Schafer) et Rue (Zendaya) ensemble. © HBO

Une réalisation saisissante

Vous l’aurez donc compris, Euphoria a à cœur de traiter des thèmes poignants qui bouleversent le spectateur. Cet épisode spécial se déroulant en huis-clos, il adopte une réalisation atypique et ne reprend pas exactement les codes de réalisation de la série (où les personnages sont filmés au lycée, dans leurs maisons, pendant des fêtes, ou encore sillonnant les rues). Il garde néanmoins son esthétique prononcée, qui avait été légèrement abandonnée dans le premier épisode consacré à Rue. Celui-ci commence donc par un plan poétique et extrêmement onirique sur la rétine de Jules où des scènes de bonheurs passés défilent dans le reflet de son œil. Cette scène est agrémentée de la musique Liability de Lorde. Rien n’est laissé au hasard quant aux choix des musiques, puisque “liability” signifie “fléau”, en conformité aux tourments vécus par le personnage. Encore une fois, on retrouve l’aspect authentique de la série : Euphoria se prête toujours à laisser durer les moments d’émotions pures, laissant cette scène s’éterniser sur toute la durée de la musique.

Mais que serait alors Euphoria sans sa playlist immensément puissante et éclectique ? On découvre la grâce, la justesse et la brutalité d’une scène où l’on voit Jules dans une chambre imaginaire aux côtés d’un garçon, qu’elle imagine être Tyler, agrémentée d’une musique d’opéra avec Madreviolo d’Arca. Écrite spécialement pour cet épisode, Lo Vas A Olvidar est le nouveau single des deux chanteuses en vogue en ce moment en Espagne et aux États-Unis : Rosalía et Billie Eilish. Traduction de “Tu l’oublieras”, cette chanson est une ballade sentimentale qui raconte une histoire d’amour agitée. La musique joue un rôle important pour mettre en avant les émotions de Jules : Rosalía et Billie Eilish chantent sur le manque, le pardon, l’oubli, et l’amour qui reste malgré tout.

Euphoria
Jules dans l’océan lors d’une scène poétique. © HBO

Cet épisode est bouleversant dans sa réalisation : on se surprend à sourire et à pleurer, alors que le scénario continue d’explorer en profondeur les sentiments des personnages avec beaucoup de réalisùe. Des scènes ont même tendance à se répondre dans la série, puisque le dernier plan de la scène finale fait miroir à celui de l’épisode précédent. L’organisation chronologique de celui-ci est également décousue : on oscille constamment entre le passé et le présent, ce qui nous permet d’en savoir davantage sur les traumatismes vécus par le personnage de Jules. Ces sauts temporels dans la chronologie apportent aussi un certain dynamisme tout au long de l’épisode, contrairement à celui consacré à Rue. Cet épisode spécial joue particulièrement sur les aspects contradictoires de douceur et de violence, reflétant la complexité du personnage de Jules. Il effectue parfaitement la jointure entre les éléments de la première saison et s’inscrit dans la continuité des problématiques évoquées dans celle-ci.

Poésie, souffrance, nostalgie et tenaillement, voici les quatre mots qui peuvent décrire parfaitement l’essence de cet épisode qui ne peut que nous donner envie de continuer l’aventure dans l’univers hallucinatoire d’Euphoria.

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