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L’Afrobeats, la pop africaine qui conquiert le monde

L’Afrobeats, la pop africaine qui conquiert le monde

L’afrobeats, c’est quoi ? Aussi appelé afropop ou afro-fusion, il s’agit comme pour la majorité des styles de musique d’un mélange d’autres genres. Ici, on parle de mélodies pop, sur des instrumentales inspirées des musiques traditionnelles africaines, avec des paroles combinant souvent à la fois anglais et yoruba. Zoom sur la pop africaine contemporaine, ses figures, son succès et tout ce qui l’entoure.

Voilà déjà plusieurs années qu’on a l’habitude d’entendre des rythmes dansants afro, notamment dans les instrumentales de rap, autant chez les anglophones que les francophones. On peut penser à Drake, qui utilise souvent des instrumentales typiquement afrobeats, sans oublier du côté français l’énorme succès de la série de morceaux Afro Trap de MHD commencée en 2015.

Depuis les années 2010, il n’est pas rare que les samples “old school” soient remplacés par des samples de rythmes afro dans les instrumentales de rap français : de Booba à 4Keus en passant par Ninho. Ces mélodies rythmées sont appréciées dans les instrumentales rap. Mais on connaît assez peu la pop africaine actuelle, l’afrobeats, malgré le succès international confirmé de plusieurs de ses artistes.

Burna Boy, Wizkid, Rema ou les Nigérians maîtres du genre

La grande majorité de la scène internationale afrobeats se compose d’artistes nigérians ou d’origine nigériane. Ce pays d’Afrique de l’Ouest est le plus peuplé et le plus riche du continent et il est aussi la terre natale de bon nombre des grandes figures de la pop afro. On pense tout de suite à Burna Boy, icône du genre avec son titre On the Low (2019) aux 230 millions de vues sur Youtube, ou encore à Gbona (2019) qui a aussi connu le succès, notamment en Europe. Autre artiste emblématique, Wizkid, s’est fait connaître internationalement en 2016 en collaborant avec Drake sur le hit mondial One Dance.

Le dernier né de cette génération de chanteurs nigérians n’est autre que Rema, né en 2000 à Benin City et dont le titre Dumebi l’a propulsé au-devant de la scène internationale en 2020. Ils ont tous en commun des instrumentales aux rythmes typiquement afro, et des mélodies entraînantes avec des paroles en anglais et en yoruba sur des thèmes aussi variés que l’amour, le sexe, la danse… Certains titres sont plus jazzy avec des cuivres, et d’autres plus proches de la dancehall.

La sphère afrobeats est si riche qu’on pourrait faire une liste encore longue de ces artistes qui font danser la planète : Davido, Mr Eazi, Olamide, Omah Lay, Ckay, etc. Malgré la prédominance masculine, le genre compte aussi quelques artistes féminines comme Tiwa Savage, très célèbre au Nigeria, et plus dernièrement la jeune Ghanéenne Amaarae.

En France, les artistes afrobeats sont davantage associés à la « pop urbaine » ou à un retour du RnB avec de fortes influences afro. Récemment, le marseillais Tayc et sa voix mélodieuse ont eu du succès avec l’album Fleur Froide (2020). On peut aussi citer Ya Levis, Dadju, et l’incontournable Aya Nakamura. Cette scène française est d’ailleurs appréciée par les artistes internationaux cités plus haut, comptant plusieurs collaborations qui font le bonheur des amateurs français d’afrobeats. On a alors pu entendre Aya Nakamura avec Davido sur Gang en 2018, Dadju avec Burna Boy sur Donne-moi l’accord ou encore Tayc chanter aux côtés de Tiwa Savage.

Toute une culture africaine propulsée sur le devant de la scène

Le succès de ce style de musique – au point qu’il traverse les frontières du continent africain pour s’imposer durablement en Amérique du Nord et en Europe – amène aussi la valorisation d’une certaine culture qui l’entoure.

D’abord, la danse, indissociable de la musique afrobeats. Cette popularisation passe par les clips vidéos qui accompagnent les morceaux sur Youtube, mais aussi indépendamment de l’artiste, comme par exemple sur Tiktok. Les vidéos de danses sont très populaires sur le réseau social avec des chorégraphies que tout le monde reprend sur le même morceau sous forme de challenge ou de trend. Beaucoup de ces chorégraphies empruntent des mouvements à des danses africaines comme le twerk, issu de la Mapouka, ou encore des pas inspirés du Ndombolo.

Ces deux dernières années, on a pu voir à quel point Tiktok est une fabrique à hits : grâce à son algorithme, la plateforme permet la popularisation et diffusion massive de morceaux qui n’auraient pas connu un tel succès sans elle. L’application a aussi joué ce rôle pour certains morceaux d’afrobeats, et a sans doute contribué à leur faire parcourir le monde. C’est le cas dernièrement du titre Love Nwantiti de Ckay sur lequel les tiktoks réalisés se comptent par millions, et les vues par centaines de millions, avec des chorégraphies spécifiquement reprises par les utilisateurs. Même phénomène pour le titre Soundgasm de Rema repris des millions de fois cet été, accompagné de danses.

Le succès de ces musiques permet de faire découvrir une culture jusque-là trop peu valorisée en Occident, ainsi que les langues dans lesquelles les artistes chantent, telles que le yoruba et le igbo, majoritairement méconnues jusqu’ici.

L’apparition d’évènements culturels de grande ampleur

La popularité du genre fait naître des évènements culturels entièrement dédiés à l’afrobeats. Un des plus importants est le festival Afro Nation. La première édition a eu lieu en 2019 et la seconde se tiendra les 1er, 2 et 3 juillet 2022 à Portimão au Portugal. L’évènement auto-proclamé “plus gros festival d’afrobeats au monde” sur Instagram affiche en effet des grands noms pour cet été : Burna Boy, Megan Thee Stallion, Wizkid, Rema… Les français Dadju et Maitre Gims y seront aussi.

Le festival Afronation en 2019 au Portugal
© afronation.com

Dans la métropole lilloise, peu de gros évènements afrobeats mais certains bars et boîtes proposent des soirées avec des DJ set spécial afro. Le 15 octobre dernier, une Afro Live Party a eu lieu au centre culturel de La Condition Publique à Roubaix. Une soirée où passent “de l’afrobeats à la dancehall en passant par l’amapiano, l’RnB ou le rap” d’après leur site internet. La spécialité du concept : un groupe de musique reprend ces hits en live.

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