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Le retour en présentiel, comme un air de cinéma pour les étudiants

Le retour en présentiel, comme un air de cinéma pour les étudiants

Université

Depuis le début de l’année, certains cours ont repris en présentiel et c’est un soulagement. Finis les goûters et les distractions devant son ordinateur, nous retrouvons enfin nos professeurs et nos salles de classe. Si le retour en présentiel était tant demandé, ce n’est pas pour rien. Léonie et Jules, deux étudiants à l’Université de Lille, expliquent ce qui leur avait manqué.

Le vrai bénéfice de ce retour en présentiel, c’est que l’on retrouve le contact. Nous réapprenons aussi à nous concentrer deux heures d’affilée et à nous lever à l’avance pour nous rendre en cours. Les étudiants se côtoient et découvrent leurs professeurs avec leurs propres yeux, ils retrouvent la motivation pour étudier et s’épanouir, et reprennent espoir en le futur. Même les récentes annonces d’Emmanuel Macron penchent en faveur du présentiel un jour par semaine malgré le confinement. On en fait trop ? Laissez-nous vous expliquer.

Le retour de l’humain dans la pédagogie

Un simple contact visuel avec le professeur et quelques éléments de gestuelle rendent tout de suite un cours plus humain et animé. Cette présence nous permet de voir nos camarades mais aussi leurs réactions et leurs regards qui nous font savoir s’ils comprennent le cours ou non. Malgré les masques qui cachent les sourires, le cours est de nouveau vivant et concret comparé à la vidéoconférence.

Le fait de se rendre dans une salle de cours – un lieu dédié à l’apprentissage – permet instantanément à l’étudiant de se retrouver dans un espace de travail, différencié du lieu de vie. Ce n’était plus le cas avec les différentes restrictions mises en place : une seule pièce était devenue le lieu de repos, de repas, de divertissement, mais aussi et surtout de travail. Cette distinction permet à certains de mieux suivre leurs cours, qui sont donc assimilés visuellement à un endroit particulier.

Quelques cours magistraux ont aussi pu reprendre dans certaines disciplines. Se retrouver dans de grands amphis pour ces cours souvent plus longs que les TD permet aux étudiants, malgré le siège de distance, d’échanger des regards complices avec leurs amis qui ne sont plus de simples vignettes noires sur leur écran.

Une concentration retrouvée

Le retour en présentiel signe aussi le retour de la concentration. Alors que chez nous, le téléphone mais aussi la fenêtre, l’aspirateur, les voisins de l’autre côté de la rue ou encore la paperasse qui traîne depuis des mois deviennent des facteurs de distraction. Il y a moins de pseudo-raisons de perdre le fil du cours en classe. Dans une salle de cours, on est là pour étudier et rien que pour étudier.

Après avoir vécu le distanciel et même en ayant toujours des cours sur Zoom, nous avons constaté que l’on est plus impliqué et attentif en présentiel. On subit moins le cours d’un professeur qui paraît distant à travers l’écran. Cet engagement mental se traduit par la prise de notes qui est plus conséquente et plus approfondie. Là où les étudiants ne prenaient que les grandes lignes du cours en distanciel, ils s’attachent aux détails, se posent des questions pour assimiler ce que l’être humain en face d’eux raconte. À la fin du cours, il y a l’impression gratifiante d’avoir traité plus de choses, d’être entré puis ressorti d’une salle de cinéma dont on était l’acteur et le spectateur.

La surveillance du professeur influence notre comportement mais c’est aussi par respect pour lui que nous restons attentifs au cours. Il redevient ce guide qui nous a paru distant et froid à travers nos écrans. Il peut aussi jauger la motivation des étudiants en scrutant les yeux plissés et le signe “oui” de l’élève qui fait semblant de comprendre ou le regard rêveur de celui qui a décroché après une anecdote trop longue. Le distanciel est mauvais pour la pédagogie : les étudiants écoutent moins, leur participation est en baisse et ils intègrent moins la connaissance qui leur est partagée.

Le port du masque est obligatoire au sein des établissements. © Célia Consolini / Collectif Gerda

Se (re)faire une routine

Le retour en présentiel force aussi les étudiants qui en bénéficient à améliorer leur rythme de vie. Au lieu de se lever cinq minutes avant le cours comme beaucoup le faisaient pour avoir juste le temps de se connecter sur les plateformes à distance, nous devons nous réveiller plus tôt, nous préparer, braver le froid et prendre les transports. Les étudiants reconquièrent un semblant de retour à la vie normale qui permet de rythmer les journées et réduire le sentiment de solitude que de nombreux étudiants ont partagé.

En rentrant chez soi, nous pouvons enlever ce masque qui nous aura embêté toute la journée, jeter son sac au pied de son bureau, se poser sur son canapé et souffler un bon coup. La raison à cela : le sentiment du devoir accompli après une bonne journée de travail. En restant dans sa chambre, on reste dans son cocon, sa zone de confort.

Les cours hybrides

Tout n’est pas à jeter dans les cours en distanciel. Le chat permet aux plus timides de poser des questions sans même déranger le professeur. D’autres fonctionnalités de Zoom permettent un échange plus efficace comme les sondages ou les groupes de travail. Mais après un an d’expérimentation, les étudiants l’ont bien compris, rien n’est mieux que le rapport humain et l’ambiance d’une salle de classe.

En cette période, les absents n’ont pas forcément toujours tort. Lorsque les cours en présentiel ne s’étalent que sur une journée ou deux demi-journées comme c’est le cas en ce moment, certains étudiants peuvent à juste titre préférer rester dans leur famille plutôt que se recroqueviller dans un appartement près de leur lieu d’étude. Pour cette raison et d’autres, certains professeurs préfèrent rester en distanciel ou proposent des cours hybrides dans lesquels il faut porter attention à des élèves regroupés dans des lieux différents.

Ne nous mentons pas, nous pouvons toujours nous déconcentrer et décrocher du cours en présentiel. Rester concentré durant deux heures est devenu si difficile après avoir passé une année de cours avec son téléphone et son bol de céréales au lieu du stylo ou de son clavier. Mais retourner en classe est un soulagement, un renouveau dont nous avions besoin. Pour continuer à croire en notre futur et ne pas perdre espoir, il fallait que nous nous rendions compte que l’apprentissage, c’est une chance et qu’aujourd’hui plus que jamais, il ne faut pas l’abandonner.

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