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“Spencer”, un voyage au coeur de la psychologie de Lady Diana

“Spencer”, un voyage au coeur de la psychologie de Lady Diana

Disponible en salle aux États-Unis ou en Angleterre, le nouveau film de Pablo Larraín a joué la carte très controversée du streaming en France. Il y a quelques jours, Amazon Prime Vidéo révélait Spencer, biopic qui retrace les angoisses de Lady Diana. Radicalement différent des autres œuvres qui font revivre l’histoire de la Princesse, Spencer prend les dimensions d’un thriller horrifique, ce qui pourrait bien diviser son public.

Le mariage entre Princesse Diana et Prince Charles tourne au vinaigre. Malgré les rumeurs d’adultères et de divorce, la paix est ordonnée pour les fêtes de Noël à la propriété de la Reine. Il y a de quoi manger, boire, de la chasse et du tir. Diana connaît la chanson. Pourtant, cette année, les choses s’avèrent différentes.

Portrait d’une femme qui agonise

Spencer se présente comme une chronique des trois jours des fêtes de Noël de 1991. Pablo Larraín donne un coup de projecteur sur l’incapacité de la tristement célèbre Princesse Diana à s’adapter à l’univers très austère des Windsor, sa soif de liberté, ses troubles alimentaires et les difficultés auxquelles elle doit faire face dans son mariage avec le Prince Charles. Ainsi, celui à qui on doit notamment Jackie, s’immisce dans les méandres de l’esprit de Diana et réussit une introspection déroutante, entre travelling et plans-séquences. En résulte un biopic qui bascule dans les codes du cinéma d’horreur, accrochant assurément le spectateur à son siège grâce à une ambiance étouffante. Dans Spencer, les contes d’épouvante prennent la place des contes de fées, le Prince charmant devient homme de marbre, tandis que la Princesse idéalisée est celle qui passe la plupart de son temps à chercher un échappatoire face à un contexte familial qui l’accable, jusqu’à la pousser dans ses retranchements.

Pour la première fois à la Mostra de Venise en Septembre dernier, Spencer était en compétition dans trois catégories du Lion d’Or. © Pablo Larraín, DCM

Le tout est interprété avec froideur par Jack Farthing, avec douceur par Sally Hawkins, avec sensibilité et maîtrise par une Kristen Stewart au sommet. Celle qui a connu la célébrité grâce à son rôle dans Twilight, laisse derrière elle la romance et les sagas d’adolescents, pour poursuivre sa carrière dans des films plus psychologiques, présageant de futurs rôles prometteurs. Si les critiques anglo-saxonnes se montrent assez mitigées à propos du long-métrage, la prestation de l’actrice de 31 ans est unanimement saluée. Le New York Times souligne en effet une performance “qui tranche de manière si poignante sur la vacuité morale de son environnement”, tandis que le Los Angeles Times met en lumière sa capacité “à projeter la maladresse et l’insécurité de la princesse, à comprendre particulièrement bien la timidité innée de Diana, son malaise dans cet environnement hostile”. 

Présenté pour la première fois à la Mostra de Venise en Septembre dernier, Spencer était en compétition dans trois catégories prestigieuses du festival : le Lion d’Or, le Meilleur scénario et le Prix Spécial du Jury. Côté performances, Kristen Stewart avait été nommée dans la catégorie Meilleure actrice dans un drame lors de la 79ème cérémonie des Golden Globes cette année. Elle figure également parmi les nommées à l’Oscar de la meilleure actrice dont la cérémonie se déroulera le 27 mars prochain.

© Pablo Larraín, DCM
Le film ne déroule pas de faits réels, mais dépeint ce qui aurait pu se passer pendant le Noël de 1991. © Pablo Larraín / DCM

Entre fiction et réalité  

Pablo Larraín a tenu à prévenir ses spectateurs avant leur visionnage : ce film ne déroule pas de faits réels, mais dépeint ce qui aurait pu se passer pendant le Noël de 1991. Nous n’avons en effet aucune preuve du mal-être profond de Diana à ce moment précis de sa vie, d’ailleurs le cinéaste choisit de ne pas nous donner d’explications. On ne parle pas des causes des troubles anxieux de la Princesse, mais ce qui intéresse ici, c’est d’expliquer au spectateur comment elle va s’extirper de ce milieu, et des difficultés qu’elle rencontre pour le faire. Le but étant de comprendre l’être humain derrière l’icône mondialement chérie, derrière le titre noble et archaïque qu’elle incarne depuis son mariage avec le fils de la Reine d’Angleterre.

L’histoire de la Princesse disparue à 37 ans a plusieurs fois été abordée à l’écran. Dans la dernière saison de The Crown, série historique régulièrement récompensée, la talentueuse Emma Corrin prête ses traits à la Princesse Diana, prestation qui lui a valu le Golden Globe de la Meilleure actrice dans une série dramatique. La saison 4 de la série est particulièrement axée sur les troubles psychologiques de la Princesse, et l’on retrouve quelques similarités avec Spencer. Ceux qui sont familiers à l’univers de The Crown devraient ainsi savourer la nouvelle œuvre de Pablo Larraín.

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