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Oh Manu, si tu savais…

Oh Manu, si tu savais…

Si vous vous posez la question, non, je n’ai pas fait une sieste d’un mois. C’est juste que depuis l’annonce de Manuel Valls quant à sa candidature à la mairie de Barcelone, j’ai beaucoup réfléchi. J’ai pris mon temps, me disant qu’il fallait que je sois soft dans mes propos. Je vais essayer en tout cas.

Manuel Valls, c’est un peu le tonton relou aux fêtes de famille. Celui qui va te faire la morale quand tu vas mettre un 3-0 à son fiston sur FIFA, en te disant “oui mais tu vois Hugo, pense à lui, il va être triste s’il perd.” Au lieu de lui balancer ta manette à 50 balles dans la gueule, tu te fais petit, en te disant que ça passera. C’est à cela que se résume sa carrière politique : servir les intérêts des siens.

Pourtant tout commence bien dans la vie de Manuel, né il y a 56 ans de cela à Barcelone. Il est entouré de personnes respectables : tandis que son grand-père cachait des prêtres persécutés par les trotskistes durant la guerre civile, un cousin de son père compose l’hymne indémodable du grand Barça qui résonne encore aujourd’hui dans les têtes des 90.000 spectateurs du Camp Nou. Ses débuts politiques sont à l’image des premières années de sa vie : il est sur la bonne voie la Manu. Il fait ses classes derrière Rocard dès l’âge de 17 ans, et gravit les échelons petit à petit, au PS mais aussi chez les francs-maçons. Sa première grande consécration arrive en 2001, lorsqu’il est élu maire d’Evry. Et les emmerdes commencent : triplement des effectifs de police et armement des policiers, exclusion de Roms, interdiction d’un supermarché Halal, généralisation des caméras de surveillance… Bref, une bonne politique de gauche. Mais ça a l’air de déranger personne au PS.

En 2007, Valls se voit offrir un poste sous le gouvernement Fillon. C’est dire la droite-attitude du mec. Solfé ne bronche toujours pas. Puis premier échec cuisant aux primaires de 2011, éliminé dès le premier tour avec même pas 6% de voix. C’était bien la peine de se foutre de la gueule d’Hamon. Le catalan se range donc derrière le gentil François, sachant déjà qu’il allait le bouffer. Arrivé au pouvoir, Hollande nomme Valls au ministère de l’Intérieur : la débâcle peut commencer. Affaire Leonarda, sorties médiatiques sur les Roms controversées, lutte personnelle contre Dieudonné… Valls collectionne les conneries, et se voit ainsi récompensé du rôle de chef du gouvernement.

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Ce quinquennat enfin terminé, Valls perd à nouveau les primaires, en même temps que son honneur, vient dormir sur le canapé d’En Marche qui ne veut pas le récupérer telle une ex relou, et est élu député dans le chaos le plus total. Tout ça ? Pour rien. Le 25 septembre dernier, Manuel Valls coupe court à son mandat de député pour se barrer de l’autre côté des Pyrénées, dans sa ville natale. Son ambition : être élu maire des Barcelonnais.

Je ne vais pas te souhaiter l’échec Manuel, tu l’as trop souvent connu dans ta vie. Je voudrais juste te dire à toi, le jeune Barcelonais, qui aime faire la fête jusqu’à 3 heures du mat’ le long de la Barceloneta, qui sait que la vie a le même goût qu’un plateau de charcut’ de la Boqueria, et qui défend son petit bout de territoire comme Carles Puyol défendait sur la pelouse du Camp Nou, je voudrais te dire une seule chose : ne te fais pas niquer comme nous nous sommes faits niquer.

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