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Sympathie pour le diable : dans l’enfer de Sarajevo

Sympathie pour le diable : dans l’enfer de Sarajevo

Il aura fallu 14 ans à Guillaume de Fontenay pour voir son projet aboutir. Celui de réaliser un film revenant sur le quotidien de Paul Marchand, reporter de guerre et correspondant de Radio-France et Radio-Canada entre 1992 et 1993 lors du siège de Sarajevo.

Cet épisode majeur des Guerres de Yougoslavie a opposé les forces de la Bosnie-Herzégovine, ayant déclaré leur indépendance de la Yougoslavie, aux paramilitaires Serbes qui voulaient rester attachés au pays. Il est généralement peu évoqué par le cinéma occidental. Ceci n’a pas empêché le réalisateur franco-canadien de se concentrer sur un angle de vue, lui aussi souvent laissé de côté : le journalisme. Les mémoires de Paul Marchand (aussi intitulées Sympathie pour le diable) l’ont aidé à construire une œuvre remarquable et poignante.

Niels Schneider dans la peau d’un personnage froid mais attachant

L’acteur de 32 ans interprète le rôle de Paul Marchand en transmettant toute la flamboyance de ce personnage tout aussi provocateur que dévoué pour son métier. Au volant de sa Ford Sierra, il sillonne les rues désertes de Sarajevo en quête de reportages chocs. À l’arrière de celle-ci il a écrit : “Don’t waste your bullets, I am immortal” (“Ne gaspillez pas vos balles, je suis immortel). Il est accompagné de son photographe Vincent (Vincent Rottiers) et d’une interprète serbe nommée Boba (Ella Rumpf). La froideur de son attitude et de ses propos contraste avec l’image d’un homme profondément marqué par les événements et leurs circonstances. Un homme dévoué qui va jusqu’à risquer sa vie pour soutenir les combattants bosniaques ainsi que les sinistrés. Le tout magnifiquement retranscrit à l’écran par le brio de Niels Schneider qui a su se fondre dans la peau du reporter.

Le théâtre d’une division totale au cœur du conflit

Les conflits en Yougoslavie à la fin du XXe siècle sont très rarement évoqués et le peu que l’on en sait concerne l’attentisme de la communauté internationale. Elle n’est cependant pas l’élément central du film qui laisse place à l’expression des journalistes présents sur place pour couvrir les événements. Le réalisateur québécois s’attache à montrer la routine tumultueuse des reporters de guerre qui capturent chaque détail au péril de leur vie. Plus que des professionnels en déplacement, les journalistes forment un groupe relativement soudé mais aux différends notables. Des différends toujours occasionnés par Paul Marchand, une forte tête dénigrant souvent ses confrères pour leur retenue.

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Ce film propose un regard nouveau sur un événement passé sous silence. Une époustouflante mosaïque de guerre tout aussi terrifiante que rocambolesque.

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