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Orelsan sort “L’odeur de l’essence”, la masterclass apocalyptique tant attendue

Orelsan sort “L’odeur de l’essence”, la masterclass apocalyptique tant attendue

La pochette du nouvel album d'Orelsan, Civilisation

Mercredi 17 novembre. Midi. Après trois ans de silence, Orelsan est de retour. Il dévoile le premier extrait de son nouvel album : Civilisation. Humble génie de la communication, il compte sur son public pour faire parler de lui. Pari réussi : les réseaux sociaux s’enflamment devant une vidéo révoltée et un texte politique. En moins de 24 heures, Youtube affiche déjà plus de deux millions de vues sous le clip.

“L’odeur de l’essence” : c’est le titre de la huitième piste du nouvel album d’Orelsan à paraître vendredi 19 novembre. Déjà disque d’or avant la sortie du premier extrait, Civilisation promet de combler les fans. “L’odeur de l’essence”, c’est aussi le parfum de la catastrophe, les effluves inquiétants qui prédisent un accident proche. 

On n’est pas tous dans le même bateau, mais tous à bord du même avion. La civilisation entière y est passagère, lancée à pleine vitesse vers un crash inévitable, une fin certaine. La métaphore est alarmiste, mais choisie précisément pour prédire l’avenir de la société. Le concept est soigné, l’identité du rappeur retrouvée. Tout est fait pour que le public en prenne plein les yeux et les oreilles. Nos sens sont bousculés, affolés par tant de lucidité. 

Un clip aux odeurs de fin du monde

Parquet taché d’essence, studio sombre, ambiance froide, équipe focus : le clip d’Orelsan commence. Il se lance comme un clin d’œil au documentaire Montre jamais ça à personne, paru sur Amazon Prime le 15 octobre dernier. Skread, Ablaye et Clément Cotentin sortent de l’ombre. Le documentaire n’a fait qu’alimenter l’attente du public, on y a découvert l’adversité nonchalante d’Orelsan face aux échecs. La réalisation intime a peint un personnage plus humain.

Puis c’est au tour du rappeur d’entrer en scène. D’abord dissimulé, puis de dos, scrutant l’écran géant, il observe les catastrophes projetées en grand au fil d’une instru épique. Enfin, il regarde son public dans les yeux et se met à rapper. Gratte-ciels monstrueux, tentes d’exilés empilées, effondrement de banquises, entassement de déchets : les images défilent. Soudain tout s’embrase, comme si l’on avait mis le feu à l’essence. 

Orelsan est bousculé au coeur d’une foule pressée, oppressé par l’agitation de son environnement. Autour de lui, ça caillasse, ça sprint, ça se bat, ça se piétine. On retrouve l’univers futuriste de David Tomaszewski, qui a déjà clippé plusieurs sons d’Orelsan depuis Ils sont cools en 2012. En bref : une claque visuelle. 

Orelsan prépare une tournée dans toute la France, et sera au Zénith de Lille le 20 janvier 2022 © Fanny Czk (Flickr)
Orelsan prépare une tournée dans toute la France, et sera au Zénith de Lille le 20 janvier 2022 © Fanny Czk (Flickr)

Le crash musical 

Le concept est un pied-de-nez au titre du documentaire Montre jamais ça à personne. Ici, le rappeur montre à tout prix. Il donne à voir, pointe ce qui est trop souvent ignoré, met le doigt sur ce qui ne va pas. Il pousse à arrêter de se voiler la face, à regarder la dure réalité dans les yeux. Le clip est une injonction à voir et à écouter, avec des gros plans de la tête du rappeur à la Big Brother, murmurant « regarde ».

La rage de “Suicide Social”, le pessimisme de “Perdu d’avance”, la lucidité du “Chant des sirènes”, l’énumération de “Basique”, la peur de l’avenir d’”Inachevés”. Les “mongoles” sont les nouveaux “bloqués”. Tout y est. Orelsan déverse un texte prophétique dans nos écouteurs. Il y peint un tableau sombre, pessimiste dans l’âme. Il promet une fin proche à notre monde, à l’image des grandes civilisations passées. 

Le flow s’accélère comme un avion lancé à pleine vitesse dans un mur. La nostalgie, l’incompréhension, la peur, le désespoir, la paranoïa, la panique, la méfiance, la haine. Les maux de la société s’entassent, les mots du rappeur menacent et la panique vient. Le rappeur tacle les leaders du monde sous fond de gilets jaunes marchant sur Paris. Il accuse la responsabilité collective et les lâchetés individuelles. La fin est abrupte, le silence surgit aussi violemment que le son. Il prédit la brutalité du néant à venir. 

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