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Le Rap était-il vraiment mieux avant ?

Le Rap était-il vraiment mieux avant ?

Puriste (n.m) : “quelqu’un qui va considérer que les bases par lesquelles il connaît la musique doivent être respectées et que tout ce qui s’en éloigne ne doit pas être considéré comme du même genre” – Yerim Sar. Les locaux de Sciences-Po Lille ont accueilli, le mercredi 23 octobre 2019, une conférence animée par deux intervenants : Yerim Sar et Genono.

Yerim Sar est un journaliste freelance et animateur pour la radio Mouv’. Ses travaux sont consultables sur les sites internet de Mouv’ ou encore Vice. Très présent sur les réseaux, il a dû notamment faire face à Marlène Schiappa dans une querelle sur Twitter autour d’un commentaire du rappeur Alkpote. Genono est lui aussi journaliste freelance. Il contribue aux sites de Noisey, Mouv’ ou encore OKLM radio. Pour beaucoup, Genono est devenu une référence dans le journalisme rap en France.

Crédits photo : Brooklille

Le cœur du débat

Le rap français est un genre musical qui fait preuve de longévité. En effet, cela fait 30 ans qu’il est présent dans l’Hexagone. Un état des lieux se devait donc d’être effectué et en voici les conclusions. Tout d’abord, la productivité est très forte avec quasiment une sortie d’album par jour. Sur ce propos, Yerim Sar déclare que toutes les sorties ne sont pas qualitatives et qu’il faut “faire un tri”. Parmi les éléments notables, on peut citer la scène marseillaise qui innove perpétuellement dans les sonorités, avec des artistes tels que JUL qui combinent nouveauté et productivité.

La conclusion est la suivante : le rap a su évoluer et s’adapter à son temps.

Là où les avis divergent…

Dans un entretien avec The Backpackerz, le rappeur Kery James a déclaré : “Les rappeurs d’avant étaient des sortes de journalistes qui informaient sur l’état des banlieues. Aujourd’hui on est passé de la constatation et de la dénonciation à la glorification de l’illicite.”

D’après Genono, la vision du rap peut être engagée, politisée ou non. Il va prendre l’exemple de rappeurs tels que NTM ou Koba LaD, l’idée finale étant que les textes peuvent avoir un message malgré la forme qu’ils prennent. Il y a donc une réelle évolution du format.

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Pour Yerim, avec l’évolution de la société, les tabous de l’époque sont plus abordables aujourd’hui et viennent façonner le rap d’une nouvelle manière.

Crédits photo : Brooklille

Le verdict

Le débat s’est clos sur l’idée que le rap d’aujourd’hui diffère du rap présent dans les années 90, notamment dans la forme. Le rap s’est aussi adapté à son public et s’est largement diversifié avec des styles émergents tels que le “Cloud rap” ou encore la “trap”. Pour autant, les intervenants conseillent de ne pas étiqueter les rappeurs et leur style. Enfin, par un sondage à main levée, c’est le rap d’aujourd’hui qui l’a emporté dans le public avec une majorité écrasante.

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