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L’union de la gauche et des écologistes attaque Xavier Bertrand

L’union de la gauche et des écologistes attaque Xavier Bertrand

L’union de la gauche et des écologistes poursuit sa course aux régionales. Ce mardi 13 avril, elle a organisé une conférence de presse sur Zoom, Covid oblige. Le but était de faire le bilan du mandat de Xavier Bertrand. Ou s’agit-il plutôt d’un dépôt de bilan ?

Dans le jeu des élections, le premier pion est avancé. La conférence de lancement de la campagne du 26 mars avait annoncé la couleur. La stratégie : décrédibiliser l’adversaire. Le but : s’imposer comme une évidence, face aux défaillances passées. Le projet est donc inauguré par un procès. Celui de Xavier Bertrand, président du conseil régional des Hauts-de-France depuis cinq ans.

Critiques de fond, attaques en règle et piques politiciennes virevoltent dans une ambiance fraternelle et conquérante. Katy Vuylsteker, chef d’orchestre de la conférence de presse, donne la parole à la dizaine de colistiers. Tour à tour et point par point, ils démontent méthodiquement le bilan de Xavier Bertrand. Postés devant des lieux phares de leurs terres, symbolisant les clés de leur plan d’action, ils accusent. 

Ainsi, devant le parc éolien de Montdidier, Catherine Le Tyrant condamne la baisse du budget alloué à l’environnement, de 37 millions d’euros à 16 millions en cinq ans. Depuis son verger d’Achicourt, Alexandre Cousin regrette la politique agricole : “La maison brûle et Xavier Bertrand regarde ailleurs.” Au premier plan d’un lycée professionnel de Wasquehal, Benoît Tirmarche dénonce un bilan en matière d’éducation “pas très fameux, plutôt fumeux”. Il renchérit : “Xavier Bertrand, c’est un quart de budget en moins sur tout le mandat, 50 millions d’euros en moins tous les ans.” Depuis Creil où il est urgentiste, Loïc Pen rit jaune : “Le bilan de Xavier Bertrand en matière de santé, c’est simple : il n’y en a pas.”

Karima Delli, tête de liste, assiste à ce tour d’horizon d’un œil éveillé. Elle conclut: “Pendant six ans, Xavier Bertrand a eu les coudées franches, une majorité à la botte, une opposition inexistante, et il n’a rien fait.”

Dix contre un

La genèse du projet, c’est d’unifier la gauche. Sa force : la diversité. Les colistiers sont implantés partout sur les terres du Nord. Ils sont graphiste, apiculteur, enseignant en éducation prioritaire, maître de conférence en économie, professeur, artiste, médecin urgentiste. Citoyens engagés, élus locaux et professionnels de la politique font corps. Une liste éclectique, mais qui semble soudée, rangée derrière les mêmes espoirs. Le nerf de la guerre, c’est le climat et l’emploi. 

Mais en ce mardi, les quelques propositions du programme sont diluées dans un torrent de mépris. Xavier Bertrand en prend pour son grade. Il est attaqué sur son inaction, qualifié “d’homme du passif et du passé”, qui “semble faire mais qui fait semblant”. Les colistiers mettent en garde sur un coup de communication permanent et des ambitions présidentielles délétères.

“Pendant six ans, Xavier Bertrand a eu les coudées franches, une majorité à la botte, une opposition inexistante, et il n’a rien fait.” – Karima Delli 

Après une charge aussi lourde, des questions demeurent. Le procès d’un seul homme n’est-il pas trop réducteur ? Quelles réponses concrètes la gauche propose-t-elle, à la hauteur d’accusations aussi éclaboussantes ? Ne font-ils pas le jeu du Rassemblement National, en vilipendant son adversaire principal ? Des interrogations en tirade, que la divulgation d’un programme précis viendrait faire taire.

Le Rassemblement National, l’ennemi numéro un ? 

L’objectif est clair : se frayer un chemin entre l’extrême droite et la droite libérale. Des adversaires qui ne semblent pas effrayer Karima Delli, d’ores et déjà présentée par son équipe comme “la future présidente de région”. Un optimisme osé, quand on sait que la gauche était totalement absente de l’hémicycle ces cinq dernières années.

Si les gauches se sont rassemblées, c’est pour être plus forts face aux deux géants politiques de la région. Que faire, donc, en cas de troisième position au premier tour ? Se retirer, comme en 2015, pour faire barrage au Rassemblement National ? Ou refuser d’alimenter les votes de Xavier Bertrand ? Le scénario ne semble pas envisagé par Karima Delli : “Nous ne sommes pas là pour témoigner, nous sommes là pour aller chercher la première place du podium.”

Enfin, comment convaincre les jeunes, qui votent en masse pour le RN et s’abstiennent ? La gauche espère répondre à leurs préoccupations. Les chevaux de bataille : le climat et l’emploi. Des sujets qui touchent. En effet, les marches pour le climat fédèrent la jeunesse, et un jeune sur six, selon l’INSEE, est au chômage dans les Hauts-de-France. 

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