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Quand la jeunesse s’investit pour les élections européennes

Quand la jeunesse s’investit pour les élections européennes

Mercredi 28 novembre à 18h, sur le campus de la Faculté de Sciences Juridiques, Politiques et Sociales de Lille, avait lieu  un débat sur les élections européennes à venir en mai prochain. Organisé par l’Association Parlementaire Etudiante de Lille (APEL), l’événement a fait salle comble, et on ne peut que saluer le travail de l’asso’ étudiante pour l’engouement suscité. Entre bons tacles comme on les aime et débat de fond qualitatif entre les participants, le PépèreNews a suivi la soirée et vous en propose un petit retour avec l’un des co-organisateurs.

Le débat : que retenir ?

L’amphi Cassin s’est transformé mercredi soir en véritable joute verbale, parfois enfantine, à la fois frustrante et amusante pour ses spectateurs. En abordant trois grands thèmes, importants pour les prochaines élections, à savoir l’avenir des institutions, l’environnement et enfin la sécurité, cinq protagonistes ont cherché à convaincre leur audimat, chacun à leur manière, finalement plutôt fidèles à l’image que nous connaissons de leurs partis respectifs. Tout d’abord, petit tour des forces en présence : Valérie Petit pour la République en Marche, Marc-Philippe Daubresse pour les Républicains, Adrien Quatennens pour La France Insoumise, Inès Taourit pour le Parti Socialiste et enfin, sûrement le nom le plus connu sur le plan national, Florian Philippot des Patriotes.

Le débat a débuté sur le thème des institutions. Au début, tout le monde respecte son temps de parole, se montre poli et courtois vis-à-vis de ses adversaires et avance ses arguments. Le représentant des Républicains M. Daubresse va même jusqu’à rejoindre le député LFI M. Quatennens sur l’idée d’une harmonisation fiscale et sociale pour restaurer la gouvernance européenne. Mme Petit, députée LREM, ne surprend qu’à moitié en évoquant simplement ses rêves d’Europe citoyenne, sans même évoquer les réels problèmes de fond sur la question de l’avenir des institutions. M. Philippot, partisan d’un “Frexit” monopolise alors le temps de parole, empêchant que l’on passe le micro à d’autres représentants. Il évoque un système brutal et antidémocratique en prenant exemple sur le référendum de 2005 qui a été peu pris en compte et  finalement été remplacé par le traité de Lisbonne de 2007. Fidèle à lui-même, il fini en expliquant que le système européen cherche à étouffer les populismes, en s’appuyant sur le cas de l’Italie.  Le débat commence alors à s’envenimer et la représentante du PS Mme Taourit (par ailleurs prof à la fac) envoie la première bonne punchline de la soirée au représentant des Patriotes en évoquant ses nombreuses absences au Parlement Européen.

Arrive ensuite la question de l’environnement. Mme Petit explique que la France doit absolument s’affirmer en tant que leader sur la question de l’écologie et rejoint finalement les idées évoquées par le Président Macron lors de sa campagne présidentielle. Mme Taourit, pour le PS, explique quant à elle que l’Europe devrait avant tout réduire la production intensive, notamment des industries. Le représentant des Républicains M. Daubresse vient ensuite à souligner de manière pertinente la question des logements, qui consomment énormément d’énergie, entraînant de graves conséquences écologiques. Arrive l’intervention de M. Quatennens qui, bien qu’en terrain plutôt favorable, suscite l’enthousiasme du public qui se lance dans une série d’applaudissements, après qu’il a expliqué que la situation était plus qu’urgente et qu’il fallait désormais remettre en cause le libéralisme économique et la compétition entre les entreprises.

Le dernier sujet est le terrain de jeu favori de M. Philippot : la sécurité. Subissant de multiples attaques par tous les protagonistes, y compris Mme Petit qui était restée en retrait jusque là, le député des Patriotes affirme que l’Europe manque de frontières et que, a fortiori, la France doit quitter celle-ci. Cependant, un consensus semble se dégager entre l’ensemble des participants au débat (LREM exceptée), contre la création d’une armée commune voulue par le président Macron. Les discours vont également s’attarder sur la question migratoire, donnant lieu à une intervention remarquée de M. Quatennens. Malheureusement, par manque de temps, les cinq acteurs n’auront pas pu débattre plus longtemps sur cette thématique.

En conclusion, ce débat aura permis d’en savoir plus sur la question européenne et d’éclairer encore un peu plus un public déjà averti. Derrière une animosité apparente entre certains participants, notamment Mr Philippot et Mr Quatennens, la majorité des participants ont proposé de réelles solutions pour l’Europe et son avenir. Cependant, le député LFI semble avoir remporté un grand succès dans l’amphithéâtre, où nombre de ses interventions ont étés saluées.

Charles Ducrocq répond à nos questions

Charles est étudiant en L1 de Science Politiques et à l’Académie ESJ, membre de l’APEL et a gentiment accepté de répondre à nos questions sur la soirée du 28. Conclusions et enseignements à tirer , préparation, enjeux,…  entre deux cours en amphi, tout y est passé !

Notre première question porte évidemment sur le succès de la conférence. Comment l’expliquer ? Réponse directe : “On fait face a un public fortement politisé, à des étudiants sensibles à ce genre d’événements.” Humble, il ajoute que grâce à la présence de têtes d’affiches, c’était plutôt “logique d’avoir une salle comble.” Nous, on pense que c’est plutôt grâce à un super taf…! Il faut bien trouver un élément dont il nous dit qu’il est fier… En grattant un peu, on finit par trouver : notre succès, c’est d’avoir attiré sur la question européenne, ce qui n’est pas toujours évident”.

Le succès, c’est aussi de mener à bien un débat avec de forts caractères sans s’appeler Salamé ou Bourdin (deux styles différents on vous l’accorde mais au moins on fait pas de jaloux…). Car oui, c’est difficile de gérer “deux têtes d’affiches qui percutent“, surtout lorsqu’il s’agit de “s’imposer dans le débat pour répartir la parole…” C’est difficile également d’assurer face à des “personnalités qu’on n’a pas l’habitude de côtoyer.C’est difficile, surtout, de ne “pas laisser le débat déborder, de tenir la route sur la question européenne et sur le fond“.

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Pourtant, “cette pression” qu’il nous décrit, elle ne se résume pas au moment du débat. Charles nous explique que la partie compliquée c’est “d’entrer en contact avec cinq personnes, saluant au passage le “boulot des coprésidents” de l’APEL qui avaient cette responsabilité.

Il est vrai que ces derniers ont réussi un tour de force en réunissant “quatre personnes avec une expérience parlementaire !” Et à ceux qui soulèvent la fragilité de la représentante du PS face à des politiciens habitués aux foules, il répond “volonté de parité” et “pertinence dans le débat.” Car c’était bien là tout les enjeux de ce rendez-vous : “amener du monde aux urnes pour les politiques” mais surtout proposer un événement où on peut évoquer des sujets de fond : “sécurité, immigration, environnement.

Un grand merci à Charles Ducrocq pour le temps qu’il a pris pour nous répondre et à l’APEL pour l’organisation de ce débat. Elle montre par son travail que l’engagement citoyen de la jeunesse est réel.

Marin Paulay et Martin Hortin

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