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Un troisième album poétique et engagé pour Georgio

Un troisième album poétique et engagé pour Georgio

Le troisième album personnel de Georgio était probablement un des albums de rap les plus attendus de l’année 2018. Sorti le 23 novembre dernier, il est temps d’analyser XX5, dernier bijou du rappeur du 18ème. 

Un album chronologique

Il nous arrive parfois d’écouter un album en mode “aléatoire”. Pour XX5, c’est interdit. Ce dernier raconte une histoire, une évolution dont on se rend compte au fur et à mesure de son écoute. Les premiers titres, comme Hier, Miroir ou encore Aujourd’hui ont une tonalité assez nostalgique, comme le rappeur a su le faire dans ses albums précédents. Il relate sa vie parisienne, son parcours compliqué, au milieu de nombreux personnages, dont sa mère et ses potes, qui reviennent de manière récurrente dans ses paroles. Mais au cours de XX5, l’état d’esprit évolue, et passe d’un sentiment de nostalgie à un discours davantage optimiste, tourné vers l’avenir, qui tranche avec ce qu’a pu nous proposer Georgio jusqu’ici, et J’roule en est la parfaite illustration.

Georgio se diversifie…

Les 18 morceaux de XX5 sont assez différents. Certes, on retrouve de nombreux sons du registre habituel du rappeur de 25 ans, ou des morceaux davantage commerciaux comme J’en sais rien ou Hier, mais Georgio s’est essayé à de nouveaux registres, et ça lui réussit plutôt bien. On le ressent notamment avec Akira, une chanson douce et envoutante qui est un succès total. Monnaie, à la mélodie sud-américaine nous fait également voyager tandis que le rappeur nous chante son amour pour la loyauté.

Certains textes permettent aux fans de s’y identifier comme J’me couche, qui conte le déroulé d’une soirée qu’on a quasiment tous connu, ou bien 31 Janvier, sûrement la chanson la plus aboutie de l’album. Ce titre rejette tout ce que le rappeur a exprimé jusqu’ici, met de côté sa nostalgie et ses épreuves difficiles pour chanter son amour à une heureuse élue, avec en apothéose : Ma vie a changé, j’ai ton sourire en plus.

…et prend position !

On ne doutait que très peu de l’état d’esprit de Georgio, qui a grandit dans le quartier Max Dormoy du 18ème arrondissement parisien, et qui reste encore très attaché à ses racines. Dans XX5, le rappeur n’hésite pas à se mouiller à plusieurs reprises en évoquant, entre autres, le racisme et l’immigration. On remarque cela avec Dans mon élément, en feat avec Isha (feat très réussi d’ailleurs), où Georgio s’inquiète de la jeunesse actuelle :

Voir aussi

“Y’a des gens qui chassent les migrants dans les Alpes, des mecs de mon âge qui refusent les blocus dans les facs”

Il n’hésite également pas à parler des rapports tendus avec le monde policier :

“J’emmènerai la haine anti-flic et les bavures de ces putains de racistes dans mon linceul”

Note de la rédac’ : 8,5/10. Ce troisième album de Georgio est pour moi très réussi. Il s’inscrit dans la lignée des deux précédents, mais marque tout de même une certaine évolution du rappeur, tant dans sa vie que dans son travail. Si certains titres paraissent redondants, on remarque qu’il a essayé de se diversifier, et que ça a bien fonctionné. Il ne reste plus qu’à attendre de le voir performer sur scène, là où il est unique. 

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