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La Chronique des Bridgerton, romance au cœur de la Régence anglaise

La Chronique des Bridgerton, romance au cœur de la Régence anglaise

Bridgerton

On attendait avec impatience la première production de Shonda Rhimes pour Netflix. Après avoir signé un contrat d’exclusivité avec le géant du streaming en 2017, la société de production ShondaLand a enfin sorti sa première création le 25 décembre dernier. La Chronique des Bridgerton, déjà présente dans le top dix de Netflix France depuis sa sortie, rassemble tous les éléments des précédentes séries de la reine de la télévision, mais conserve tout de même sa part d’originalité. 

Créée par Shonda Rhimes et dirigée par Chris Van Dusen, la série suit les Bridgerton, une famille de la haute société londonienne très bien placée dans les faveurs de la royauté. Avec ses fils aux allures de gentlemen et ses filles parfaites, Lady Violet Bridgerton a tout pour garder son rang. Cette année, sa fille aînée Daphné fait son entrée dans le monde avec le bal des débutantes, qui la fait apparaitre pour la première fois en tant que femme devant la reine, vêtue d’une robe blanche, de gants blancs et d’un diadème. Avec ce bal débute la saison, un calendrier d’événements réservés aux élites londoniennes. Lors de ces festivités, les jeunes débutantes doivent tout mettre en œuvre pour trouver un mari. Daphné va donc apprivoiser ce nouveau monde à la recherche de l’homme de sa vie. Tout change lorsqu’elle croise le chemin du duc d’Hastings, éternel célibataire.

Quand Gossip Girl et Orgueils et Préjugés se rencontrent

Dès les premiers teasers promotionnels de La Chronique des Bridgerton, Netflix comparait cette nouvelle série à la très célèbre Gossip Girl, monument dans les séries dramatiques adolescentes. Sortie en 2007, elle suivait le quotidien des jeunes riches de l’Upper East Side de New York qui lisaient tous religieusement le blog de “Gossip Girl”, une mystérieuse blogueuse qui connaissait tous les secrets des jeunes étudiants. Dans La Chronique des Bridgerton, exit Gossip Girl et bonjour Lady Whistledown, une femme connaissant également tous les potins de la société mondaine londonienne. Tous les jours, sa petite revue est distribuée dans tous les recoins de Londres, mais personne ne connaît sa réelle identité. Sa voix, celle de la mythique Mary Poppins, Julie Andrews, guidera les personnages au fil des saisons. Cette précoce comparaison avait fait peur à de nombreux fans de Gossip Girl, car il est bien difficile pour une série de rivaliser avec cette création. Après l’annonce d’un reboot prévu pour 2021 vraisemblablement pas nécessaire pour un grand nombre de fans, ces derniers avaient encore une fois peur d’être déçus et n’avaient pas de grandes attentes.

Mais il faut bien dire que La Chronique des Bridgerton colle parfaitement avec le thème créé par Josh Schwarts et Stéphanie Savage. C’est même plus intense à bien des égards. Une rumeur en plein cœur du XIXème siècle n’a pas la même dimension qu’au XXIème siècle. C’est bien plus dramatique, étant donné l’importance des enjeux. C’est plus qu’une réputation qui est en jeu, c’est toute une famille. La richesse, les naissances, tout passe par le mariage, notamment à cause de l’importance de la dot. C’est pourquoi Daphné se rapproche beaucoup plus d’une Elizabeth Benett, personnage principal du chef d’œuvre de Jane Austen, que de Serena van der Woodsen. Le mariage comme fil conducteur est également présent dans Orgueils et Préjugés, c’est d’ailleurs l’un des deux thèmes majeurs avec l’argent. Cette ressemblance est d’autant plus frappante qu’elle se déroule presque à la même période, le roman de Jane Austen se passant sous le règne de George III, le roi atteint de démence dans La Chronique des Bridgerton.

Bridgerton
Phoebe Dynevor inteprète Daphne Bridgerton, le diamant de la saison mondaine. © Netflix

La touche ShondaLand

Entre Grey’s Anatomy et Murder, en passant par Scandal, les créations de Shonda Rhimes nous avaient habitués à un décor contemporain. Excepté Still Star-Crossed, série annulée au bout d’une saison par ABC, ShondaLand ne s’était jamais aventurée dans une époque révolue. Ici, l’intrigue se déroule en 1813, en plein cœur de la Régence anglaise, une période où le roi n’était pas apte à gouverner et était remplacé par son fils, le futur Georges IV. On ne voit pas ce dernier à l’écran mais on voit la femme de Georges III, Charlotte de Mecklembourg-Strelitz, interprétée par Golda Rosheuvel, une actrice noire. Si la diversité est une habitude dans les séries produites par Shondaland, cela prend une tout autre dimension dans La Chronique des Bridgerton. On réécrit l’histoire, mettant en scène des personnages de couleur ayant une importance considérable. Une action nécessaire et logique de nos jours, afin que les séries soient le reflet de la société actuelle.

S’il n’y a aucune preuve que la famille royale britannique puisse avoir des origines issues du continent africain, c’est une des hypothèses soulevées par plusieurs historiens. Après tout, de nombreuses grandes familles ont connu dans leur histoire des souverains métisses, comme Alexandre de Médicis, duc de Florence à partir de 1532 et fils illégitime de son père avec une servante mulâtre. Les libertés prises par les scénaristes de Bridgerton pourraient donc, un jour, s’avérer légitimes. Mise à part cette diversité de casting, la série tient d’autres points communs avec les créations ShondaLand. Les femmes, bien qu’au XIXème siècle, sont loin d’être des marionnettes et affirment leur pouvoir. On se rend compte que dans ce monde dominé par les hommes, les femmes tirent bien des ficelles et les hommes sont incapables de suivre la cadence. La série aborde des sujets forts, comme celui de la sexualité féminine, considéré comme péché à l’époque. La masturbation était seulement vue comme un moyen de soigner l’hystérie, la supposée maladie des femmes. De plus, on se rend compte qu’une grande majorité de femmes entrait dans l’inconnu lorsqu’il s’agissait de leurs nuit de noces, rien ne leur était expliqué.

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Nicola Coughlan (Penelope Featherington) et Claudia Jessie (Eloise Brigerton) forment le duo d’amies intrépides. © Netflix

Une série rafraîchissante

Si vous cherchez une série qui vous videra la tête, Bridgerton est faite pour vous. Avec des acteurs pétillants comme Phoebe Dynevor, Regé-Jean Page ou encore Claudia Jessie, la nouvelle création Netflix est un excellent moyen de passer le temps. Une série se déroulant en 1813 mais qui a ses touches de modernité, notamment grâce à sa bande son parfois composée de musiques pop jouées de façon classiques comme Thank u, next d’Ariana Grande, Bad Guy de Billie Eilish ou encore Wildest Dreams de Taylor Swift. Les somptueux costumes confectionnés par Ellen Mirojnick et John W. Glaser III vous éblouiront également, avec leurs étoffes chatoyantes et leurs bijoux étincelants.

Ce n’est pas une série qui vous fera réfléchir profondément, le scénario étant un peu trop évident. L’exactitude historique n’est également pas une priorité et si vous vouliez admirer le Londres d’antan, ce n’est pas non plus au rendez-vous étant donné que la majorité de l’intrigue se déroule en intérieur. Il n’empêche qu’elle fait du bien, surtout dans une période comme celle que nous traversons. La romance prend toute la place à l’époque où les mariages romantiques n’étaient pas réellement à l’ordre du jour et seront incarnés un peu plus tard par l’union de la reine Victoria et du prince Albert. En 1813, nous observons, entre bals et dîners mondains, les prémices de cet amour si puissant et vibrant que tout le reste ne compte plus. De plus, la série devrait revenir très vite sur nos écrans, étant donné qu’elle est adaptée d’une série de huit romans de Julia Quinn. Avec son succès triomphal, la confirmation d’une saison 2 n’est plus qu’une question de semaines.

 

 

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  • Actuellement en deuxième année à l'Académie ESJ Lille, j'écris pour mon plus grand plaisir au Pépère News depuis sa création. Passionnée de lecture, de ciné-séries et bien d'autres choses encore, j'essaye de vous faire découvrir les coups de cœur qui rythment ma vie. Egalement Community Manager du média depuis ses débuts, je suis une as des réseaux sociaux.

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