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L’horreur dans les salles au mois d’avril

L’horreur dans les salles au mois d’avril

Alors que viennent de sortir le dernier Disney produit par Tim Burton et le volet clôturant les aventures de nos Avengers, trois films d’horreur se sont installés dans nos salles ce mois-ci. Du coup, c’est parti pour un petit top ! 

#1 : Us

Jordan Peele avait déjà frappé fort avec son premier film Get Out,  récompensé aux Oscars, l’attente était donc de taille pour la sortie de Us. De plus, le réalisateur avait grandement alimenté la hype avec une bande-annonce largement diffusée ainsi qu’avec un titre marquant : ce « us » qui signifie « nous » afin de montrer que nous sommes notre propre ennemi (assez classique), mais qui fait également écho aux États-Unis. Il était donc intéressant de voir quelle critique il allait en faire.

Dès le démarrage du film, on reconnaît déjà la patte du réalisateur qui n’en est pourtant qu’à son deuxième film. Ce dernier arrive notamment à rendre des lieux accueillants et synonymes de bons moments (tels qu’une plage ou une fête foraine) particulièrement effrayants tant l’ambiance est pesante. Le film est légèrement plus sanglant que son prédécesseur mais l’horreur est ici totalement travaillée par le climat angoissant qui s’installe peu à peu à l’écran. Le jeu des acteurs se place également au centre de la réussite notoire de Us, on applaudit notamment la prestation marquante de Lupita Nyong’o dans le rôle d’Adelaide et de son double. L’enjeu du film était de rendre effrayants des « monstres » à l’apparence humaine, tout s’est donc joué dans la gestuelle de ces doubles troublants. Le travail sur la musique rajoute une réelle dimension au film qui contient pourtant une bonne dose d’humour dans les scènes où les personnages doivent faire face à ces intrus.

Malgré tout, le plot twist se veut assez prévisible mais n’empêche en rien de passer un très bon moment. Us est d’ailleurs le genre de film que l’on aimera regarder à nouveau afin de déceler les indices menant à l’aboutissement de l’intrigue. Tout comme dans Get Out, tout le scénario tourne autour d’une véritable métaphore sociale où la violence des classes est illustrée par les doubles : pour chaque personne qui profite, il y en a une autre qui subit et que l’on ignore.

Finalement, Us est sûrement l’un des meilleurs films d’horreur que l’on verra en salle cette année, sans pour autant être des plus effrayants.

#2 : Simetierre

Après le succès avéré de Ça, les réalisateurs Kevin Kölsch et Dennis Widmyer se sont décidés à adapter une nouvelle oeuvre de Stephen King, déjà livrée au cinéma en 1989.

Alors qu’une famille de Boston s’installe dans une région du Maine, elle ne tarde pas à découvrir un cimetière pour animaux dans les bois près de leur nouvelle demeure. Il s’avère que les terres de ce lieu peuvent ramener les morts à la vie… mais à quel prix?

Simetierre détient la bonne recette pour un film d’horreur classique : une mère traumatisée, un père médecin qui ne jure que par la science et apporte donc une dose de rationnel, un voisin mystérieux voire quelque peu flippant, ainsi que deux enfants innocents (et parfois stupides, on ne va pas se mentir). Je tiens également à ajouter qu’un chat n’a jamais été aussi flippant. Malgré le fait qu’il soit relativement prévisible sur de nombreux points, le film aime jouer avec nos attentes : dès que l’on pense que quelque chose est sur le point de se passer, il va tenter de nous prouver jusqu’au bout que nous avons tort mais cela finit par arriver.

Le film apporte une véritable réflexion sur la mort et interroge notre rapport à celle-ci : comment on la présente aux autres, notre premier contact avec elle, notre réaction lorsqu’on la rencontre… et nous fait presque espérer que la vie après la mort soit impossible, comme écrit sur le poster, « sometimes dead is better ».

On retrouve dans le film quelques clins d’oeil faits à Ça, notamment lorsque Rachel (la mère) passe devant un panneau annonçant la ville de Derry, là où le Club des Ratés mène un dur combat contre Pennywise.

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En résumé, Simetierre n’est pas des plus marquants, mais il reste néanmoins une bonne adaptation qui vous fera sursauter à plusieurs reprises. Par ailleurs, ne serait-ce pas là le début d’un Stephen King Cinematic Universe ?

#3 : La Malédiction de la Dame Blanche

La Malédiction de la Dame Blanche est le premier film du réalisateur James Chaves qui réalise également The Conjuring 3 qui sortira en septembre 2020. Il est donc le 6ème film à rejoindre l’univers cinématographique Conjuring, étant notamment relié à Annabelle car on y retrouve le père Perez, contacté dans le premier film par Mia et John afin d’exorciser le démon de la poupée.

Le film raconte l’histoire d’Anna, assistante sociale et veuve depuis peu, qui va placer en foyer d’accueil deux enfants que la mère est soupçonnée de maltraiter. Celle-ci est alors placée en garde-à-vue et le lendemain, les deux garçons sont retrouvés noyés. C’est à partir de ce moment que la Dame Blanche commence à s’en prendre aux enfants d’Anna…

La Dame Blanche étant l’une des premières légendes nous ayant effrayés durant notre enfance le film aurait pu s’avérer des plus angoissants. Seulement voilà : c’est un film vu et re-vu, qui s’inscrit dans la même ligne que La Nonne, que ça soit par la ressemblance du spectre dont seulement la couleur du vêtement est différente, où bien par la pauvreté de son scénario. En effet, ce dernier contient énormément de facilités et il est trop facile d’en deviner l’intrigue, il ne contient donc plus de réels enjeux. Par ailleurs, il est porté par un jeu d’acteur relativement moyen. Le film a également du mal à mettre en place une ambiance angoissante, un climat de tension. Il se repose bien trop sur les nombreux screamers qui traverseront l’écran et n’arrive donc pas à installer de malaise car ils sont trop prévisibles. L’horreur du film n’est donc portée que grâce à ces screamers et n’a rien de réellement transcendant.

Au final, La Malédiction de la Dame Blanche est juste un énième film sur une méchante entité tueuse d’enfants et qui, malgré le fait qu’il puisse vous faire bondir de votre siège en salle, sera oublié dès votre sortie.

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