Un meeting minimaliste à l’université Pont De Bois pour Philippe Poutou

Le meeting de Philippe Poutou à Lille 3. © Mael Lapeyre / Pépère News

Le candidat du Nouveau Parti anticapitaliste était présent ce mardi 7 décembre sur le campus Pont de Bois de l’Université de Lille. Sur un terrain déjà conquis, Philippe Poutou a présenté un meeting de campagne présidentielle minimaliste devant un amphithéâtre rempli d’étudiants lillois. 

Rendez-vous à midi, amphi B3, pour le meeting du candidat Philippe Poutou !” martèle un militant du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) dans chaque salle de cours du campus Pont de Bois ce matin. À l’entrée de l’université, dans les couloirs et dans les halls, des affiches, écrites au surligneur, indiquent la salle où est prévue le rendez-vous. Les étudiants se sont déplacés en nombre. Avant que les portes ne s’ouvrent et que le meeting commence, les sympathisants du NPA tentent d’expliquer aux simples curieux les idées du parti, “pour moins polluer, il faut travailler moins” chuchote l’un d’entre eux .

Philippe Poutou reconnaît être minoritaire sur l’échiquier politique mais se réjouit face au monde assis en face de lui qui “rassure quant à leur poids” © Mael Lapeyre / Pépère News

Il est midi quand l’ouvrier et candidat à la présidentielle se présente sur l’estrade de l’amphithéâtre plein à craquer. L’ambiance est électrique. Dès les premières paroles, les étudiants frappent des pieds et applaudissent à tel point que les bancs se mettent à trembler. Dans une atmosphère quasi-amicale, le meeting de Philippe Poutou a duré deux heures, avant qu’un cours magistral ne déplace la foule. Plusieurs intervenants, un cheminot et une étudiante, ont pris la parole sur des sujets qui les animent, avant l’intervention du candidat qui a tenu à directement échanger avec le public.

 “On est pour un monde où on accueille ceux qui sont en souffrance.” – Philippe Poutou, candidat NPA à l’élection présidentielle 

À la surprise générale, le premier sujet abordé est celui de l’immigration, thématique qui n’est pourtant pas une priorité des programmes de gauche et d’extrême-gauche. Damien, cheminot à Lille, est à l’initiative pour prendre la parole. Son introduction est un rappel des tragiques évènements qui ont eu lieu une semaine auparavant, lorsque 27 migrants ont été retrouvés noyés dans la Manche. Pour ce militant, quand la droite et l’extrême droite vomissent leur haine des migrants, c’est une démagogie de caniveau”. Une critique sévère faite au camp d’en face. Mais le parti n’épargne pas pour autant le gouvernement en place, qu’il n’accuse pas d’ingérence, mais de “persécution” envers les migrants. A contrario de la majorité présidentielle, le programme de Philippe Poutou est en faveur d’une ouverture totale des frontières : “On est pour un monde où on accueille ceux qui sont en souffrance”, assure le candidat. Selon le Nouveau Parti anticapitaliste, les exilés sont les victimes d’un capitalisme sacrificiel.

Les jeunes, électorat cible du parti

Les acclamations résonnaient dans l’amphithéâtre ce mardi midi. Le parti a choisi de s’adresser aux jeunes. Pour cela, Anaïs, étudiante à Lille 3 et militante au NPA, était invitée à s’adresser aux étudiants à propos de sujets qui les concernent. L’écologie figure bien sûr parmi les premiers qu’elle aborde. Pour le NPA, la crise écologique est un problème à imputer au capitalisme, comme tous les autres. Une attaque de front est menée contre les grands groupes polluants du CAC40 : Total se hisse au premier rang des accusés, suivi de près par le Crédit Agricole ou encore BNP Paribas. Seule une perspective révolutionnaire pourrait enrayer la crise selon le parti, et c’est dans cette perspective qu’un appel est lancé “aux jeunes anticapitalistes et révolutionnaires”. Le candidat à l’élection présidentielle, quant à lui, tente de vanter aux jeunes les bienfaits “d’une société communiste”, dans laquelle ils pourraient “décider pour eux-mêmes.”

“L’état de la planète menace l’existence humaine et animale.” – Anaïs, militante du NPA

Le NPA soutient que les jeunes devraient pouvoir décider sur leur scolarité, par exemple. Philippe Poutou s’insurge contre la sélection à la fac, qui devrait se durcir prochainement pour les masters. Il loue la lutte qu’opposent les “sans-facs” à cette sélection, qui s’engagent dans une véritable “bataille de classes pour entrer à l’université”. Il ne dit rien cependant de la mise en pratique de cette ouverture de la fac aux étudiants : faut-il recruter plus de professeurs afin de garantir un enseignement correct à chacun ? Sinon, comment ne pas surcharger des amphithéâtres et des salles de classe déjà bondés à la rentrée ?

Les militants clame à l’unisson “À bas le capitalisme !”. © NPA Jeune Lille

L’extrême-droite en ligne de mire

Deux jours après le premier meeting d’Éric Zemmour, émaillé par de nombreux incidents violents, Phillipe Poutou veut, comme la plupart des candidats, montrer qu’il est le seul véritable adversaire de l’extrême-droite. Devant les étudiants lillois, le candidat soutient que lutter contre le capitalisme revient à lutter contre l’extrême-droite car “les idées fascistes correspondent au système capitaliste”. “Il n’y a pas un candidat pour dénoncer assez fort la situation” lance Philippe Poutou tout en pointant du doigt “une droite républicaine de plus en plus extrême et une certaine gauche ayant déjà cédé au discours anti-migrants”. Il n’épargne pas non plus le camp insoumis en affirmant que “Jean-Luc Mélenchon ne tape pas assez fort.” Sous les applaudissements d’un amphithéâtre bondé, Philippe Poutou assure que “la seule solution est de sortir du capitalisme”.

Conscient d’avoir peu de chances d’arriver au second tour, si ce n’est aucune, Philippe Poutou veut que sa campagne soit vectrice de “mouvement social”. À ce titre, il précise regretter de ne “pas avoir l’occasion d’être davantage présent dans les médias”. Amené à revenir sur l’abstention massive chez les jeunes par une question du public, le candidat se la joue pédagogue face aux étudiants : “il y a un sens à l’élection, si on vote pour ses idées ou sa révolte”. Loin de condamner l’abstentionnisme, le candidat achève son meeting sur une note d’humour : “on encouragera les jeunes à voter pour nous, mais que pour nous, sinon autant s’abstenir” lance-t-il tandis que le public clame à l’unisson “À bas le capitalisme !”

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