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Nathalie Loiseau, vol au-dessus d’un nid de fachos

Nathalie Loiseau, vol au-dessus d’un nid de fachos

Deux ans après la présidentielle de 2017 qui fut chamboulée par des scandales en tous genres, le peuple français se trouvait démuni d’informations croustillantes qui relanceraient la future échéance électorale. Mais c’était sans compter sur le poil à gratter de la politique, Médiapart, qui, une fois n’est pas coutume, s’est attaqué au gros poisson des élections européennes : La République En Marche.

Progressistes ? Vraiment ?

Nathalie Loiseau. Ce nom ne vous dit peut-être pas grand-chose. Pourtant, cette femme de 54 ans, fidèle d’Emmanuel Macron, possède un CV bien fourni : directrice de l’ENA, puis ministre des Affaires européennes, avant d’être officiellement intronisée tête de liste du parti présidentiel aux élections européennes de 2019. Une carrière parfaitement tracée. Depuis, Mme. Loiseau tient bien évidemment le fameux discours de son camp en vue des futures élections : l’échéance européenne, c’est progressistes VS nationalistes ! Autant dire, La République En Marche est LE grand parti pour faire barrage au Rassemblement National, aux Patriotes ou encore aux Républicains menés par François-Xavier Bellamy.

La lutte contre le nationalisme et le populisme. C’est donc quasiment uniquement sur cet enjeu que LREM base sa campagne européenne. Et dans le même temps, Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur le jour, ambianceur de dance floor la nuit, est fait adhérent d’honneur du groupuscule d’extrême-droite Génération Identitaire pour avoir déclaré que des ONG de sauvetage de migrants “ont pu se faire complices” des passeurs en Mediterranée… Faire barrage à l’extrême-droite en tenant un discours d’extrême-droite, nous ne vous cachons pas que c’est une technique à laquelle nous n’aurions jamais pensé.

Loiseau étourdie…

Enfin bref, passons le balai sur cette énième erreur de communication de M. Castaner, et intéressons-nous pleinement aux Européennes, des élections d’une haute importance, malgré le peu d’intérêt qu’elles suscitent.

Une fois la campagne lancée, nous essayons, comme tout bon individu qui tente de s’intéresser à la vie politique française, de cerner le personnage de Nathalie Loiseau. Qui est cette tête de liste du parti présidentiel ? D’où vient-elle ? Pourquoi elle ? Nous avons obtenu nos premiers éléments de réponse lors du simulacre de débat télévisé entre les 12 principales têtes de liste françaises. Ce fut un naufrage collectif, où très peu réussirent à sortir la tête de l’eau, mais où certains parvinrent à s’enfoncer tellement profond qu’ils trouvèrent du pétrole. Et ce fut le cas pour la pauvre Nathalie Loiseau. Incapable de détailler ses propositions de manière limpide et intelligible, impuissante face aux attaques de ses comparses : elle a montré qu’elle n’avait pas la carrure pour sortir du lot en tant que leader d’une telle liste.

Nous avons bien voulu lui laisser une seconde chance, mais même lors d’interviews, le flou de ses paroles et l’utilisation de termes trop techniques et d’enjeux trop éloignés du quotidien de la majorité des Français ne permettaient pas de rassembler derrière elle. Et, cerise sur le gâteau, lors du malheureux incendie de la cathédrale Notre-Dame, Loiseau a déclaré que c’était un peu notre 11 septembre d’une certaine manière. Or, ce n’est comparable d’aucune manière.

…fauchée en plein vol par le vautour Mediapart

Objectivement, vous l’aurez compris et vous le partagerez sûrement, la campagne menée par la tête de liste LREM est loin d’être une réussite (même s’il est possible que j’extrapole un peu). Il ne manquait plus que le coup de massue pour la discréditer une dernière fois. Et ce fut Mediapart, le spécialiste en la matière, qui s’en chargea, un joli lundi de Pâques, pendant que les Français se goinfraient de leurs délicieux œufs en chocolat. La révélation est forte : Nathalie Loiseau a été candidate sur une liste d’extrême-droite lorsqu’elle était étudiante de Sciences Po. 

Pouvions-nous faire pire ? Apparemment, non. Celle qui mène la liste se définissant comme le rempart face à l’abominable extrême-droite figurait elle-même sur une liste d’extrême-droite dans sa jeunesse. La perte de légitimité est totale, et pour elle, et pour son parti. Bien qu’elle ait essayé de se justifier, en niant les faits, puis en prétextant l’amnésie, avant de reconnaître que ce fut une erreur, il semblerait que le mal soit fait.

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Le scandale de ces élections est donc tombé, et il a frappé le parti à la tête du pays. Cependant, il n’est pas certain que cela ait des répercussions directes sur les résultats des Européennes, tant les électeurs sont surtout des militants plus ou moins proches de leurs partis. Les futurs sondages nous donneront une idée de l’ampleur de ces révélations, mais une chose est sûre : le clivage nationaliste/progressiste en prend un coup et semble totalement biaisé. 

En bonus, la réaction de Ian Brossat, tête de liste du Parti Communiste aux Européennes, qui compare Nathalie Loiseau au cycliste Richard Virenque, qui se serait dopé à l’insu de son plein gré…

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