En lecture
Strasbourg unie pour surmonter l’horreur

Strasbourg unie pour surmonter l’horreur

11 jours après le drame et l’horreur, Strasbourg se retrouve à nouveau unie. Le sport est souvent une échappatoire lorsque l’on va mal mais ce samedi soir, la Meinau était plus que notre remède. C’est tout une ville qui s’est retrouvée ce 22 décembre pour soutenir son équipe mais également pour rendre hommage aux 6 disparus lors de la fusillade.

Un puissant hommage

Avant le début de la rencontre, malgré les animations et chants de Noël, personne n’avait le cœur à cela. La tension était toujours présente aux abords du stade, en témoignait le redoublement de vigilance des stadiers qui n’hésitaient pas vérifier chaque centimètre carré de notre corps…

C’était dans un stade à guichet fermé et dans une ambiance des grands soirs que les deux équipes sont entrées sur le terrain. Le kop s’est alors vêtu de noir et tout le stade a allumé le flash de son téléphone pour imiter des étoiles et rendre hommage victimes tandis que les associations des UB90 et celles des KCB déployaient une banderole avec un message fort et unificateur :
“Strasbourg unie dans la douleur, pour surmonter l’horreur” !

La minute de silence fut un moment de frissons intense que les 25.113 supporters respectèrent intégralement. Moi, j’ai fermé les yeux, ai été parcouru de frissons, eu l’impression que le stade était vide, que les gens n’étaient plus là : on entendait la pluie tomber. D’ailleurs, quel symbole, il s’est mis à pleuvoir juste au moment de la minute de silence, juste pour nous montrer que même le ciel strasbourgeois pleurait. Le stade était comme amorphe quand il a rouvert les yeux au coup de sifflet de l’arbitre. Mais ce fut d’une courte durée car à peine réveillé, le kop entonna une immense Marseillaise qui fut, évidemment suivie par tous les supporters. Quelle puissance, quelles émotions, quels frissons !

Le football a rapidement repris le dessus

Les supporters ont vite été replongés dans le match puisque dès la 3è minute de jeu l’arbitre adressa un carton jaune aussi stupide que la simulation niçoise au capitaine strasbourgeois Stefan Mitrovic… Puis un second carton jaune, cette fois pour l’attaquant des bleus et blancs Lebo Mothiba (son premier de la saison) et l’expulsion du coach Thierry Laurey. L’arbitre a réussi en une mi-temps à se mettre tout le stade à dos. Rien de tel pour souder tout un public, mais il ne faut pas s’attarder sur l’arbitrage.

Voir aussi

Ce n’est pas le plus important puisque entre temps les strasbourgeois ont trouvés par deux fois le chemin de filets par Thomasson (26e) et Koné (41e). Que ce fut bon pour les supporters de pouvoir enfin se serrer dans les bras aux moments des buts et de fêter ensemble la victoire. Au coup de sifflet final, ce fut l’explosion de joie. La victoire s’était déjà dessinée en première période mais dans le stade ce fut un moment de soulagement, parce que le Racing finira l’année à la 7e place de la Ligue 1 mais aussi parce que la fête su succès qui se profilait allait être le théâtre de sourires et embrassades, tout ce qu’il faut pour faire repartir une ville. Le tour d’honneur des joueurs ainsi que leur célébration fit rester les supporters dans le stade pour ce grand moment de partage et de communion.

Strasbourg avait besoin d’un tel rassemblement, d’un stade comble, pour voir de ses propres yeux que sa population était unie et prête à surmonter l’horreur. Il fallait montrer aux personnes qui tentent de fragiliser et blesser un pays et une ville plus particulièrement, en s’attaquant au plus grand et au plus marquant de ses symboles, que l’on continue à vivre et que l’on continuera à se rassembler, comme ce samedi soir au stade.

Quelle est votre réaction ?
Excited
0
Happy
0
In Love
0
Not Sure
0
Silly
0
Voir les commentaires (1)

Répondre

Haut de la page