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Présidentielle. En meeting à Lille, Jean-Luc Mélenchon et les Insoumis se démultiplient

Présidentielle. En meeting à Lille, Jean-Luc Mélenchon et les Insoumis se démultiplient

Jean Luc Mélenchon en meeting au Grand Palais de Lille © Félix Lebelle / Pépère News

Mardi soir à Lille, 10.000 personnes peuplent le Grand Palais pour le meeting de Jean-Luc Mélenchon. Convaincus et curieux affluent pour voir le candidat en chair et en os dans la capitale des Flandres, tandis que ses hologrammes fleurissent dans onze autres villes de France. 

“Mélenchon président” scandés, drapeaux empoignés, public exalté et applaudissements retentissants :  le prétendant à l’Elysée fait son entrée au Grand Palais. À cinq jour du premier tour, l’enjeu est de taille pour le candidat de La France Insoumise. Installé à la troisième place du podium par les sondages, derrière E. Macron et M. Le Pen, il tente de franchir la dernière marche pour se hisser au second tour. 

Pour son dernier meeting avant le 10 avril, et peut-être pour le dernier meeting de sa carrière si jamais il n’est pas qualifié, Jean-Luc Mélenchon a vu grand. Sur le grand écran du Grand Palais, on le voit se démultiplier. Aux quatre coins de l’hexagone, accessibles à moins de deux heures de route partout en métropole, ses hologrammes remplissent les salles. La prouesse technologique, originale en politique, avait déjà fait du bruit il y a cinq ans. L’orateur sait mobiliser les foules même à distance. Le candidat et les militants jettent leurs dernières forces dans la bataille. Le but : convaincre les derniers hésitants, les désintéressés, les jeunes, le reste des mouvances de gauche -ou ce qu’il en reste-, et les “fâchés mais pas fachos”.

Le Pen “absente”, Macron “menteur”

Le public lillois est remplumé par de nombreux jeunes, une génération plus largement convaincue que les autres par le programme de l’Union Populaire que porte Jean-Luc Mélenchon. Mais la démonstration de force ne prend pas les proportions espérées : les gradins du fond du Grand Palais restent inoccupés. C’est tout de même 10.000 personnes qui sont venues à Lille, et 10.000 autres partout en France. Cet ultime effort suffira-t-il à rassembler assez d’électeurs pour que le visage de Jean-Luc Mélenchon apparaissent dimanche soir en vainqueur ? C’est ce que crie le candidat, au rythme des rires, des huées et des applaudissements du public lillois.

 Le public lillois du Grand Palais au meeting de Jean-Luc Mélenchon © Eliott Biget
Le public lillois du Grand Palais au meeting de Jean-Luc Mélenchon © Eliott Biget

“La victoire est possible”, les Insoumis y croient. L’accès au second tour “peut se jouer à peu de choses” affirme le candidat. Si l’on analyse les sondages, la dernière campagne présidentielle et la dynamique de l’insoumis, le “trou de souris” s’agrandit à mesure que le dimanche 10 avril approche. L’enjeu : discréditer les deux principaux adversaires, pour les remplacer et gagner.  

Les députés du Nord Adrien Quatennens et Ugo Bernalicis, ainsi que la secrétaire générale du parti Clémence Guetté, s’improvisent chauffeurs de salle. Avant que leur candidat ne puisse dérouler son programme, ils démontent le bilan du président sortant. Emmanuel Macron est qualifié de “menteur” à plusieurs reprises. 

Écoutez, vous autres, les fâchés mais pas fachos, où ça vous mène de vouloir apporter cette femme [Marine Le Pen] au pouvoir ? – Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon entre en piste et tacle Marine Le Pen. Au delà de la critique habituelle sur sa politique d’immigration et de sécurité, il met en cause son programme social. Il veut convaincre les électeurs qui se tournent vers le Rassemblement National pour protester contre leurs conditions économiques et sociales. Pour Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen est “absente” sur ces sujets. “Absente” dans son programme comme à l’Assemblée Nationale ces cinq dernières années. 

Un discours qui contente la jeunesse

“Nous supprimerons la sélection à l’entrée en master”, “nous supprimerons Parcoursup”… Pour la jeunesse, Jean-Luc Mélenchon fait mouche : lorsqu’on demande aux jeunes à la sortie du meeting leur ressenti sur son programme, beaucoup considèrent le candidat comme étant celui qui va le mieux porter leurs idéaux. “C’est l’un des rares à proposer des vrais changements pour la jeunesse“, témoigne l’une d’entre eux.

Une mesure est martelée par Mélenchon sur chaque plateau, celle d’un revenu étudiant. Il l’a une fois de plus rappelé lors de ce meeting : “dans notre programme l’Avenir en commun, nous proposons que tous les étudiants détachés du foyer fiscal de leurs parents bénéficient d’une allocation de 1.063 euros mensuelle”. Il ajoute vouloir mettre en œuvre la généralisation de l’encadrement des loyers, ainsi que la création de 15.000 logements universitaires.

Jean-Luc Mélenchon, déterminé, tente de convaincre à 5 jours du premier tour © Eliott Biget
Jean-Luc Mélenchon, déterminé, tente de convaincre à cinq jours du premier tour © Eliott Biget

Lorsqu’on leur demande ce qu’ils ont retenu du rassemblement, la plupart des interrogés s’accordent sur les engagements de Mélenchon en faveur de l’écologie et du féminisme notamment. L’un d’eux explique ainsi : “L’engagement féministe et écologique, ça nous tient à cœur. Ça fait plaisir de voir qu’il commence par ça”. Une autre confirme : “Mélenchon est le premier candidat qui parle vraiment d’un vrai mouvement féministe, qui reconnaît que celles qui sont assignées femmes sont moins payées”. Cet aspect semble séduire les électeurs : ses propositions pour le climat ont été à plusieurs reprises considérées plus écologiques encore que celles de Yannick Jadot, candidat pour Europe Ecologie Les Verts, par certaines associations comme Action Réseau Climat.

Si le candidat a plutôt paru vouloir en priorité critiquer les autres candidats sur leurs faiblesses lors du meeting, il fait cependant des propositions chaleureusement accueillies par le public. Il évoque notamment le fait d’inscrire dans la constitution la “règle verte”, selon laquelle on ne prélève pas davantage à la nature que ce qu’elle est en état de donner. Il veut également obliger les entreprises à mettre en oeuvre un contrôle des émissions carbone ainsi que réduire les émissions de 65% avant 2030, contre 40% actuellement.

Après avoir évoqué le récent rapport du GIEC, il affirme que “le capitalisme vert n’est qu’une illusion”, tout en jugeant EELV comme étant “la préhistoire de l’écologie politique” dans Libération. 

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