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Les crypto-monnaies, l’enfer des traders ?


Les crypto-monnaies, l’enfer des traders ?


On leur prédisait un avenir idyllique, elles font aujourd’hui trembler le monde de la bourse et l’ensemble des investisseurs. Les monnaies virtuelles, dites « crypto-monnaies », voient leur valeur chuter drastiquement depuis plus d’un an. Si certains en déduisent l’amorce d’un effondrement, les crypto-monnaies tentent de s’imposer comme une alternative au système bancaire classique.

Qu’est-ce qu’une crypto-monnaie ?

Bitcoin, Ethereum ou autre Monero, les monnaies virtuelles sont de plus en plus diverses et variées. Cependant, leur fonctionnement est très proche. Anonymat, décentralisation et blockchain, les « cryptos » proposent une alternative au système bancaire classique. En effet, celles-ci sont intraçables et permettent donc tout type d’échange sans soucis d’identité ni de localisation. Les échanges se font directement d’acheteur à vendeur sans aucune intervention étatique ni bancaire. Néanmoins, la législation française prévoit une taxation sur le Bitcoin et l’ensemble des crypto-monnaies (contrairement à l’Allemagne où ces monnaies ne sont pas considérées comme des marchandises, des actions ou toute autre devise et donc non taxées). Les comptes de crypto-monnaies doivent êtres déclarés comme comptes à l’étranger et les revenus liés au trading de telles devises sont soumis à l’impôt sur le revenu. Ainsi, toute transaction jugée suspecte vers une plateforme de trading (kraken, eToro, etc…)  peut être déclarée par la banque auprès du fisc.
De plus, le cours des crypto-monnaies n’est régi que par la loi de l’offre et de la demande et est donc extrêmement volatil.
Les crypto-monnaies fonctionnent grâce à la blockchain, un système permettant de vérifier la véracité d’une transaction entre un utilisateur A et B. Lorsque l’utilisateur A effectue une quelconque transaction, celle-ci ne s’applique pas directement : elle est intégrée à un bloc et passe par un utilisateur tiers présent sur le réseau. Ce dernier mine, ce qui signifie qu’il met la puissance de calcul de son ordinateur à profit de la chain en échange d’une fraction de la monnaie minée.
La vitesse de transaction varie donc entre l’offre de minage et la demande de minage. Cela varie également entre les monnaies, un bloc d’Ethereum étant plus rapide à valider qu’un bloc de Bitcoin.

La spéculation comme principal moteur

Même si la gestion des crypto-monnaies échappe aux banques, le monde de la finance s’y intéresse de près. En effet, les crypto-monnaies étant soumises à la loi de l’offre et la demande, celles-ci sont perçues par les traders comme une vulgaire action qu’il faut acheter au plus bas et revendre au plus haut. Cela peut donc paraître intéressant au vu de l’essor que connaissent ces devises depuis l’apparition du Bitcoin (2009), première crypto-monnaie.
Cependant, les cours sont en chute libre depuis plus d’un an. Prenons l’exemple du Bitcoin. La valeur de ce dernier dépassait les 16 000 € en fin d’année 2017 pour ne désormais valoir plus que 3 000 €.
Alors comment expliquer cela ? Le retrait massif d’une majorité des spéculateurs (personne qui fait des opérations financières, commerciales pour tirer profit des variations du marché) du fait de l’instabilité des crypto-monnaies joue pour beaucoup. Par exemple, lorsque la Corée du Sud a annoncé en fin d’année 2017 vouloir accroître l’encadrement des monnaies virtuelles jugeant qu’elles « ne pouvaient pas jouer le rôle des monnaies réelles et que leur volatilité excessive pouvait entraîner des pertes considérables », le Bitcoin a perdu près de 20% de sa valeur en un jour (15 846,30 $ le 21 décembre 2017 contre 13 206,6 $ le lendemain).
Depuis, la tendance est à la baisse pour la grande majorité des monnaies virtuelles.
Certains spécialistes parlent donc des crypto-monnaies comme d’une bulle spéculative (situation où le cours des titres augmente fortement et atteint des niveaux jugés comme globalement excessifs en comparaison avec la valeur réelle des actifs) prête à éclater. Si cela venait à se produire, les cours diminueraient de manière drastique entraînant des pertes massives pour les investisseurs professionnels et particuliers.

Variation du cours de 23 différentes crypto-monnaies au 12 décembre 2018

La Suisse, nouvel eldorado de la crypto

Souvent présentée comme un paradis fiscal, la Suisse s’est imposée comme l’un des leaders du monde de la crypto-finance. La ville de Zoug est aujourd’hui le cœur de la crypto-valley, l’équivalent de la Silicon Valley pour les crypto-monnaies. Il y est possible de payer les impôts, les factures ainsi que les services du gouvernement en Bitcoin ou en Ethereum.
Cependant, l’objectif suisse est national : la confédération helvétique entend bien devenir la crypto-nation sous 5 ou 10 ans.
En effet, la Suisse favorise la ICO (Initial Coin Offering), c’est-à-dire le recours à des investisseurs étrangers sans passer par le système boursier. Néanmoins, de telles pratiques ne sont pas sans dangers. Tout d’abord, les entreprises faisant appel à ce système ne sont pas à l’abris de l’effondrement de la monnaie levée. Ensuite, de nombreux projets se résultent être des arnaques : le départ et l’arrivée des transactions étant intraçables, l’argent investi s’envole donc dans la nature (on compte une cinquantaine de plaintes par mois de la part d’investisseurs français arnaqués).

Voir aussi

Ainsi, si les crypto-monnaies s’avèrent être une façon plus moderne et peut-être plus simple d’échanger, leur volatilité et l’absence de garantie en font un danger important pour les investisseurs.

 

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