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Olivia, le distributeur lillois pour prendre des encas locaux

Olivia, le distributeur lillois pour prendre des encas locaux

Encas proposés dans les distributeurs Olivia

Et si des distributeurs lillois vous proposaient bientôt des viennoiseries fraîches du jour et des boissons locales ? C’est le pari que se sont lancés quatre étudiants depuis un an. Pains au chocolat, croissants, mais aussi cookies et jus de fruits, une trentaine de déclinaisons de produits artisanaux sera bientôt proposée par les distributeurs Olivia.

L’idée de proposer aux étudiants et aux travailleurs des encas locaux et plus sains qu’un soda ou une barre chocolatée, c’est Baptiste Breton qui l’a eue en février 2020. Cet étudiant en troisième année de commerce à l’IESEG de Lille a rapidement dû s’entourer pour mener à bien son projet car en seulement un an, l’idée s’est concrétisée en véritable start-up. Il sera désormais possible de grignoter sain et local sur les campus, dans les résidences universitaires mais aussi dans les locaux d’entreprises volontaires. Un premier essai devrait avoir lieu sur le campus de l’IESEG et d’ici septembre 2021, ce sont dix distributeurs qui devraient fleurir dans la métropole lilloise.

Baptiste et Anna, associés de la start-up Olivia
Baptiste, le fondateur de la start-up Olivia, et Anna, en charge de la communication. © Sandra Bouillard

Il y a d’abord eu Sage et Guillaume, deux étudiants ingénieurs, qui sont venus épauler Baptiste dans son projet. Ils se sont chargés de toute la partie technique, de la technologie du distributeur jusqu’au terminal de paiement. Anna, étudiante à Paris Dauphine, a aussi rejoint l’équipe pour lancer la communication sur les réseaux sociaux et sur le site web. Les quatre étudiants se sont associés et si pour l’instant ils ne se versent pas de salaire, ils espèrent à terme que leur investissement payera.

Un combo écolo-local à prix abordable

Pour se démarquer, les quatre passionnés misent tout sur une alternative locale et artisanale aux distributeurs d’encas industriels. Au départ, si Baptiste n’avait pas vraiment été pris au sérieux par la quinzaine d’artisans boulangers démarchés, il a finalement su trouver une boulangerie capable de répondre à ses attentes. C’est donc la boulangerie lilloise “Maison Papillon” qui sera chargée de répondre à la demande. Pour faire le lien entre la fabrique et le point de vente, ce sont les coursiers de Flandres qui seront chargés d’alimenter quotidiennement les distributeurs Olivia, à vélo. Un circuit court et une logistique verte importante d’un point de vue écologique mais aussi économique pour pouvoir proposer des produits toujours frais et abordables.

“Les produits proposés ne sont vendus que 10 ou 20 centimes de plus qu’à la boulangerie ; un prix pour avoir de la qualité directement à portée de main”, explique Baptiste, qui s’est fixé avec son équipe une limite maximale de 2,5 euros par produit qu’ils ne veulent pas dépasser. Mais Olivia ne sera pas qu’un distributeur de viennoiseries. Les jus de pomme seront aussi de la partie et la gamme devrait rapidement s’étendre avec des limonades de Liévin et des thés glacés bio, selon les retours des futurs clients.

Les créateurs d’Olivia ont pour but de proposer une mini boulangerie en libre-service et d’avoir de l’interaction avec les consommateurs via les réseaux sociaux. Sur Instagram, l’équipe sonde les intéressés pour connaître les produits qu’ils aimeraient retrouver dans les distributeurs. Cette envie de proximité se retrouve dans le nom de la start-up. Pour Baptiste, “le choix du prénom « Olivia » interpelle mais en général on ne l’oublie pas ! On voulait un prénom pour humaniser le distributeur et notre concept. Ce prénom français est le reflet du made-in France que l’on propose, en moins traditionnel que « Paul ». Le choix d’un prénom féminin est aussi réfléchi. “Avec Anna, on s’est rendus compte que les boulangeries avaient des noms masculins et qu’il y a le stéréotype du boulanger qui fait le pain et de la boulangère qui vend. Olivia c’est un moyen de mettre en avant les boulangères.”

Un fonctionnement innovant et une démarche solidaire

Sage et Guillaume se sont occupés de concevoir le distributeur, qui est différent des modèles déjà existants sur le marché. Pour se servir dans un distributeur Olivia, il faudra biper son smartphone ou sa carte bancaire afin de déverrouiller la porte. Là, il ne restera qu’à se servir d’autant de produits que désirés puis une fois la porte refermée, le montant sera débité du compte. Grâce à la technologie et au poids de chaque article, le distributeur sera capable de calculer le montant de l’achat automatiquement.

L’équipe a déjà réfléchi au risque d’invendus et a noué un partenariat avec les Restos du Coeur de Lille. Pour Baptiste, il est inconcevable de jeter, alors “plutôt que de gaspiller, nous ferons don de nos produits qui seront ensuite redistribués via l’association”.

Être étudiant et entrepreneur

Si la pandémie est venue quelque peu ralentir le développement du projet, elle est loin d’y avoir mis un coup d’arrêt. “Vu qu’on produit notre propre technologie, la pandémie a plutôt eu un impact sur la fourniture des pièces dont on avait besoin. Mais aujourd’hui ça a repris, les délais d’acheminement sont vraiment courts même pour des pièces spécifiques”, détaille Baptiste. Par contre, la start-up espère un retour rapide en présentiel, que ce soit au travail ou à l’école, puisque leur clientèle en dépend.

“Si en tant que chef de projet je ne me donne pas à 200%, comment espérer motiver le reste de l’équipe ?” – Baptiste Breton

Mais pour l’heure, l’équipe ne s’inquiète pas et n’est pas peu fière du chemin parcouru jusqu’à présent. “Il y a des moments qui ont été difficiles, mais impossible de baisser les bras car si en tant que chef de projet je ne me donne pas à 200%, comment espérer motiver le reste de l’équipe ?”.

Aujourd’hui lancé dans l’aventure entrepreneuriale, Baptiste peut compter sur son père pour le soutenir, mais aussi sur son mentor. En tant qu’entrepreneur, il a accès à l’incubateur de son école de commerce, une structure d’accompagnement pour booster les start-up. Son cursus n’est pas aménagé mais, via l’incubateur, il a accès à des ateliers sur le thème de la vente ou de la gestion de rendez-vous clients. En parallèle, son mentor suit son projet étape par étape et l’incubateur met à la disposition de l’équipe un espace de travail pour accueillir dans de bonnes conditions les partenaires commerciaux, et les potentiels futurs clients. C’est un coup de pouce non négligeable mais c’est aussi un moyen d’être en compétition avec d’autres start-up et de potentiellement gagner des fonds.

Pour Baptiste, qui a désormais le statut national étudiant-entrepreneur, le constat un an après est clair : “Premier ou non, on gagne beaucoup à entreprendre, même si le projet échoue, on apprend forcément pleins de choses, on développe son réseau aussi, et c’est ça qui est réellement enrichissant.” Selon lui, il ne faut pas se mettre de barrières, ni se focaliser sur le risque d’échec, auquel cas cela deviendra vraiment difficile de se lancer. Il faut aussi savoir “s’entourer d’un noyau de personnes qui nous soutiennent et qui nous poussent à nous remettre en question”.

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