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La ministre Frédérique Vidal en visite à l’Institut Pasteur de Lille

La ministre Frédérique Vidal en visite à l’Institut Pasteur de Lille

Frédérique Vidal à l'Institut Pasteur de Lille

La ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Frédérique Vidal, était de passage à Lille ce jeudi 28 mai 2020. À l’Institut Pasteur, elle a rencontré des chercheurs lillois afin d’échanger sur la recherche autour du Covid-19 dans les Hauts-de-France.

Frédérique Vidal a débuté une série de déplacements dans des centres de recherche de la France entière. Cette initiative est motivée par le rôle pris par la recherche et l’innovation scientifique face à la pandémie de Covid-19. “Durant cette crise, vous [les chercheurs, ndlr] avez de manière exceptionnelle contribué à produire de la connaissance de manière accélérée”, déclare-t-elle. Ainsi, elle a souhaité visiter un maximum d’établissements, en passant 48 heures dans chaque région.

La recherche au cœur d’un plan de relance

Après avoir déjeuné avec le président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, la ministre a réaffirmé la mise en place d’un plan de relance s’appuyant sur la recherche dans la région. De ce fait, deux millions d’euros seront investis dans un appel à projets. Les projets de recherche scientifique concernés seront choisis et soutenus par la région, qui mène ce plan avec l’aide financière de l’État. Pour Frédérique Vidal, “la recherche doit nous préparer à l’ensemble des crises et des défis devant nous”.

À Lille, divers centres de recherche dont le CHU, l’Université, le CNRS, Centrale et l’Institut Pasteur se sont alliés au sein d’une “Task-force Recherche” lilloise. Ce regroupement émane du comité de la recherche en matière biomédicale et de santé publique (CRBSP). En plus d’actions concrètes en faveur des hôpitaux, la task-force lilloise participe à l’effort de recherche sur le Covid-19 et bénéficie à ce titre d’un financement de l’I-SITE Université Lille Nord Europe de l’ordre de deux millions d’euros. D’après son animateur David Launay, l’appel à projets a obtenu 40 réponses. Dès lors, 25 projets ont été sélectionnés et plus de dix unités de recherche sont financées.

Après avoir pris connaissance de l’ensemble de ces projets dans le Nord, Frédérique Vidal insiste sur la nécessité de comprendre la méthodologie scientifique et pourquoi la recherche prend du temps. Cela est d’autant plus important en temps de crise. La ministre déplore alors le fait que “des opinions se confondent avec des vérités scientifiques” – faisant ainsi allusion au débat sur l’hydroxychloroquine – et affirme que les fake news font “autant de ravages que le virus lui-même”.

Interview de Frédérique Vidal à l'Institut Pasteur de Lille
Frédérique Vidal à l’Institut Pasteur de Lille.
© Matthias Colboc

Un point sur les universités

La ministre ayant souligné à maintes reprises le travail de l’enseignement supérieur dans la gestion de cette crise et dans la construction du monde d’après, le Pépère News l’a interrogée sur la situation des étudiants et des établissements du supérieur. Elle déclare qu’il est difficile de se prononcer sur le maintien des cours à distance ou non lors de la rentrée prochaine, puisque cela dépendrait notamment des enseignements et des conditions des établissements. Pour autant, la fermeture des universités met en exergue les inégalités en matière d’équipement. À cela, Frédérique Vidal répond que, durant la crise, de nombreux outils tels que des clés 4G ont été mis à la disposition des étudiants dans le besoin. D’après la ministre, les mesures seront approfondies, notamment en ce qui concerne la réouverture des bibliothèques universitaires en toute sécurité.

Elle reconnaît par la suite qu’il est trop tôt pour dresser un bilan des partiels à distance et insiste sur le rôle des universités dans le retour d’expérience et l’identification des conclusions à en tirer. Ces modalités exceptionnelles ont par ailleurs engendré de nombreuses polémiques, notamment autour de la télésurveillance lors des examens. Bien que cette pratique soit officiellement autorisée par son ministère, Frédérique Vidal n’a pas pris position sur le sujet et s’est contentée de réaffirmer le rôle des établissements dans la décision des modalités d’examens.

Au sein de l’Université de Lille, certains étudiants se disent craintifs du fait que leur diplôme n’ait que peu de valeur au vu des conditions d’examen très aménagées. La ministre de l’Enseignement supérieur, qui s’était déjà prononcée contre le principe de moyenne améliorable, nous déclare que les choses ont été faites au mieux et qu’il s’agit désormais de la “responsabilité individuelle des étudiants”. Interrogée également sur le climat de grèves que connaît l’université lilloise depuis l’annonce du projet de loi sur la programmation pluriannuelle de la recherche, elle réaffirme l’importance de ce plan et des 4 milliards d’euros d’investissement dans la recherche qui y sont associés. Finalement, Frédérique Vidal déclare espérer que ce projet voie le jour dès 2021, tel qu’il était prévu. Il est pourtant difficile de l’affirmer au vu des bousculements d’agendas liés à la crise sanitaire actuelle.

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