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Manifestations à Hong Kong : on vous explique tout

Manifestations à Hong Kong : on vous explique tout

Depuis trois mois, les manifestations secouent Hong Kong. Agressions de manifestants dans le métro, répression violente des forces de l’ordre… mais alors, que se passe-t-il ? Pas de panique, le Pépère News vous explique tout (et en détail.)

Un peu d’histoire…

Pour expliquer la situation actuelle à Hong Kong, il faut revenir un peu en arrière… jusqu’au XXème siècle. À cette époque, Britanniques et Chinois se sont livrés deux guerres lors desquelles l’Angleterre a fini par prendre possession de Hong Kong, située au sud-est de la Chine continentale. Cette nouvelle colonie évolue ainsi vers une démocratie libérale et son économie explose. Seulement, la guerre prend fin en 1898 et les deux États décident alors du sort de Hong Kong, qui restera une colonie britannique pendant encore 99 ans, jusqu’en 1997.
Comme prévu, Hong Kong est rétrocédé à la Chine le 1er juillet 1997, mais une condition est posée par les Britanniques : le territoire doit conserver son système économique propre ainsi que son mode de vie (liberté d’expression, liberté de la presse… bref, les libertés fondamentales) pendant 50 ans, jusqu’en 2047. C’est le système “un pays, deux systèmes”. Hong Kong devient alors un territoire semi-autonome et profite d’une liberté qui n’existe pas en Chine. Ainsi, elle a sa propre loi continentale, son propre système judiciaire et sa propre monnaie (le dollar hongkongais).

Des antécédents…

Dans la Constitution du territoire, il était en principe prévu que des élections démocratiques libres aient lieu au suffrage universel, mais ce type de scrutin n’a jamais été instauré. Au pouvoir depuis 2017, Carrie Lam est considérée comme pro-Pékin par la population Hongkongaise. Depuis une dizaine d’années, les dirigeants chinois limitent l’indépendance de Hong Kong, d’autant plus depuis l’arrivée de Xi Jinping à la tête de la Chine en 2013. Craignant que les citoyens Chinois ne finissent par vouloir prendre exemple sur le système démocratique de Hong Kong, le tout-puissant président s’immisce de plus en plus dans les affaires politiques du territoire semi-autonome.

En 2014, l’implication de Pékin avait déjà soulevé un grand mouvement de manifestations à Hong Kong. En effet, la Chine proposait à l’époque de modifier la législation afin de garder un contrôle sur les élections et de valider les candidatures proposées. Ce sont alors des dizaines de milliers de gens qui sont descendus dans les rues pour protester. La répression par les forces de l’ordre fut violente, les leaders emprisonnés. Les manifestants vont même jusqu’à utiliser des parapluies pour se protéger des gaz lacrymogènes, donnant son nom à la “révolution des parapluies”. D’une durée de 79 jours, le mouvement avait alors renforcé le sentiment anti-Pékin grandissant à Hong Kong.

Et aujourd’hui?

C’est un nouveau projet de loi qui a poussé les gens à descendre dans la rue. Celui-ci consistait en effet à simplifier les procédures d’extradition (“un État livre l’auteur d’une infraction à un État qui le réclame pour qu’il puisse y être jugé“, Wikipedia) vers des pays tiers comme la Chine, Macao, ou Taïwan. Hong Kong disposait déjà alors de conventions d’extradition vers une vingtaine de pays, mais ce qui a réellement inquiété la population, c’est la Chine, car les opposants au Parti communiste chinois sont nombreux.

Depuis le 9 juin, les manifestations perdurent. Face à la répression policière, les manifestants ont développé de nombreuses techniques : utilisation de lasers pour perturber la visibilité des forces de l’ordre et des caméras, des gens laissent des vêtements ainsi que de l’argent dans les bouches de métro afin que les manifestants puissent se changer pour ne plus être reconnaissables et n’aient pas à payer leur ticket avec leur titre de transport ou leur carte bancaire à leur nom… Armés de films plastiques qu’ils entourent autour de leurs membres pour éviter l’irritation des gaz lacrymogènes, ils vont jusqu’à créer des barrières entre les poteaux de la rue avec afin de ralentir la police. Les manifestants appellent jusqu’au boycott de Pokemon Go ou encore de Tinder.
L’artiste chinois militant Ai Weiwei s’est d’ailleurs exprimé sur le sujet des violences policières après que Donald Trump a annoncé qu’il n’allait pas interférer dans les affaires entre Hong Kong et la Chine :

“les policiers sont devenus plus brutaux, ça va coûter plus de vies et plus de sang”. (TRT World)

Voir aussi

Après dix week-ends consécutifs de manifestations et de répressions policières d’une rare violence, un sit-in a été organisé le 12 août dans l’aéroport de Hong Kong (8ème aéroport international le plus fréquenté). Celui-ci a rassemblé plus de 5.000 personnes sur cinq jours et a conduit à l’annulation de tous les vols.

Le dimanche 18 août, une marche pacifique réunissant plus de 1,7 million de manifestants (sur une population de 7,4 millions d’habitants) a eu lieu afin de palier aux accusations de terrorisme lancées par le gouvernement chinois. C’est l’une des manifestations les plus importantes depuis le début du mouvement au cours duquel plus de 700 personnes ont déjà été arrêtées.

Actuellement, le projet de loi est suspendu. Néanmoins, les manifestants ont d’autres revendications. Parmi elles, la demande d’un suffrage universel, l’amnistie pour les personnes arrêtées, la démission de Carrie Lam (jugée trop dépendante de Pékin), et la suppression du projet de loi. Inquiets pour leurs libertés, ils continuent toujours de dénoncer la présence de la Chine qui ne cesse d’influencer leur territoire semi-autonome.

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