La rue Solférino va changer : quel chantier et quels enjeux ?

Plus de deux mois après sa ré-élection, Martine Aubry compte démontrer qu’elle prend l’affaire au sérieux. Lundi dernier, la maire PS de Lille présentait à la presse un plan d’urbanisme visant à moderniser la rue Solférino et les places adjacentes. Au programme : des trottoirs élargis, de meilleures pistes cyclables, et moins de places de stationnement.

Quels changements la mairie prévoit-elle ?

La rue Solférino, c’est 2 kilomètres de bitume entourés de trottoirs incommodes et d’une piste cyclable morcelée. Autour, cinq places, toutes aussi minéralisées les unes que les autres, constituent des puits de chaleur dont Martine Aubry ne cherche pas à nier l’existence. Si la dame des Flandres rappelle pourtant que des efforts ont déjà été menés par le passé, notamment à travers la plantation d’arbres et le passage de la rue à 30km/h, l’actuelle maire de Lille compte bien moderniser encore l’artère principale de Lille.

Cette modernisation passe d’abord par la mise en place d’un nouveau “profil de rue”, dont la principale innovation est une fosse perméable aux eaux pluviales. Cette dernière devrait séparer la chaussée des pistes cyclables, et être équipée de places de stationnement en nombre réduit. Ainsi, le projet de la mairie de Lille implique de réduire les possibilités de parking des automobilistes. Des “parklets” doivent se substituer à ces espaces de stationnement : il s’agit d’extensions du trottoir, destinées en l’occurrence à être aménagées en concertation avec les habitants afin de créer des espaces communs, qui pourront bénéficier à tous les passants afin de rendre la rue Solférino plus propice à la détente.

Urbanisation rue Solférino
Le plan d’urbanisation de la rue Solférino, présenté par Martine Aubry à la presse le 7 septembre 2020. © Quentin Saison

Enfin, les cinq places qui entourent la rue Solférino devraient être repensées. La mairie a ainsi déclaré entamer des discussions avec Match, qui détient la place des Halles, afin de réfléchir aux possibles aménagements. Le chantier le plus important devrait se situer au niveau de la place du Maréchal Leclerc, où Martine Aubry défend la volonté d’ériger un “petit J-B Lebas”.

Une route pavée de difficultés

La mairie en est toutefois consciente : le chantier risque de s’annoncer complexe. Il va s’agir de contenter la droite, rebutée à l’idée de complexifier l’accès à la ville et au stationnement des voitures, ainsi que les écologistes, à qui Martine Aubry reproche une forme de surenchère dans la plantation d’arbres. Un autre enjeu devrait être de répondre aux besoins des riverains qui, sur Solférino, se plaindraient de disposer de trop peu de places de parking.

Si le projet d’aménagement doit avoir lieu en concertation avec les collectifs et les associations de riverains – la première réunion doit se tenir le 8 septembre avec des habitants de la place Philippe Le Bon –, reste à voir si la mairie se montrera réellement ouverte à la discussion. Martine Aubry a en effet confirmé que certains points ne seraient pas négociables, comme le “profil” de la rue ou la réduction du nombre de places de stationnement.

Les premiers appels d’offre devraient être lancés vers 2021. Il est pour l’instant prévu qu’ils soient menés en trois phases, allant du Sud (côté J-B Lebas) vers le Nord (direction Vauban). Les enjeux budgétaires autour du projet n’ont pour l’instant pas été communiqués.

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