Partiels à l’université de Lille, ce qu’il faut savoir

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Fin d’année scolaire inédite, reprise des cours à demi-teinte depuis septembre et privation de certaines libertés… non, il ne fait pas bon d’être étudiant en 2020. À l’approche des partiels, autorisés en présentiel par le gouvernement, les inquiétudes sont grandes. L’enseignement à distance est révélateur des nombreuses inégalités qui touchent les étudiants, tout comme l’organisation des premiers partiels de l’année. On fait le point pour vous sur les modalités d’examen déjà connues à l’université de Lille, campus par campus.

L’université de Lille doit prendre en compte plusieurs données avant de décider de l’organisation des partiels. Le gouvernement a autorisé la tenue des examens en présentiel, avec des mesures sanitaires renforcées, mais cela obligerait les étudiants à se déplacer pour se rendre à l’université et le risque de clusters au sein d’un amphithéâtre est important. Autre problématique, de nombreux étudiants ont éprouvé des difficultés à suivre les cours à distance dans un climat anxiogène. Compliqué pour eux de se mettre en condition d’examen normal, certains réclament des partiels adaptés à la situation, donc à distance. Mais qui dit examen en distanciel dit aussi absence de surveillance… Les différentes facultés ont donc dû innover pour proposer des partiels adaptés tout en restant valables.

Je suis étudiant au…
Campus Cité scientifique Campus santé et Moulins-Lille Campus Pont de Bois

Campus Cité scientifique

Sur le campus Cité scientifique, les enseignants sont maîtres de l’organisation de leurs examens. Si certains contrôles continus se sont transformés en devoir à faire chez soi ou ont tout simplement sauté, des partiels auront bien lieu en présentiel pour cette fin de semestre. C’est le cas des étudiants en licence d’informatique qui devront composer dans les amphis durant la semaine du 14 décembre. Une organisation en présentiel rendue possible par le Département Informatique de la faculté des sciences et technologies qui détient les moyens organisationnels et matériels pour respecter des mesures sanitaires renforcées.

Pour envisager d’organiser des examens en présentiel, les universités sont tenues à des mesures strictes. Le port du masque est obligatoire de façon permanente et du gel hydroalcoolique doit être disponible dans les établissements. Une distance d’un mètre entre chaque élève doit être respectée, que ce soit dans les salles ou dans les couloirs. Les locaux doivent être aérés régulièrement pendant 15 minutes et désinfectés avant et après chaque épreuve. Dernière mesure annoncée par le gouvernement, les étudiants doivent être munis de leur propre stylo pour rédiger et émarger.

Mais la tenue des examens en présentiel n’est pas la norme. Les professeurs prennent la décision qui leur semble la plus optimale. Évalués par des contrôles continus à distance et des dossiers à faire chez eux, certains étudiants de licence de physique n’auront, par exemple, aucun examen en présentiel. Quelques étudiants nous ont confié que leurs enseignants avaient partagé leur bienveillance en indiquant qu’il n’y aurait ni complexité ni pièges dans les examens, au vu des difficultés éprouvées pendant les cours à distance.

Campus santé et Moulins-Lille

Comme sur le campus des sciences et technologies, la direction avait dans un premier temps laissé la liberté aux enseignants d’organiser les partiels selon leur convenance. Mais le doyen de la faculté de droit a ouvert la discussion le 16 novembre en conseil de faculté pour trouver une solution optimale en prenant en compte l’avis du corps enseignant et des étudiants. Finalement, la totalité des examens du premier semestre se tiendra en distanciel.

Une décision jugée “logique pour des raisons sanitaires et psychologiques” par Tomas Kebbati, élu au conseil de la fac de droit et représentant du syndicat SUD étudiant. Il n’y a pas de solution miracle selon lui, mais la tenue des partiels en présentiel semble inimaginable dans ce contexte sanitaire et face au “stress psychologique” que rencontrent les étudiants. “Si les examens en distanciel exacerbent les inégalités, ils sont tout de même un moindre mal face à la situation actuelle”, ajoute-t-il.

Concrètement, quelles sont les modalités d’examen ? Les étudiants en deuxième année de STAPS auront des questionnaires en temps limité devant leur ordinateur pendant la journée du 15 décembre. De leur côté, les étudiants en licence de droit et de science politique composeront à distance mais sont encore dans le flou concernant les modalités de leurs examens.

Si les examens en distanciel exacerbent les inégalités, ils sont tout de même un moindre mal face à la situation actuelle” – Tomas Kebbati, étudiant élu au conseil de la Faculté des Sciences juridiques, politiques et sociales.

Les discussions lors du conseil de faculté se sont plutôt orientées vers la tenue d’examens synchrones et asynchrones. En effet, si elle est revenue sur la possibilité d’organiser des partiels en présentiel, la faculté des sciences juridiques, politiques et sociales n’a pas réfuté la possibilité pour les enseignants de mettre en place des examens en temps limité à un horaire donné, des examens dits synchrones. Le syndicat SUD étudiant avait revendiqué des examens asynchrones, c’est-à-dire des examens réalisables pendant un intervalle de temps assez long. Il faut que les étudiants puissent composer “en fonction de leurs disponibilités et ne soient pas soumis à des exercices en temps limité qui favorisent ceux se trouvant dans un cadre de travail sain”, explique Tomas Kebbati.

Campus Pont de Bois

Pour les étudiants de la faculté des sciences humaines et sociales, il faudra prendre son mal en patience. Une partie conséquente des étudiants sont encore dans le flou. La composante a annoncé que “les examens de la semaine du 4 janvier seront, dans la mesure du possible, organisés en présentiel”. À l’inverse, les examens initialement prévus en décembre seront réalisés en distanciel. Ce n’est pas la première fois que le campus de Pont de Bois a du mal à s’adapter aux mesures sanitaires imposées au vu de ses faibles moyens matériels.

Mais certains étudiants ont déjà connaissance de leurs modalités d’examen. Les licences d’anglais, par exemple, composeront au bon vouloir de leurs enseignants. Certains examens seront à distance, mais d’autres en présentiel en janvier comme celui de traduction qui nécessite une surveillance.

D’un point de vue technique, nombreuses sont les inquiétudes concernant la capacité de la plateforme Moodle à supporter des milliers de connexions au même moment. Des ralentissements et bugs étaient survenus l’année dernière durant les partiels du deuxième semestre.

Inévitablement, la lenteur de la prise de décision dans certaines facultés, le manque de clarté et de communication ainsi que l’absence de consultation renforcent le stress chez les étudiants de l’université. Et à l’approche d’examens décisifs pour leur année, certains éprouvent des difficultés à réviser. Vivement 2021 qui ne pourra être que meilleure.

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