La panthère des neiges, sacré meilleur documentaire aux Césars 

Le 25 février dernier, lors de la 47ème cérémonie des Césars, c’est l’œuvre de Vincent Munier et Marie Amiguet qui remporte le César du meilleur film documentaire. Retour sur cette majestueuse ode à la nature.

En salle depuis décembre 2021, ce long-métrage suit le célèbre photographe animalier Vincent Munier et l’écrivain Sylvain Tesson sur les hauts plateaux tibétains à la recherche de la panthère des neiges.

Ce documentaire analyse notre rapport au vivant en traquant un animal tellement rare qu’il en devient presque fantomatique. Il a fallu deux séjours de trois semaines dans les vastes étendues de l’Est du Tibet, pour que le photographe et l’écrivain puissent apercevoir cet animal mythique. Adapté du roman du même nom de Sylvain Tesson, La Panthère Des Neiges nous fait voyager au cœur des plaines et montagnes tibétaines. Les deux acolytes partent à la rencontre d’animaux étonnants en s’interrogeant sur notre place au sein de ce fragile écosystème.

Un voyage hors du temps

Ce film nous offre des images époustouflantes, il capture la beauté d’une nature sauvage préservée de toute trace humaine. Ces grandes plaines et sommets rappellent les paysages préhistoriques, avec des grottes et d’imposants mammifères comme des yacks. C’est un véritable retour à l’état sauvage contrastant avec notre quotidien et différent de tout ce qui nous entoure. Les images sont d’une précision et d’une splendeur incroyable. La caméra de Marie Amiguet semble disposer d’une vision qui va au-delà de la vision humaine, chaque moustache de chats sauvages, chaque pupille de renard et chaque trace de panthère sont d’une clarté étonnante.

La musique originale du film est réalisée par le duo Nick Cave et Warren Ellis. Les musiques sont mélancoliques et solennelles. Nick Cave pose sa voix sur le single ” We are not alone ” apparaissant en générique de fin, avec les propos de Sylvain Tesson cités dans le film ” I’ve travelled a lot, I was observed, I was observed and unaware. ” Les deux artistes retranscrivent parfaitement l’atmosphère des images à l’écran. Les sons présents dans ce documentaire sont aussi impressionnants que la bande son. Les mugissements des yacks ou les brames des cerfs créent une étrange atmosphère. L’air se fait sentir plus lourd et plus grave. Chaque bruit d’animaux nous impressionne, contrastant avec les bruits de moteurs ou de tic-tac incessant du quotidien.

J’aimerais être invisible “

Ces mots de Vincent Munier nous introduisent à la philosophie de l’affût présente dans le long métrage. Cette technique propre à la photographie animalière mais aussi à la chasse, vise à être presque invisible pour ne pas attirer l’attention des animaux sauvages. Particulièrement en photographie animalière, l’affût sert à préserver un maximum les écosystèmes qui entourent le photographe, il ne faut pas laisser de traces et simplement observer ces êtres vivants sans interférer sur leur vie. La Panthère Des Neiges nous rappelle que chacun de nos pas ont des conséquences et impactent les êtres vivants autour de nous.

A l’ère de la crise écologique, de la disparition des espèces végétales et animales et de la destruction des écosystèmes, le film de Munier et Amiguet possède évidemment un côté “moralisateur” sur l’importance des êtres vivants qui nous entourent. La différence avec beaucoup d’autres films sur ce même sujet est qu’il ne présente pas d’images de paysages dévastés et de nature morte. Il présente la beauté de cette nature et sa fragilité dans un but de sensibiliser et non de choquer.

Vincent Munier et Sylvain Tesson en affût
Vincent Munier et Sylvain Tesson en affût. © Haut et Court

Un film salvateur

Ces immenses paysages préservés de la trace de l’homme combinés à la solitude et à la nécessité du silence sont propices à la méditation. En ressortant du cinéma on a l’impression d’avoir médité durant des heures sur les hauts plateaux tibétains. Ce documentaire est salvateur, il nous offre un voyage loin de notre train-train quotidien, un souffle d’air frais et une pause hors du temps.

Lorsqu’on ressort de ce film, les choses matérielles qui nous entourent nous paraissent soudainement ridicules, la ville nous étouffe, signe que La Panthère Des Neiges relève le pari d’un bon film : marquer ses spectateurs et tenter de laisser une trace. Ce documentaire touche à la sensibilité de tout le monde, et in fine s’adresse au grand public.

Toujours en salle, au cinéma Le Majestic, rue de Béthune à Lille. Attention le documentaire n’est disponible que dans très peu de cinémas de la métropole lilloise !

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