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“La ville a 20 ans de retard” : le groupe Lille Verte déplore un manque d’innovation

“La ville a 20 ans de retard” : le groupe Lille Verte déplore un manque d’innovation

Le groupe Lille Verte, de gauche à droite : Maroin Al-Dandachi, Stéphane Baly, Faustine Balmelle, Nathalie Sedou, Mélissa Camara, Jérémie Crépel

Réuni le mardi 13 septembre pour la conférence de presse de rentrée, le groupe d’opposition Lille Verte soulève des incohérences dans les politiques de la ville. Démocratie participative bafouée, projets “à côté de la plaque” ou tardifs, réponse insuffisante aux problèmes sociaux… les chefs d’accusation ne manquent pas selon les élus écolos.”

“Ce n’est pas une ville où on innove”

Le lieu de la réunion est symbolique : à Lillenium, qui, selon Stéphane Baly, représente, tout comme les dark stores, “le symbole de la société de consommation”. Il ouvre le bal en déplorant que le plan de sobriété dévoilé en début de semaine soit “à côté de la plaque”. Pour lui, il arrive trop tard, et ne fait que “renforcer des mesures déjà existantes”. D’autant que dans le même temps la ville annonce la suppression de la serre équatoriale située dans le Jardin des plantes en raison de sa forte consommation énergétique. La question qui les tracasse, c’est de savoir où vont aller les plantes. Selon le co-président, l’annonce jugée “trop brutale”, profite surtout du plan de sobriété pour s’en débarrasser. Il compare Lille avec d’autres villes “gouvernées par le PS aussi” et qui pourtant seraient plus ambitieuses, à l’image de Nantes ou Rennes.

 

La nature en ville : une place “paradoxale”

Nathalie Sedou dénonce un rapport ambivalent à la nature : d’une part la mairie multiplie les annonces et les plantations, et d’autre part “des espaces de nature existants qu’on détruit pour bâtir”. L’exemple phare, c’est le projet qu’a annoncé la ville de créer un bassin nordique à la piscine Saint-Sauveur, bassin qui serait chauffé en hiver. Alors qu’en même temps, “on baisse les températures des piscines municipales”, explique la conseillère municipale. Sur ce point, plusieurs associations ont alerté sur les risques sanitaires d’un bassin en plein air proche du périphérique, ainsi que sur l’impact environnemental évident.

 

“La démocratie participative est un musée”

Maroin Al-Dandachi dénonce un manque d’ambition. “Ce n’est pas que rien n’est fait, c’est qu’ils sont dépassés, ou alors ils cochent des cases”. Un sentiment qui se ressent avec la concertation pour l’avenue du peuple belge : 300 000€ dépensés mais seulement 11% du corps électoral qui a voté. En somme, le problème c’est “le manque de dialogue avec les lillois, mais aussi au sein de la majorité”.  Faustine Balmelle prend pour exemple la prise en charge tardive de la mairie de mineurs qui auraient dormi dans la rue pendant plusieurs jours. Concernant les pétitions, il faudrait selon eux doubler le temps pour répondre – de 2 à 4 mois -, pour augmenter le taux de participation. Est-ce suffisant ? Cela reste à voir, mais surtout la question est de savoir si c’est effectivement la bonne solution.

 

“La municipalité ne va pas jusqu’au bout”

Mélissa Camara, en charge de la question sociale, se dit déçue du traitement de la question des Roms, synonyme d’extrême pauvreté. La mairie a demandé leur expulsion des bidonvilles en juin, sans leur proposer de solutions. Faustine Balmelle surenchérit, faisant la comparaison avec d’autres métropoles comme Rennes ou Nantes qui travaillent en collaboration avec des associations locales pour mettre en place des “squats légaux” par exemple. Une bonne initiative, certes, mais qui a ses limites : à Rennes par exemple plusieurs médias ont révélé que les équipes municipales étaient débordées. Pour Lille Verte, ce qui pose problème c’est que “certains projets prennent vingt ans”, à l’image des projets d’aménagement du boulevard Carnot ou de la rue Solférino. “Ce sont des choses déjà acquises dans beaucoup d’autres villes”.

 

Et les jeunes dans tout ça ?

Le sujet n’était pas à l’ordre du jour, pour les écolos comme pour la mairie : Stéphane Baly affirme que sur la question des logements, Martine Aubry ignore complètement la question, voire s’y oppose. D’après lui, il y a un décalage entre le mythe de la ville rêvée avec des couples avec un enfant, et la ville réelle, où un quart des habitants sont étudiants. Maroin Al-Dandachi rajoute avec ironie : “c’est un déni de réalité, il y a une vraie zone d’ombre sur les politiques publiques concernant la jeunesse”. Ce qui se confirme, puisque près d’un quart de la ville semble parfois exclu des politiques publiques.

 

Si le principal groupe d’opposition se veut très critique, il se dit toutefois satisfait de l’accueil des réfugiés ukrainiens et afghans. En somme, un plaidoyer qui pourrait se résumer par le slogan porté par le groupe à la rentrée : “Voir loin, faire maintenant”.

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