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Rattrapages. Hippocrate saison 2, en apnée avec les soignants

Rattrapages. Hippocrate saison 2, en apnée avec les soignants

Hippocrate saison 2

Le second volet de la série médicale Hippocrate a été diffusé sur Canal+ en avril dernier. À l’image de la première saison, c’est avec un rythme palpitant et un réalisme glaçant que son réalisateur Thomas Lilti met en lumière la crise de l’hôpital public et le mal-être des soignants.

Huit épisodes immersifs de 50 minutes constituent cette seconde saison d’Hippocrate. En plein hiver, une canalisation explose dans le secteur des urgences. Le service s’installe alors dans celui de la médecine interne, amenant son lot de complications. À huis clos dans l’hôpital, l’action se déroule sur environ trois jours. Mais la notion du temps s’estompe au fur et à mesure que les heures de garde s’enchaînent. Les quatre internes que l’on suit depuis la première saison ne dorment presque jamais.

Hippocrate s’inscrit dans la famille des séries médicales. Ce genre aux valeurs humanistes met les métiers de l’hôpital à l’honneur, comme c’est le cas dans Grey’s Anatomy, Urgences, ou H. Critique sur les problématiques de budget ou de pression, l’œuvre de Thomas Lilti met aussi en exergue les questions éthiques qui traversent la profession. Thématique déjà abordée dans son film du même nom sorti en 2014. Hippocrate laisse également place aux sentiments et ponctue ses épisodes de rires, de pleurs sans pour autant glamouriser l’hôpital.

Réalisme

Le réalisateur et scénariste de la série est lui-même un ancien médecin. Rempli d’expérience, il est alors à même de faire approcher son œuvre au plus proche de la réalité.

Hippocrate est plein de réalisme. Ce côté vraisemblable, en partie propre au genre de la série, résulte ici d’une réelle volonté. Avec beaucoup de plans caméra à l’épaule, l’esthétique de la série est brute. Pas de lissage ni de mise en beauté. Cernes, couleurs ternes et éclairages cliniques constituent l’identité visuelle d’Hippocrate.

Soignants de la série Hippocrate
© Canal+

Il y a peu de musiques dans les scènes d’action, mais plutôt des souffles, des cris. Hippocrate n’a pas toujours une fin heureuse avec des patients guérissant à chaque fois. C’est une confrontation à la douleur, à la mort, à la vie. Tout s’entrechoque. Les émotions sont crues, exacerbées par l’intensité d’une garde hospitalière. Les soignants sont présentés comme des humains avant tout. Loin d’être des surhommes, ils tentent tant bien que mal d’assurer la mission qui leur est confiée : préserver la vie.

Rythme

La véritable force de cette série est son rythme. En bonnes proportions, les scènes d’action et les moments plus calmes se succèdent. La série est prenante tout en offrant des personnages à la psychologie recherchée. On est loin du pur sensationnel, bien que la série en donne à voir. Il faut avoir le cœur accroché pour certaines scènes à la limite du gore.

Ce second volet est l’occasion de continuer le développement des quatre protagonistes : Alyson, Hugo, Arben et Chloé. On creuse particulièrement les douleurs de cette dernière. Brisée, elle tente de se reconstruire et de renaître. Louise Bourgoin l’incarne magnifiquement en lui donnant une froideur qui arrive à nous toucher. L’absence d’enjolivement de la réalité facilite l’identification aux personnages et le sentiment d’empathie pour eux. L’ardeur de leur métier transparaît dans les scènes puissantes où la vie n’attend pas. La série reste néanmoins une fiction avec une trame romanesque, ce n’est pas un documentaire. Elle offre toutefois une plongée dans l’univers hospitalier en se focalisant dans cette saison haletante sur le mal-être des soignants.

Le premier épisode de la saison 1 est accessible gratuitement sur YouTube et un troisième volet est en cours d’écriture.

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