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Les Européennes #2 : l’Italie

Les Européennes #2 : l’Italie

Pour les élections européennes de 2019, le Pépère News essaye d’analyser et d’expliquer les enjeux de ces élections dans différents pays de l’Union Européenne. Aujourd’hui, place à l’Italie !

Les listes : Salvini partout, Di Maio en retrait

Avec 73 députés sortants et 76 entrants, l’Italie est le 3e pays à compter le plus de représentants (derrière l’Allemagne et la France).
Le pays se décompose en 5 circonscriptions : le nord-occidental, la province méridionale, le centre, le nord-oriental,et les îles.

Giorgia Meloni, leader de Fratelli d’Italia

À l’extrême droite de l’échiquier politique italien se trouve Fratelli d’Italia. Mené par sa présidente et députée Giorgia Meloni, ce petit parti compte bien faire figurer l’extrême droite au parlement européen (aucun représentant sortant). Les idées sont donc conservatrices et nationalistes, en témoigne son alliance nationale avec Salvini et européenne avec Orban.
Ironie de l’histoire, Jules César Mussolini (arrière-petit-fils du Duce) figure sur la liste de ce parti.

Grande favorite selon les derniers sondages, la Ligue de Matteo Salvini entend “changer les règles de l’Europe en mettant l’accent sur le travail, la famille, la protection de l’environnement, la défense des frontières” (Salvini). L’actuel ministre de l’Intérieur se présente comme tête de liste dans chacune des circonscriptions. Problème, le poste de député européen étant incompatible avec celui de ministre, il ne siégera pas à Strasbourg.

Matteo Salvini et Marine Le Pen prévoient un meeting commun le 18 mai à Milan

Ce mouvement d’extrême droite populiste devrait donc compter bien plus que ses 5 députés sortants.
Par ailleurs, Salvini tente de fédérer les mouvements d’extrême droite européens autour d’une alliance souverainiste.

 

Berlusconi (à gauche) et Tajani (à droite) main dans la main chez Forza Italia

Dans une droite plus traditionnelle se positionne Forza Italia de l’ex-président du Conseil Silvio Berlusconi. Ce parti compte 13 députés sortants et ne devrait pas dépasser la dizaine selon les derniers sondages. Berlusconi est tête de liste dans 4 des 5 circonscriptions,  Antonio Tajani, actuel président du Parlement Européen et vice-président de Forza Italia, l’étant au centre.

Forza Italia
se place en faveur d’une Europe forte qui doit être réaffirmée loin des “aspects bureaucratiques”.

 

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Luigi Di Maio, leader du M5S

À gauche, le Mouvement 5 étoiles ne comptera pas sur son leader et ministre du Développement économique et du Travail Luigi Di Maio. Contrairement à son acolyte de la Ligue, Di Maio ne fera pas office de tête de liste : le M5S en compte une par circonscription (Elonora Evi au Nord-Ouest, Viviana Dal Cin au Nord-Est, Fabio Massimo Castaldo au Cenrte, Laura Ferrara au Sud et Ignazio Corrao dans les îles).
Le M5S prône une Europe différente, notamment dans sa gestion.
Il compte 17 députés sortants.

Enfin, le Parti Démocrate. Ce parti se place à gauche politiquement et dénombre 41% des euro-députés italiens sortant (31). Il compte également une tête de liste par circonscription. (Giuliano Pisapia au Nord-Ouest ; Carlo Calenda au Nord-Est ; au centre Simona Bonfé au Centre ; Franco Roberti au Sud ; dans les îles Caterina Chinnici dans les îles).
Il se place en faveur de l’UE.

Les enjeux

Tout d’abord l’immigration. Ainsi, la Botte compterait 600 000 migrants irréguliers. Face à cela, Salvini entend durcir la politique migratoire mise en place par Bruxelles. Di Maio s’y oppose.
Autre point de discorde, la ligne de TGV Lyon-Turin. Financé à 40% par l’UE, ce projet à environ 8 milliards d’euros est ardemment défendu par Salvini. Di Maio souhaite enterrer cette idée.
Enfin vient la question économique. Bruxelles a récemment averti Rome de l’urgence économique du pays, évoquant un dérapage budgétaire “sans précédent“. La dette publique – que l’Italie s’est engagée à réduire à 126.5% du PIB à l’horizon 2021 – s’élève en effet à 131% du PIB.

Ces élections européennes sont ainsi susceptibles de valider le tournant populiste du pays. Les questions migratoires et économiques semblent au cœur du débat transalpin.

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