En lecture
Le cinéma lutte lui aussi contre le racisme

Le cinéma lutte lui aussi contre le racisme

Salle de cinéma

Depuis deux semaines, le mouvement “Black Lives Matter” n’a cessé de prendre de l’ampleur dans le monde entier. Son but : lutter contre le racisme et les violences policières. À travers de nombreuses œuvres cinématographiques, depuis des années, les réalisateurs ont décidé de traiter ces problématiques afin de faire émerger une prise de conscience. 

Le 25 mai dernier, George Floyd, un Afro-Américain, décède lors de son interpellation par un policier. Ce n’est pas le premier, ni le dernier, d’une longue liste. Cet événement a provoqué la colère de toute une communauté, mais plus encore, d’une partie de la population mondiale. Entre passé esclavagiste, injustices, violences, la population noire américaine se sent abandonnée. Parmi d’autres instances qui s’engagent contre le racisme, le cinéma présente un catalogue fourni.

Aux origines d’une lutte contre la ségrégation raciale

De 1876 jusqu’à son interdiction en 1964, la ségrégation raciale aux États-Unis à l’encontre des personnes noires fut autorisée. Ce que l’on considère depuis comme un crime contre l’humanité reste néanmoins aujourd’hui un facteur principal du racisme. Après son abolition, le combat ne s’est pas arrêté là, et la lutte des droits civiques ne faisait que commencer. Aujourd’hui perçus comme des héros, de simples citoyens ou pasteurs afro-américains ont décidé de se battre pour leur communauté. Sans eux, certains réalisateurs ne seraient pas là pour raconter l’histoire de cette lutte acharnée.

Selma
Affiche du film Selma.

C’est le cas d’Ava Marie DuVernay, réalisatrice américaine, avec notamment son long métrage, Selma, sorti en 2015.  L’objectif du film n’est pas de retracer l’histoire du célèbre pasteur Martin Luther King, mais celle des trois Marches de Selma en 1965, soit un an après l’abolition de la ségrégation raciale. Intense et fort émotionnellement, c’est à tout une communauté et non à un seul homme que ce film rend hommage. Dans le rôle de Martin Luther King, l’acteur britannique David Oyelowo est tout simplement impressionnant.

BlacKkKlansman
Affiche du film BlacKkKlansman.

Dans un tout autre registre, Spike Lee, lui aussi porte-parole de la cause afro-américaine, a voulu s’attaquer à un sujet très sensible et tabou. Basé sur une histoire vraie, BlacKkKlansman : J’ai infiltré le Ku Klux Klan retrace l’histoire du policier noir Ron Stallworth, qui eut l’audace et le courage d’infiltrer l’une des plus grandes organisations terroristes. Une histoire à s’arracher les cheveux, mais bien réelle. Alors Spike Lee a décidé de faire du Spike Lee en alternant humour, action et exagération, et le résultat est juste surprenant. En utilisant deux manières différentes pour traiter le racisme, BlaKkKlansman et Selma nous ouvrent les yeux sur un combat qui dure depuis trop longtemps.

Critique d’une justice américaine peu fiable

La voie de la justice
Affiche du film La voie de la justice.

La présence du KKK, groupe qui prône la suprématie blanche, montre que le passé ségrégationniste des États-Unis a laissé des traces dans les mentalités. Mais depuis, normalement, les personnes de couleur vivant aux États-Unis sont des citoyens comme les autres, et donc jugés et protégés de la même façon que tout autre citoyen. Malheureusement, cela n’est toujours pas le cas, même si certaines erreurs commencent à être révélées au grand jour, notamment grâce à des organisations comme Equal Justice Initiative. Fondée en 1989 par le jeune avocat Bryan Stevenson, l’organisation combat les condamnations à tort, notamment envers les hommes noirs. La voie de la justice, film réalisé par Destin Daniel Cretton, retrace l’histoire d’un jeune avocat noir qui va se battre pour un homme noir, Walter McMillian, condamné à tort en 1988. Le long métrage n’est pas un chef-d’œuvre en terme de réalisation, mais l’histoire vraie de cette lutte contre la peine de mort et le racisme anti-noir ne peut laisser insensible.

Dans leur regard
Affiche de la série Dans leur regard.

Une histoire similaire eut lieu la même année à New York, avec les cinq de Central Park. Cependant, ces cinq adolescents n’auront pas la même chance et la justice ne reconnaîtra son erreur que bien plus tard. Une triste histoire, qui n’a pas échappé à Ava Marie DuVernay, qui a décidé d’en faire une mini-série de quatre épisodes, diffusée en 2019 sur Netflix. Alors oui, Dans leur regard n’est pas un film, mais l’histoire terrifiante et véridique des cinq de Central Park ne pouvait être laissée de côté. Encore une fois, la réalisatrice américaine ne déçoit pas, mais mieux encore, elle arrive à repousser les limites. Sous pression du début à la fin, on vit l’histoire dramatique de ces cinq enfants condamnés à tort pour le viol d’une joggeuse. Outre la violence physique, c’est surtout une violence et une pression psychologique qui sont mises en avant.

Montrer la mise à l’écart d’une population livrée à elle-même

The Hate U Give
Affiche du film The Hate U Give.

Certains films vont alors nous montrer que l’histoire des États-Unis et ce sentiment d’injustice et d’abandon vont amener à l’isolement complet de la communauté afro-américaine. C’est le cas de la jeune adolescente Starr dans The Hate U Give. Cette dernière doit s’adapter à deux mondes bien différents. Placée dans une école privée par ses parents avec ses deux frères, la famille afro-américaine reste tout de même vivre dans un quartier rongé par les gangs et le trafic. Mais lorsque le meilleur ami d’enfance de Starr est tué par un policier devant ses yeux, elle ne peut se taire, même au péril de sa vie. La haine envers la justice américaine va alors s’installer au sein du quartier. Une histoire censée nous rappeler celles de George Floyd, Trayvon Martin, Michael Brown… Ce long métrage réalisé par George Tillman Jr nous montre une population américaine divisée entre riches et pauvres, noirs et blancs, et cela au 21ème siècle.

Ecrire pour exister
Affiche du film Ecrire pour exister.

Cette sensation de toujours se demander si sa vie compte est un sentiment que beaucoup d’adolescents américains noirs, asiatiques et latinos ressentent. Sorti en 2007, Écrire pour exister nous emmène dans une classe isolée et abandonnée par l’éducation. Ce film tiré d’une histoire vraie suit une jeune professeure qui décide de montrer à de jeunes gamins vivant au milieu des gangs et qui ont plusieurs fois vu la mort de près que leurs vies sont importantes dans ce monde si cruel envers eux. Dans son rôle, Hilary Swank rend le film passionnant et captivant.

Quelle est votre réaction ?
J'adore !
0
J'ai hâte !
0
Joyeux
0
MDR
0
Mmm...
0
Triste...
0
Wow !
0
Voir les commentaires (0)

Répondre