Les produits de la région Hauts-de-France à l’honneur au Salon International de l’Agriculture

Salon International de l'Agriculture :Le stand de la région Hauts-de-France.

Entre le 26 février et le 6 mars 2022 s’est tenue, à Paris Expo Porte de Versailles, la 58e édition du Salon International de l’Agriculture. Chaque année, ce rendez-vous incontournable pour de nombreux Français rassemble plusieurs milliers de visiteurs. Zoom à suivre sur la région Hauts-de-France. 

Le Salon International de l’Agriculture est de retour après une édition annulée suite à la pandémie. L’occasion pour certains d’admirer les plus belles races bovines, en lice pour les concours, découvrir les produits et saveurs de France ainsi que les services et métiers de l’agriculture. Dans une ambiance familiale, l’un des événements de l’année continue de séduire les plus jeunes comme les plus grands !

Une promotion des produits régionaux

Les passages sont remplis de monde en ce jour de semaine. La chaleur se fait ressentir à chaque entrée dans un pavillon. Parmi les neuf que compte le salon, le numéro trois regroupe les produits et saveurs de France. Les spécialités de toutes les régions sont partagées aux visiteurs par des dégustations. Les plus gourmands repartent même les mains pleines. Des habitués du Salon International de l’Agriculture, attablés à un restaurant de spécialités du Nord, nous confiaient qu’il leur avait manqué l’année dernière. Ce qu’ils continuent d’apprécier chaque année, c’est la mise en valeur de la “France profonde“. D’après eux : “Il n’y a pas que Paris, loin de là !” Les visiteurs des quatre coins du pays (re)découvrent ainsi des spécialités locales et en apprennent davantage sur le terroir. L’un d’eux termine par : “c’est bien de mettre en valeur des provinces qu’une majorité de Français ne connaissent pas.

En face du restaurant, se tient le stand de Philippe Roger. Il est le Président de l’organisation de gestion de l’origine Maroilles. Ce célèbre fromage fait partie des spécialités du Nord et de l’Aisne (Hauts-de-France). Le maroilles est un fromage au lait de vache. Son origine remonte à l’an 960 à l’abbaye de Maroilles. L’ancien fabricant nous explique brièvement son histoire : “Les manants devaient apporter le jour de la Saint Remi, des fromages fabriqués le jour de la Saint Jean. Ils frottaient les fromages et naturellement, les ferments se sont développés.” Les caractéristiques du maroilles sont sa dimension avec sa croûte rouge qui est due à une bactérie qui la colore.

Le stand du syndicat du maroilles AOP
Le stand du syndicat du maroilles AOP ©Etienne Diallo/ Pépèrenews

Derrière sa vitrine, l’exposant nous partage la tradition du maroilles. “L’Appellation d’Origine Protégée (AOP), c’est notre passion !” , s’exclame-t-il. Il continue : “L’AOP est une reconnaissance européenne de l’authenticité des produits. Il concerne avant tout des produits régionaux, ancestraux et de qualité. Le but à l’origine était d’améliorer les conditions financières des éleveurs dans des zones difficiles en ayant une appellation reconnue et protégée.” Le maroilles est sous l’appellation AOP depuis 1996. En effet, cette appellation est sous le contrôle de l’Institut National des Appellations d’Origine (INAO), qui regroupe des services juridiques et de protection au niveau international.

Un partage du terroir 

Julien Druet est un jeune agriculteur de Saint-Aubin dans le département du Nord. Pour participer au SIA, il faut avoir une vache dans les plus belles de la race – ici la Bleue du Nord – pour être sélectionné. Sa sélection est source de satisfaction personnelle : “Quand on peut venir au SIA, c’est une grande fierté !” Il est un habitué des lieux, défendant, avec ses parents, ses bovins depuis 2001 pour différents prix. La Bleue du Nord a une utilisation mixte, pour le lait et la viande. Environ 550 vaches sont inscrites à la sélection en France et à peu près 2000 en Belgique. Un programme de sélection transfrontalier s’est développé pour cette race peu présente en France.

“Quand on peut venir au Salon International de l’Agriculture, c’est une grande fierté !” – Julien Druet agriculteur de Saint-Aubin

Lors du confinement, l’exploitation a continué la vente directe de la ferme. “Il y avait plus de demandes lors de la pandémie“, explique-t-il. En effet, la consommation laitière a augmenté d’environ 5 % depuis 2020 pour l’exploitation. Il constate que cette tendance se dessine également au niveau national. La demande de lait est forte alors que la production diminue. En ce qui concerne l’élevage, Julien n’a pas senti de différence entre les deux années.

Un peu plus loin, vers le centre du pavillon 1, les étudiants en BTS hôtellerie restauration d’un établissement d’Avesnes-sur-Helpe se hâtent à la préparation de plats régionaux. Sous le regard admiratif de visiteurs, Frédéric, leur professeur, transmet sa passion. Cette édition est la neuvième pour le lycée. Il insiste sur “l’importance de représenter son département, ses produits, le terroir et le lycée avec la formation qu’il offre.” Pour les deux jours de présence au salon, les futurs cuisiniers réaliseront des recettes composées de différents produits, notamment avec trois races bovines représentatives du département du Nord. Par exemple, un plat à base de Blanc Bleu avec une sauce façon carbonade, autre spécialité des Hauts-de-France.

Le lycée hôtelier d'Avesnes-sur-Helpe au SIA
Le lycée hôtelier d’Avesnes-sur-Helpe au SIA ©Etienne Diallo/ Pépèrenews

Cet événement possède un double objectif pour les élèves. D’abord, celui pratiqué dans des conditions de salon. Le deuxième est pédagogique notamment par l’explication du métier aux visiteurs et les réponses aux questions. “C’est la deuxième fois que je viens, je trouve que c’est une expérience à faire, on est heureux de le faire et de représenter notre région !“, conclut une étudiante. 

L’état des entreprises et filiales de la région Hauts-de-France

Marie-Sophie Lesne, vice présidente de la région Hauts-de-France chargée de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Pêche nous dresse son constat sur la situation actuelle des agriculteurs dans la région. “On perd des éleveurs, la majorité a du mal“, selon elle. La Région n’a pas les moyens de compenser les pertes dues aux crises. Elle vise à soutenir le secteur, avec ses moyens dont elle dispose. L’élevage reste nécessaire pour garder une souveraineté agroalimentaire. Il participe cependant à environ 19 % des émissions de gaz à effet de serre. Pour Marie-Sophie Lesne, il ne faut pas décourager les consommateurs de manger de la viande, mais davantage à provenance locale. D’après l’élue, l’État craint les Régions, qui possèdent, selon elle une “intelligence économique et stratégique” dont il ne peut disposer. Elle ajoute : “Je regrette qu’aujourd’hui, on ne soit pas écoutés sur certaines problématiques.” Les Hauts-de-France présentent une position stratégique à l’échelle nationale. Ce hub de transport et de logistique permet de nombreux échanges pour une Région très productrice. En quelques chiffres, la filière pêche dans les Hauts-de-France regroupe environ 5 000 emplois directs et indirects. Le port de Boulogne est le premier port de pêche de France. La Région est également la première zone de transformation de poissons en France. Chaque année, 33 000 tonnes de poissons sont pêchées. Les protéines végétales sont peut-être un enjeu pour l’avenir, sachant qu’en 2050, environ 10 milliards de personnes habiteront sur Terre. En effet, 2/3 de la surface de la région est consacrée à l’agriculture. Ce marché reste à conquérir.

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