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Le confinement, “une catastrophe” pour les bars ?

Le confinement, “une catastrophe” pour les bars ?

Depuis samedi, les lieux « non indispensables à la vie du pays » sont fermés et les bars n’ont pas échappé à cette interdiction. Lieux clos, où les clients se comptent en centaines, leur fermeture est totalement logique pour réduire la transmission du coronavirus. Au grand désarroi des étudiants lillois.

Samedi soir. Minuit trente. La rue Royale est vide. D’ordinaire noire de monde, cette rue vivante du Vieux-Lille n’est pas passée à travers les mailles du filet. Pour éviter la propagation du coronavirus,  les bars ont dû fermer à minuit. L’habituel bruit de foule permanent laisse place à un silence pesant.

Si pesant que les quelques cris qui se font entendre sont sévèrement réprimandés par les habitants. Les gérants de bar sont eux aussi agacés. Mais pas pour les mêmes raisons. On vient de leur retirer leur gagne-pain.

« C’est une catastrophe »

Evans est le gérant du bar l’Aftertime. Situé rue du Faisan, son bar est pour beaucoup le dernier point de passage avant d’aller dans le monde psychédélique du Network. Tous les week-ends, il accueille « environ 200 fêtards, la moitié en semaine ». Cette fermeture forcée pour lui, « c’est une catastrophe ». Même s’il n’a pas voulu révéler de chiffres, on imagine bien que les pertes se comptent en dizaines de milliers d’euros sur les prochaines semaines. D’autant plus qu’au delà des pertes d’argent, ce sont aussi des denrées qu’Evans va perdre. Il relativise en expliquant toutefois qu’il ne va perdre « que les fûts de bière qu’il a déjà ouverts ». Ce n’est malheureusement pas le cas pour tous les commerçants…

Quid des employés ?

Mais puisqu’Evans ne tirera plus aucun revenu de son bar, comment vont faire ses salariés, deux barmans employés à plein-temps ? Si Emmanuel Macron avait annoncé « prendre en charge l’indemnisation des salariés contraints à rester chez eux », le gérant reste dans le flou. Rien de tout cela ne lui a été indiqué par quelconque autorité, si bien que pour l’instant, il « n’en sait rien. ». Mais pas question de laisser tomber ses salariés. Evans compte bien « payer leurs salaires, pour ne pas les pénaliser puis, ensuite, se tourner vers les aides de l’Etat. ». Un effort considérable pour le patron, qui imagine tout de même « qu’ils toucheront le chômage ». On l’espère également car il y a peu de chances que tous les gérants aient la même mentalité…

Et comment s’occuper quand on est au chômage technique ?

Mais que va faire Evans pendant cette période indéterminée de confinement ? Pour le moment, il a prévu de se consacrer à son bar pour le repeindre mais surtout le désinfecter. Cependant le gérant n’a pas peur. Il est persuadé que dès que le confinement sera terminé, « les clients reviendront tout de suite ». Et quand on connait le penchant des lillois pour la bière, on ne se fait pas vraiment de soucis pour lui.

La situation est inédite et grave. Plus vous sortez, plus le confinement sera long. Alors même si l’Aftertime et les bars vous manquent, prenez sur vous et respectez les consignes du gouvernement pour endiguer la propagation de ce foutu virus. Prenez soin de vous !

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