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Une rentrée des classes sous le signe du Covid à Lille

Une rentrée des classes sous le signe du Covid à Lille

Martine Aubry visite une école lilloise

Ce mardi 1er septembre, Martine Aubry s’est rendue à l’école Turgot dans le quartier de Lille Sud pour inaugurer la rentrée des classes. Accompagnée de Charlotte Brun, adjointe déléguée à l’éducation, et de Jean-Marie Bessol, Directeur Académique des services de l’Éducation nationale, la maire lilloise a pu visiter l’école et revenir sur les principaux enjeux de cette rentrée, sur fond de protocole sanitaire et de développement durable.

Il est 8h20 lorsque élèves et parents se rassemblent devant les portails de l’école Turgot. Avec ses 286 élèves, cette école est une structure importante. Les familles se retrouvent sur le parvis pour discuter de cette rentrée inédite : les parents portent le masque et certains des enfants suivent leur exemple, à l’image de Lisa, 9 ans, qui “porte le masque parce que sinon je risque de tomber malade et de ne plus voir mes copains”.

Martine AUbry parle avec un parent d'élève pour la rentrée scolaire
La maire s’est entretenue avec des parents d’élèves avant la rentrée des classes, en suivant les gestes barrières. © Sarah Khelifi

Le port du masque pour elle n’est pourtant pas obligatoire, les scientifiques s’étant accordés pour l’imposer dès 11 ans. Mais pour ses parents, c’est une “précaution qui nous rassure, même si l’on est tout de même plus sereins pour cette rentrée que pour celle qu’il y a eu en mai-juin”. En effet, c’est une ambiance plutôt sereine qui plane ce matin : “On a eu une bonne communication de la part de l’école sur les protocoles mis en place, et on a déjà eu un avant goût d’une rentrée comme celle ci avec le retour à l’école des enfants en fin d’année dernière”, renchérit un parent d’élève.

Une rentrée sous Covid-19

L’inauguration de cette rentrée bien particulière par la maire s’est déroulée par une visite des classes et une revue des protocoles mis en place par la mairie. Tout commence à l’entrée de l’école : deux membres du personnel accueillent les arrivants avec du gel hydroalcoolique. Une fois les mains lavées, les élèves vont retrouver leurs professeurs dans la cour. Seuls les parents du niveau CP sont autorisés à accompagner leurs enfants jusqu’à leur enseignant afin de limiter le flux dans la cour. Une fois répartis entre leurs professeurs, les élèves vont dans leur classe, dont l’effectif a été dédoublé pour atteindre un nombre de 15 élèves par classes.

Martine Aubry en a donc profité pour revenir sur le protocole sanitaire adopté par la mairie, qui va “plus loin que la directive gouvernementale”, affirme-t-elle. En effet, la mairie de Lille a souhaité que tous les enseignants portent un masque en cours, avant même que le gouvernement l’impose la semaine dernière. Une formation des ATSEM (Agent territorial spécialisé des écoles maternelles) a également été mise en place pour permettre d’appliquer des consignes sanitaires plus strictes que celles recommandées par Jean-Michel Blanquer. Ainsi, les classes “seront nettoyées trois fois par jour au lieu d’une fois, le lavage des mains s’effectuera au moins 6 fois par jour, et on souhaite organiser le moins de brassage possible. Si les élèves doivent être réunis, ça sera par niveau. Les récréations ainsi que la cantine seront également en décalé, tout cela pour permettre d’appliquer une règle de non-brassage”. Martine Aubry a donc ajusté la politique du gouvernement pour l’adapter à Lille. Parmi les décisions relevant de son autorité, on relèvera également la distribution de “deux masques par foyer, qui seront portés par la Poste à domicile entre le 7 et le 21 septembre”.

Une classe avec le protocole sanitaire : une dizaine délèves grâce à des classes dédoublées et port du masque par le professeur© Sarah Khelifi
Une classe avec le protocole sanitaire : une dizaine d’élèves grâce à des classes dédoublées et port du masque par le professeur. © Sarah Khelifi

Ce non-brassage est crucial pour la maire, cette dernière souhaitant éviter “à tout prix” une fermeture entière des écoles, mais plutôt privilégier “les fermetures des classes par niveaux”. Après une rentrée en mai où la plupart des élèves étaient absents, le risque de perdre à nouveau des élèves et d’augmenter leur décrochage scolaire est un enjeu important pour la mairie, dans sa politique de reprise des cours. “Mais cette fois-ci on sent que les élèves sont plus sereins, comme leurs parents. Certes, tout le monde trouve cette rentrée particulière, mais les vacances d’été ont permis de nous habituer aux gestes barrières et les rouages ont déjà été expérimentés en mai-juin” rassure Maxime Hanscote, professeur de CE1.

De multiples enjeux déjà d’actualité

Mais cette rentrée ne se vêtit pas seulement de l’air du Covid-19 et de mesures sanitaires : la directrice de l’école, ainsi que Charlotte Brun et Jean-Marie Bessol, ont passé en revue avec la maire leurs mesures pour mettre en place des écoles “plus éco-responsables et plus à même de permettre un bon développement des enfants” à Lille. L’accent a donc été mis sur la végétalisation, minéralisation et la débétonisation de la cour, projet commencé deux ans auparavant avec des associations de quartiers comme l’Association Renart.

Le développement durable est également au cœur des sujets liés à l’alimentation : Martine Aubry affirme que les cantines sont composées “à 25% de bio, 35% de local, et deux repas végétariens sont proposés par semaine”. “On est une des seules villes à proposer ça, GreenPeace a même reconnu nos efforts !”

À l'image de ce compost/jardin, l'école Turgot met en place des projets de développement durable comme un potager hors sol, un compost ou encore recolte l'eau de pluie© Sarah Khelifi
L’école Turgot met en place des projets de développement durable comme un potager hors sol, un compost ou encore la récolte de l’eau de pluie © Sarah Khelifi

Le défi de la reprise

Des aménagements, donc, avec comme “priorité budgétaire […] l’éducation”, souligne Martine Aubry. “Je ne souhaite pas que toutes les discussions reposent sur le Covid. Nous mettons en place des mesures plus fortes que le gouvernement et celui-ci nous soutient toujours dans nos démarches. Nos normes se durciront même car la ville risque bientôt de basculer en zone rouge, comme toutes les grandes villes de France. Mais c’est aussi d’aménagements, de développement durable, d’apprentissage qu’il est important de parler lorsqu’il s’agit de nos enfants.”

Garantir la sécurité tout en restant dans une politique et une application éducative “la plus normale possible”, tel est le mot d’ordre que Martine Aubry adresse au personnel éducatif et aux 13.000 petits Lillois qui font leur rentrée dans les 79 écoles publiques de la ville.

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