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Lille Esport, la métropole lilloise dans la compétition de jeux vidéo

Lille Esport, la métropole lilloise dans la compétition de jeux vidéo

Une nouvelle structure e-sport, le sport électronique, a été lancée début mars par des étudiants lillois. Lille Esport souhaite représenter la ville dans le gaming français et a, d’ores et déjà, obtenu d’excellents résultats.

“On n’est pas là pour faire de la figuration. Si on va sur un jeu, c’est pour performer”, annonce Rayan Hanafi, co-fondateur de Lille Esport et manager général. Après le LOSC eSports, la nouvelle structure de sport électronique entend bien faire briller la métropole lilloise dans les compétitions de jeux vidéo. À l’initiative de ce projet, il y a trois étudiants : Rayan, Léo et Nelson. Tous originaires de Lille, ils se sont rencontrés au collège et nourrissent depuis trois ans la volonté de se lancer dans l’e-sport, à travers leurs études respectives en sport-business, communication et finance. Pourtant, s’imposer sur la scène compétitive des jeux vidéo n’est pas si simple, comme l’explique Rayan : “Ce n’est pas compliqué de lancer une structure, le problème c’est que l’on vient de nulle part. Il faut donc que les joueurs nous écoutent et qu’ils aient confiance”. Worker, une des recrues qui performe sur le jeu de voitures Trackmania, a ressenti cette prise de risque : “J’étais réticent du fait que la structure venait juste de se lancer. Mais petit à petit, je me suis dit que ça allait le faire et que je me lançais dans quelque chose d’assez concret.”

Le beffroi au cœur du projet

“On est des Lillois pure souche.” L’identité de la structure, par son nom, ses couleurs ou encore son logo, a été longuement réfléchie. “On s’est demandé ce qu’on voulait défendre. Qu’est-ce qui nous regroupe ? On vient tous de Lille, j’ai toujours vécu ici”, explique Ryan Hanafi. Dès lors, la ville est devenue centrale dans l’ADN du projet. Elle est représentée par la couleur rouge, accompagnée du noir pour se différencier de l’équipe du LOSC eSports. Le logo, blanc et noir, est composé d’une fleur de lys revisitée avec un beffroi en son centre. Rayan argumente ce choix : “On est Lillois, autant tout faire pour faire briller cette ville qui est portée vers le numérique avec Ankama, un fleuron du jeu vidéo, ou encore OVH, Nikon… On est une ville jeune et l’e-sport, c’est jeune !”. D’autant plus que le Nord semble à la traîne. Derrière une imposante rivalité entre la région parisienne et le sud de la France, la capitale des Flandres manque à l’appel. Une absence à laquelle Lille Esport souhaite remédier.

La fleur de lys et le beffroi présents sur le logo représentent la ville de Lille © Lille Esport

Mais au-delà de l’aspect purement sportif, la structure veut aussi participer au dynamisme du territoire, notamment en travaillant avec des marques de la région : “Nous voulons un impact local, et cela passe par exemple par des sponsorings”, décrit Rayan. En témoigne le partenariat déjà noué avec la marque de vêtement Art de Vivre, créée en 2018 par deux étudiants de la métropole lilloise.

Performer à tout prix

Lancée officiellement le 1er mars, la structure récente a déjà réussi à envoyer le joueur Bränk aux championnats du monde de Team Fight Tactics (TFT) qui se dérouleront les 7, 8 et 9 avril. Lille Esport est la seule équipe française à avoir réussi cet exploit durant les phases de qualification, bien que la structure originaire d’Aix-en-Provence IziDream sera également présente après avoir recruté un autre joueur français. Lille Esport a également misé sur Worker qui s’est qualifié pour la Trackmania Grand League (TMGL), équivalent de la ligue 1 de Trackmania. Pour Worker, c’était un véritable objectif de rejoindre le haut-niveau : “Je suis très heureux d’avoir gagné ! C’était mon but de passer en TMGL et la case est cochée !”

TFT et Trackmania sont ce qu’on appelle des jeux tiers 2-3 où on peut concurrencer les gros”, argumente Rayan. Sur des jeux dits “tiers 1”, c’est-à-dire très compétitifs, comme League of Legends ou Fifa, il est impossible pour une jeune structure de rivaliser avec le budget des grandes équipes. “On n’est pas là pour empiler les jeux, on veut des joueurs qui performent car c’est par la performance qu’on pourra grandir.” Dès lors, l’état d’esprit de la structure lilloise est clairement dirigé vers les résultats sportifs avant les bénéfices financiers : “L’argent n’est pas un but, c’est un moyen. Le but c’est de performer, l’argent est seulement un moyen pour y parvenir.” Pourtant, Lille Esport se considère bien comme une structure professionnelle, même si les joueurs ne le sont pas. “On est sur des contrats auto-entrepreneurs, les joueurs ne nous appartiennent pas. Ils sont rémunérés mais plutôt comme des semi-pros.” Pour un jeune joueur comme Worker, qui a seulement seize ans, c’est tout de même une véritable opportunité de signer à Lille Esport. “J’ai accepté l’offre car c’est la première fois que l’on me propose un contrat professionnel avec de nombreux avantages”, déclare-t-il.

Lille Esport 6
Rayan Hanafi souhaite porter Bränk jusqu’au titre de champion du monde © Twitter Lille Esport

Lille Esport voit grand, à plus ou moins long terme. D’abord en accompagnant Bränk vers un titre de champion du monde et en assurant une place en TMGL par le financement de Worker. Mais Rayan se montre plein d’ambition : “Notre vrai objectif de fin de saison, c’est de prétendre entrer en division 2 de League of Legends.” Lille Esport pourrait donc se lancer sur la scène e-sport la plus développée à l’heure actuelle pour tenter de porter les couleurs lilloises jusqu’à la plus haute ligue française du jeu, la LFL. Nous l’aurons compris, Lille Esport veut briller et évoque également un potentiel avenir sur des jeux comme Valorant, Rocket League ou Smash Bros. Par ailleurs, toujours dans l’optique d’avoir un impact local, Lille Esport développe l’idée à long terme de former des joueurs lillois par la création d’un centre de formation. “On voudrait aider des jeunes de 15 à 18 ans, tout en leur permettant de ne pas décrocher scolairement. Peu de personne y pensent en ce moment”. Ces objectifs sont stimulés par le départ réussi de la structure qui ne cache pas sa joie : “Rien qu’en deux semaines on a vécu des émotions incroyables, alors je n’imagine même pas dans quelques mois !”, conclut Ryan.

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