Léo Gone, parcours d’un jeune créateur de mode nordiste

Léo Gone et son sac le Dolly

Âgé d’à peine 18 ans, Léo Gone décide d’arrêter ses études et se lance dans sa passion : la mode. Un an durant il se dédie corps et âme à son projet et, en automne 2021, il sort sa première collection de sacs de luxe. Il revient aujourd’hui avec le Pépère News sur son expérience de jeune auto-entrepreneur.

En septembre 2022, Léo tente d’entrer à la MJM, une école de graphisme reconnue du nord de la France. Refusé, il est envoyé dans une prépa d’Art hors de prix. De confinement en couvre-feu, le jeune homme a tout le temps de réfléchir à son avenir et, cinq mois seulement après sa rentrée, il décide d’investir son argent ailleurs.

Loin d’être encouragé, Léo se lance seul dans son projet idéaliste : créer sa propre marque de luxe. Il casse son compte épargne et investit toutes ses économies dans la première pièce d’une future grande collection : le sac en cuir Dolly. Il se créé une image de marque et un nom emblématique “Gone“. Ce mot est significatif puisque en patois lyonnais il désigne un adulte dans un corps d’enfant pour montrer que son âge n’entame en rien son talent ni son professionnalisme.

Un parcours passionné mais risqué

Passionné par le monde de la mode depuis tout petit, Léo monte une petite fabrique de tee-shirt au collège mais il n’obtient pas le succès escompté. A la sortie du lycée, le jeune homme quitte son petit village du Nord et part à Lille plein d’espoir. Acceptant pleinement sa passion et n’ayant jamais beaucoup aimé les études, il décide de sortir du parcours scolaire et se lance dans son projet.

“Il faut vivre de ses passions et avoir confiance en soi pour mettre tout son argent dedans” – Léo

Le parcours de Léo s’est déroulé en plusieurs étapes, après avoir abandonné l’école, il se met à dessiner un modèle de sac. S’inspirant de certaines collections de Balenciaga entre autres, il met à jour un modèle de sac à main non genré en cuir de qualité. Appelé Dolly (“poupée” en anglais), les plans de ce premier “bébé” du créateur sont envoyés dans un atelier à Marrakech pour que les dessins prennent forme.

Dans un même temps, Léo créé son image de marque. Il lance le compte Instagram Gone.lio et se monte un dossier de presse. Le 22 octobre 2021, un défilé est organisé dans un restaurant, en comité privé. L’idée plaît beaucoup. Le jeune créateur, prometteur, se trouve une “marraine” comme il l’appelle lui-même : Françoise André, créatrice de la marque Aux corps anonymes. Elle l’aide notamment à se faire de nouveaux contacts dans le monde de la mode.

Son parcours est lancé.  Après la sortie de sa collection de sacs, le jeune entrepreneur entame de nombreux autres projets. Il collabore notamment avec l’influenceur Zakaria, et se penche sur de nouvelles idées.

L’envie de changer le monde à travers la mode

Avec un monde en constante évolution et affrontant de nombreux problèmes sociétaux, Léo affirme vouloir changer les manières de percevoir les vêtements. Apportant une vision propre à sa génération, il met en avant des problématiques écologiques et revient sur la question du genre au travers de sa marque.

Le créateur fait primer la qualité à la quantité : il est contre la surproduction et la surconsommation. Tous ses sacs sont produits selon cette éthique en collaboration avec l’atelier éco-responsable situé à Marrakech : Creafinity collection. Cependant, “peu de production” sous-entend aussi “rareté”. Il faut donc y mettre le prix. Si le jeune homme a réduit au maximum ses frais, le coût de ses sacs reste élevé (environ 445 euros par pièce) et il le déplore. Il ajoute tout de même que ce prix représente un “gage de qualité et de rareté” pour son produit.

La question du genre est aussi au centre de ses préoccupations. Puisque sa marque n’est pas genrée, il invite tout le monde à porter ses créations notamment ses sacs. Il regrette que cet accessoire soit associé au genre féminin : “Les vêtements n’ont pas de genre, je fabrique des sacs, je suis un homme et je compte bien les porter. Lorsque je fabriquerai des vêtements, ils n’auront pas de genre non plus.” Pour Léo, chacun devrait porter ce qu’il a envie de porter du moment qu’il se sent bien dedans.

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