Un retour tronqué pour François Hollande à l’Université de Lille

François Hollande Université de Lille

Après avoir été empêché de s’exprimer en 2019, c’est en visioconférence que François Hollande revient à l’Université de Lille. C’est peu après 16 heures, jeudi 24 novembre que l’ancien Président est apparu sur l’écran de l’amphi E de la faculté de Moulins. 

François Hollande devait se rendre à Lille le 24 novembre dernier mais, à cause d’une contrainte d’emploi du temps, il a dû annuler sa visite. C’est donc en visioconférence et devant un amphi rempli aux deux tiers que l’ancien Président s’est exprimé. Au programme de cette rencontre en demi-teinte : “repenser les institutions pour répondre à la crise démocratique”.

Un service de sécurité au rendez-vous

Pour accéder à l’amphithéâtre, il fallait brandir billet et pièce d’identité avant que son sac ne soit fouillé. Une sécurité pour le moins étonnante alors que le Président est annoncé en visioconférence. Si on rajoute celui situé à la sortie arrière de la salle, ce ne sont pas moins de 3 vigiles en charge de la sécurité. On aurait pu croire à la présence en chair et en os de François Hollande.

Un tel dispositif répond peut-être aux événements de 2019. À l’époque, François Hollande avait dû annuler sa venue. En effet, des manifestants avaient envahi l’amphithéâtre et déchiré ses livres. Le même jour avait lieu, partout en France, des manifestations dénonçant la précarité étudiante. Elles faisaient suite à l’immolation par le feu d’un étudiant lyonnais, qui avait dénoncé dans une lettre, la politique menée par Nicolas Sarkozy, Emmanuel Macron et François Hollande vis-à-vis des étudiants.

Mais non, c’est bien retransmis par vidéo-projecteur que le Président est apparu dans l’amphithéâtre de la Faculté. C’est à l’occasion d’un colloque sur l’élection directe du Président de la République et de la sortie de son dernier livre Bouleversements que François Hollande s’est exprimé. C’est après une introduction de Jean-Philippe Derosier (professeur de droit public à l’Université de Lille) et de Jean Gabriel Contamin (Doyen de la faculté des sciences juridiques, politiques et sociale) que l’ancien Président a exposé ses solutions pour répondre à la crise démocratique.

Des institutions à transformer pour sauvegarder la démocratie

“Il y a une crise dans les démocraties et aucune n’échappe à ce constat”. La France est d’autant plus concernée par cette crise : abstention plus forte à chaque scrutin, montée de l’extrême droite et défiance grandissante envers la représentation politique en sont les principaux symptômes. D’après l’ancien Président, “un triple procès” est ouvert à l’égard du pouvoir politique et ceux qui le représentent.

D’abord l’impuissance : les contraintes européennes et mondiales ou encore les magnats de la finance rendent impossible l’action des élus. Ensuite, la classe politique n’est plus crédible. Dans ce cas, on pense évidemment aux affaires Fillon et Sarkozy mais aussi à la petite dernière, surnommée McKinsey. Le parquet national financier mène actuellement une enquête sur les liens entre le cabinet de conseil McKinsey et le Président de la République actuel, Emmanuel Macron, d’après les informations du Parisien. Enfin, une grande partie des citoyens se sentent écartés du pouvoir. Il y a donc manifestement un éloignement entre gouvernants et gouvernés.

Pour répondre à cette crise, François Hollande propose de se diriger vers un régime présidentiel. Dans ce type de régime, les pouvoirs du Président sont plus importants en l’absence de Premier ministre. Selon lui, c’est la “clarification” des compétences et des pouvoirs au sein de l’exécutif car il serait monocéphale (une seule personne à la tête de l’exécutif). Cela permettrait aussi de renforcer les pouvoirs du Parlement suite à disparition de l’article 49-3 et du droit de dissolution.

L’ancien Président propose sinon d’instaurer “une disjonction dans les rythmes d’élection”. Ainsi un mandat présidentiel durerait six ans (comme pour les maires). L’Assemblée nationale serait, elle, renouvelée tous les quatre ans. Ces mesures permettraient d’obliger le Président à suivre les mouvements d’opinion puisque toute nouvelle réforme devra obligatoirement être votée par le Parlement. 

Après plus de trois-quarts d’heure de questions des étudiants et des universitaires présents, l’écran s’est éteint. Durant cet échange, François Hollande n’a pas hésité à laisser ses coordonnées à une étudiante en master pour qu’elle puisse lui poser des questions en rapport avec son mémoire. Il n’a pas, non plus, été perturbé par les problèmes de son, ou par les personnes qui entrent dans son bureau en plein appel. Dans tous les cas, cette crise démocratique est plus que jamais d’actualité aujourd’hui. L’ancien Président tente d’y répondre en y apportant des solutions concrètes : suffiront-elles ?

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