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La face cachée des costumes et bijoux de La Chronique des Bridgerton

La face cachée des costumes et bijoux de La Chronique des Bridgerton

La Chronique des Bridgerton

La Chronique des Bridgerton a fait une entrée tonitruante dans le catalogue Netflix. En seulement quatre semaines, la série a été visionnée par 82 millions d’utilisateurs. C’est donc la série ayant réalisé le meilleur début de toute l’histoire de la plateforme, devançant The Witcher. Outre ses acteurs talentueux et sa musique originale, la série a été saluée pour ses costumes et ses bijoux esthétiquement plaisants. Mais ces derniers ne sont pas seulement beaux : ils racontent à leur façon l’intrigue de la série. 

Une des raisons du succès de la série est évidemment sa garde-robe, créée par Ellen Mirojnick, qui a notamment travaillé sur The Greatest Showman. Avec plus de 7.500 pièces en ce qui concerne les costumes et 1.000 pièces pour la joaillerie, Shondaland a frappé fort au niveau des apparences. Tout au long de La Chronique des Bridgerton, les personnages féminins ne portent quasiment jamais la même tenue. Les yeux du spectateur brillent constamment à la vue de ces toilettes colorées et serties de pierres précieuses. Depuis, les internautes se déchaînent et achètent en masse des corsets qu’ils pensent d’époque. Si la garde-robe est essentielle pour attirer l’attention de l’auditoire, elle est également empreinte d’une identité propre à la série et révèle bien des choses.

La hiérarchie sociétale de l’époque mise en lumière

On s’aperçoit bien vite que les tenues et les costumes reflètent la hiérarchie de l’époque. Ainsi, celle qui porte les bijoux les plus extravagants est bien évidemment la reine. Énormes rubis, diamants étincelants, ravissantes perles : tous ces joyaux s’accumulent sur la reine par-dessus ses immenses perruques dans le but de la rendre la plus imposante possible. À cela s’ajoutent également ses robes démesurées pour l’époque qui la font ressortir du lot. À ce sujet, la costumière Ellen Mirojnick confie en exclusivité au Natural Diamond Council : “Les grandes quantités de diamants et de perles que nous avons utilisées sur elle seraient similaires à celles que feu Karl Lagerfeld aurait utilisées dans ses défilés Chanel.”

La jeune Daphné Bridgerton incarne également cette hiérarchie. Au début de la série elle privilégie les ornements discrets et délicats : “Tous ses accessoires sont d’une grande finesse car son personnage incarne le raffinement et la simplicité.” Mais lorsqu’elle trouve l’élu de son cœur et qu’elle accède à un titre plus prestigieux, elle se coiffe de bijoux plus audacieux. Dans une société où les apparences comptaient énormément, avoir des parures qui reflètent son capital économique était une manière de se montrer. La famille Featherington qui cherche à se faire une place dans la noblesse anglaise porte des couleurs beaucoup plus vives, tant au niveau des vêtements que des bijoux, pour se faire remarquer.

La Chronique des Bridgerton
Daphné Brigerton (Phoebe Dynevor) porte des bijoux délicats et des robes aux tons clairs et pastels. © Netflix

Une précision historique à revoir mais qui fonctionne au regard du spectateur

Il faut tout de même noter quelques incohérences dans la réalisation des costumes. Ceux de la reine par exemple collent peu à l’époque de la Régence anglaise. Elle porte d’imposantes robes qui ne sont absolument pas d’époque, datant d’une cinquantaine d’années, tandis que ses perruques poudrées sont également anachroniques. Certaines couleurs choisies pour les robes ont peu de sens, étant donné qu’elles n’avaient pas encore été inventées, comme le fuchsia qui fut découvert par le Français François-Emmanuel Verguin en 1858.

De plus, tout au long de la série, on voit rarement un personnage avec les mêmes vêtements. La preuve, Phoebe Dynevor, l’interprète de Daphné Bridgerton, a changé 104 fois de costume en l’espace de seulement huit épisodes. Mais la réalité est tout autre et en 1813, les jeunes débutantes ne portaient que trois ou quatre robes tout au long de la saison mondaine, même les plus fortunées. Chaque robe coûtait énormément d’argent et prenait un temps inimaginable à être confectionnée. Ainsi, voir les protagonistes se précipiter chez la modiste presque tous les quatre matins est assez paradoxal et peu pertinent.

La Chronique des Bridgerton
Les robes et les perruques de la reine Charlotte sont totalement anachroniques. © Netflix

Si La Chronique des Bridgerton avait eu la prétention de se voir comme une série historique, les incohérences auraient sans doute été plus remarquées. Or, la série n’a jamais eu cette ambition. Le non-respect des costumes de la Régence anglaise a été réalisé intentionnellement. Ellen Mirojnick a voulu ajouter des éléments de la mode contemporaine dans les vêtements portés en 1813, comme le dernier défilé de Dior lors de la Fahion Week Printemps-été 2021. Elle déclare : “La plupart des bijoux utilisés semblaient venus du 18ème siècle, mais honnêtement, peu importe qu’ils datent du 16, 18 ou du 19ème siècle, tant que le résultat crée une parfaite illusion.”

Le but primaire était donc d’en mettre plein les yeux, qu’importe l’inspiration des costumes. Tout comme la bande son aux airs de Shawn Mendes et d’Ariana Grande ou la présence de personnages noirs au centre de l’intrigue, la série s’est encore une fois permise de réécrire l’histoire, pour le plus grand bonheur des spectateurs, friands de cette garde-robe si pétillante. Ellen Mirojnick conclut : “L’éclat des diamants a illuminé les scènes et a ajouté un élément de magie et d’illusion, nous transportant dans un autre temps et un autre lieu.”

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