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Reconfinement à Lille, les librairies ne tournent pas la page

Reconfinement à Lille, les librairies ne tournent pas la page

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Après une période de déconfinement qui a permis aux librairies de Lille de se remettre en selle suite à la première vague de Covid-19, mercredi soir, Emmanuel Macron a annoncé un deuxième confinement national. Cela implique la fermeture temporaire des commerces, à l’exception de ceux de première nécessité. Le Pépère News a recueilli l’avis de libraires lillois, impactés par cette mesure.

Contrairement à ce qui a été décidé chez nos voisins belges, les librairies françaises ne comptent pas parmi la liste des “commerces essentiels” et ont donc dû fermer dès vendredi 30 octobre. Ce jour-là, les professionnels dénonçaient une concurrence déloyale avantageant les grandes entreprises comme la Fnac car leur rayon livre était toujours ouvert. Par la suite, le gouvernement a décidé d’interdire la vente des livres dans ces rayons. Une mesure équitable, mais la tension reste grande pour les indépendants qui risquent une faillite économique.

Une société des libraires unie

Hélène Woodhouse est la gérante de la Chouette Librairie, située près de la rue Nationale au 72 rue de l’Hôpital Militaire, depuis maintenant deux ans et demi. Pas facile de recommencer un confinement lorsque le premier a énormément fragilisé le marché du livre. Mais malgré la frustration, Hélène Woodhouse comprend et adopte la philosophie du “plus on ferme, plus on limite la propagation”. Une collègue de la librairie des Quatre Chemins est du même avis. Quand on leur demande si les librairies sont des commerces nécessaires, H. Woodhouse rétorque : “La culture est nécessaire mais elle n’est pas plus importante que de faire ses courses, acheter des vêtements ou des jouets pour les cadeaux de Noël… On n’est pas seuls au monde, on en a conscience, après c’est vrai qu’on aimerait plus être ouverts que fermés, mais il ne faut pas oublier qu’en toile de fond, il y a une pandémie.”

La vente par internet ne suffit pas

De plus, elles se sentent davantage préparées face à une deuxième fermeture : “C’est pas comme si l’accès au livre était totalement restreint comme en mars, aujourd’hui on vend par internet.” Une manière de sauver les pots cassés. Néanmoins, la vente par internet ne permet pas d’assurer un commerce rentable pour les libraires : elles expliquent que ce service est d’abord un moyen de faire un minimum de chiffre, pour payer les charges des indépendants. Jusqu’au déconfinement, elles comptaient sur les aides de l’État pour ne pas fermer et s’attendent à être soutenues financièrement de la même façon lors du second confinement.

Le retrait en magasin annonce ainsi une baisse des ventes en général, “car le livre est un produit plus complexe : il faut le conseiller donc proposer un service”. Sans compter que “les clients se mettent en stand-by pendant deux semaines avant d’acheter des livres, dans l’attente d’une réouverture des commerces”, d’après Hélène Woodhouse. Dommage, car celle-ci voyait pourtant sa clientèle s’agrandir et se fidéliser depuis juin, et sa librairie commençait à se faire une place dans le paysage lillois. En fin de compte, pour elle, le plus important est le collectif et l’unité de la société des libraires.

Des commerces en première ligne

Tandis que certains commerçants redoutent les conséquences économiques d’une seconde fermeture, Dorothé Pruvost, gérante de la librairie ésotérique La Clé, ne les craint pas. Elle positivise en s’attendant à une hausse des ventes par internet. Mais selon elle, contrairement à ses collègues, “tous les commerces où les gens doivent travailler devraient ouvrir”. Elle se justifie d’un ton décidé : “Ils ont besoin de lire et vivre normalement, il suffit de respecter les mesures sanitaires et les gestes barrières.” En effet, les commerces ont su s’adapter aux mesures sanitaires imposées dès mai, et ont maintenant l’habitude du train de vie rythmé par la Covid-19.

Jusqu’à vendredi dernier, elle trouvait l’ouverture des rayons lecture de la Fnac injuste, accusant le gouvernement d’encourager une concurrence déloyale. Le combat du Syndicat de la Librairie Française pour fermer les rayons livres des grandes enseignes et l’arrêté du maire de Faches-Thumesnil pour la réouverture des commerces la soulage. Elle se sent écoutée. Néanmoins, ces mesures plus équitables pour les commerçants ne lui suffisent pas, ce qu’elle veut, c’est travailler. Dorothée Pruvost le sait : c’est tout ou rien, et, dès que possible, elle rouvrira boutique.

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