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L’Onde Théâtrale et son spectacle par et pour les étudiants

L’Onde Théâtrale et son spectacle par et pour les étudiants

Photo de la captation de la création Un Clown Confiné par les étudiants du conservatoire d'Arras ©Lucas Santerre

Depuis déjà quatre mois au conservatoire d’Arras, une troupe de six élèves répète une création originale à destination des étudiants : Un clown sans contact. Ce projet est porté par La Compagnie 8 et son dispositif “L’Onde Théâtrale”. Cette association culturelle, agrégée par l’Université de Lille, entend ramener la culture aux étudiants et lutter contre la solitude. 

Ramener l’art vivant dans l’intime par l’intermédiaire du radiophonique et du télévisuel : c’est l’objectif, peut-être ambitieux, que se fixe l’Onde Théâtrale. Les créations seront à retrouver prochainement sur leur Web TV. Déclinées en plusieurs épisodes elles sont nées de la rencontre entre un auteur du Nord et des étudiants en théâtre, puis filmées sous l’oeil vif de Roxane, vice-présidente de Radio Campus Lille.

“Ils répètent un spectacle qui n’aura pas lieu”

À la croisée du burlesque, du classique et même des marionnettes, ce spectacle collaboratif où rien n’est fixé se construit sur les textes de son metteur en scène Gilles Defacque, clown, comédien et directeur du théâtre du Prato à Lille. Il dirige ce qu’il appelle le “coeur clownesque” tout en laissant la place aux comédiens d’improviser à leur volonté. Ce travail en chantier bouge, évolue et respire tout en suivant une ligne directrice qui reste intacte : dédramatiser la situation sanitaire. Pour lui, la création d’une telle œuvre relève d’une forme de militantisme et d’action politique.

Gilles Defacques
Gilles Defacque, en pleine création artistique. © Lucas Santerre / Pépère News

Au cœur de ce projet réside l’ironie inédite d’une situation théâtrale forte : six clowns dans un théâtre sans spectateur. Pierre Clarar, professeur au conservatoire, présente ce projet comme un défi pour ses élèves. Ils doivent puiser l’énergie de leur jeu autre part que dans le public : “Ils répètent un spectacle qui n’aura pas lieu”. Iris, élève en CPES et déléguée de sa promo au conservatoire d’Arras, déclare que “c’est le spectacle vivant, c’est le spectacle qui s’adapte”Pour les comédiens dont on estime l’art non-essentiel depuis plus d’un an, jouer ce spectacle est une revalorisation, une chance, mais aussi l’opportunité de découvrir le clown. Alexandre, lui aussi en CPES, explique que c’est pour lui l’occasion de “donner vie à quelque chose de plus grand que nous et que le conservatoire”.

Un projet à portée sociale

Constat alarmant, un étudiant sur dix a pensé au suicide récemment. Rémy Laverseyn, coordinateur du projet, nous rappelle que celui-ci s’adresse aux “jeunes isolés au bord du gouffre”. Il prône la culture accessible “pour tous et pour toutes”. Une culture de proximité, locale, pour faire face à une période d’isolement, dans le présent et dans le futur, lutter contre la malnutrition culturelle des jeunes notamment. Le projet est financé par le Crous. L’objectif final est d’imprimer les textes des différents épisodes pour en faire un livre. 

Gilles Defacque, artiste à ses heures perdues, propose une exposition constituée de dessins, poèmes et photographies sur le thème de la crise sanitaire, accessible à la Bibliothèque Universitaire SHS de Pont de Bois depuis le 23 avril.

Le Pépère News et La Compagnie 8 ont signé une convention de partenariat non financier.

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