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Munich’tipales #5 : à Roubaix, le refus des alliances et la division

Munich’tipales #5 : à Roubaix, le refus des alliances et la division

Quatrième commune la plus peuplée de la région avec ses 97 000 habitants, Roubaix, “la ville contraste” s’apprête à se rendre aux urnes ce week-end. En 2014, la surprise a été grande lorsque la ville s’est tournée à droite avec l’élection du maire Guillaume Delbar, face à une gauche désunie. Va-t-on assister à sa réélection ? Ou la gauche va-t-elle réussir à reprendre en main la ville ? Zoom sur les onze listes de Roubaix et leurs programmes.

Ville où le taux d’abstention atteint des records (61 % en 2014), l’avenir de Roubaix risque de dépendre de l’abstentionnisme et du manque d’union des listes de gauche, dont les rancœurs mènent à douter d’une potentielle alliance au second tour. Les Roubaisiens vont devoir se démêler les pinceaux au milieu de la multiplicité des listes aspirant à siéger à la mairie.

“Roubaix Avenir”

Sans surprise, le maire Guillaume Delbar se représente. Soutenu par LREM, les Républicains (LR) et le MoDem, son programme entend poursuivre l’action entamée en 2014, notamment en matière de sécurité et de propreté. On retrouve dans son programme la volonté de créer des espaces verts et des zones cyclables, en lien avec la question écologique, et de réhabiliter les espaces abandonnés roubaisiens.

“Unis pour Roubaix”

À la tête d’une liste “d’union de la gauche” avec le PCF, le PS et Génération.s, Christiane Fonfroide mène la liste de “Unis Pour Roubaix”. Le collectif entend porter “le projet citoyen urgent d’une gauche écologiste et humaniste”. Notions phares de ce programme : l’éducation et la jeunesse, avec l’ouverture d’une Maison de l’éducation, mais aussi  la lutte contre le réchauffement climatique avec des transports gratuits. Face à la délinquance, on mise sur la présence humaine dans les quartiers et la prévention plutôt qu’une multiplication des caméras de vidéosurveillance. L’un des grands projets défendus est enfin la création, dans l’ancienne Banque de France, d’un incubateur d’entreprises innovantes en matière de transition écologique.

“Décidez pour Roubaix”

Dirigé par Paul Zilmia, le collectif “Décidez pour Roubaix”, soutenu par La France Insoumise, veut faire entrer les habitants des quartiers populaires au conseil municipal. Le programme s’appuiera sur leurs priorités, au premier rang desquelles le logement : en agissant contre les bailleurs, le collectif souhaite remettre des logements vacants sur le marché et “remettre à plat” le programme de rénovation urbaine en cours à l’Épeule et l’Alma.

“Marc Dubrul pour le NPA”

Après avoir fait face à des difficultés pour rassembler ses 53 noms, la liste anticapitaliste met au cœur de son programme les luttes sociales et la défense des classes populaires. En présentant une liste à Roubaix, les anticapitalistes s’engagent à mettre en place une démocratie directe avec “la constitution de véritables conseils de quartier“. Leur objectif de lutte sociale s’illustre par leur volonté de lutter contre le logement indigne. Les anticapitalistes veulent notamment combattre la politique de la majorité sortante en matière de rénovation urbaine qui consisterait, à leurs yeux, à “chasser les pauvres”.

“En Vert et Solidaire”

La tête de liste Christian Carlier, candidat EÉLV, mène une “une liste verte, ouverte et citoyenne”. Au cœur du programme des Verts, on retrouve évidemment la notion de transition écologique, garante de la justice sociale. Elle est portée par une offre de démocratie de proximité (avec des structures collectives de participation dans les quartiers notamment). Le but : que Roubaix retrouve toute sa place dans la Métropole. On relève aussi un volontarisme sur le plan de l’écologie (plantations, développement des modes de transport doux).

“Allez Roubaix”

C’est André Renard que l’on retrouve à la tête de cette liste de divers gauche. Son objectif : dépasser les divisions de 2014 pour éviter un nouveau fiasco de la gauche. Cela passe par la conception d’un programme socialiste ambitieux avec la création “d’un un deuxième poumon vert” en rénovant complètement le parc des sports, un des principaux enjeux des élections. Il est aussi question de la création d’un revenu universel d’existence.

“Roubaix en Commun”

À la tête de cette liste divers gauche, Karim Amrouni. L’idée principale : bâtir un groupe qui ressemble à la ville et mettre en avant la laïcité et les valeurs républicaines. La liste regroupant une diversité d’engagés : des socialistes comme Mehdi Chalah, des membres de Nouvelle Donne, du PRG, des centristes, mais aussi des représentants de “la droite sociale et républicaine”. Cet aspect hétéroclite doit représenter la multiplicité de la ville. Ainsi, il souhaite créer “un parlement citoyen pour évaluer les politiques publiques” sur ses différents projets.

“Réinventons Roubaix”

La “liste apolitique” de Sylvane Verdonck articule son programme autour de deux projets. Le premier, appliquer la gratuité de la cantine scolaire pour tous jusqu’à la fin de l’école primaire. Le deuxième : s’attaquer au logement, notamment en réhabilitant les locaux vacants. Il est aussi nécessaire de mettre de la vie dans les quartiers. Elle imagine notamment une Maison des Jeunes et de la Culture numérique dans l’ancien bâtiment de la Maison de l’Emploi à l’Alma, vide depuis quelques années.

“En Avant Roubaix”

Maël Camerlynck, dirigeant la liste divers droite soutenue par “Debout La France”, veut “incarner la droite populaire” face à la “droite molle et laxiste” du maire sortant Guillaume Delbar (ex LR). Dans son programme, il souhaite donner la priorité à l’emploi et sa mesure phare sera de “réindustrialiser Roubaix” pour recréer des emplois correspondants au faible niveau de qualification des habitants.

François Delarbre pour Lutte Ouvrière

La liste Lutte Ouvrière souhaite créer un projet collectif avec pour ambition de “régler les problèmes de l’organisation sociale” mais ne présente pas de réels projets. Le but : acquérir des élus, mais pas la municipalité.

Rachid Rizoug pour une liste Divers Gauche

“La politique, ce n’est pas un rapport de forces mais un rapport d’idées”. C’est du moins ce qu’affirme Rachid Rizoug, qui souhaite créer à Roubaix une démocratie directe avec des assemblées citoyennes, une pour chacun des cinq quartiers.

Philippe Lambiotte pour le RN

Le conseiller régional RN des Hauts-de-France, Philippe Lambilliotte, mènera la liste du Rassemblement national à Roubaix. Le leader de la liste targue “sept plaies” qu’il entend combattre : le chômage, la pauvreté, l’insécurité, la propreté, les incivilités, le mal logement et le communautarisme.

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