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Une mixtape qui réunit 15 artistes : l’interview de Raplume, créateur du chant des oiseaux

Une mixtape qui réunit 15 artistes : l’interview de Raplume, créateur du chant des oiseaux

Samedi soir. Dans la nuit sombre et silencieuse, j’en viens à repenser à quelqu’un que j’ai aimé. La raison ? La mixtape de Raplume, Le chant des oiseaux. Elle évoque, à travers 17 artistes et 15 morceaux, toutes les facettes de l’amour, de la relation naissante à la rupture, en passant par les regrets et la haine. Tout ce que l’on a déjà tous traversé et qui nous torture l’esprit. Cette mixtape est l’oeuvre d’Alvaro, et le Pépère News l’a contacté.

Pépère News : Salut, est-ce que tu peux te présenter ?

Raplume : Je m’appelle Alvaro,  j’ai 21 ans et j’ai lancé Raplume sur Twitter en 2016. Au début, je relayais juste des phrases de rappeurs que j’aimais bien. Maintenant, on peut dire qu’on est vraiment un média rap. Je gère les réseaux, on a des rédacteurs et des photographes pour les illustrations.

PN : Parlons un peu de cette mixtape, le chant des oiseaux.  Pourquoi ce nom déjà ?

Ça m’est un peu venu comme ça pour être honnête. Je l’ai écrit après la perte de mon grand-père, le 31 décembre 2018. L’idée d’une mixtape m’est venue après qu’Hamza (ndlr : HZY, rappeur et ami d’Alvaro) a écrit les premières paroles de ce qui allait être le premier titre, le chant des oiseaux.

PN : D’ailleurs qu’est-ce qu’il a de si particulier ce son pour toi ?

C’est un morceau assez personnel. Je ne voulais pas que ce soit des inconnus qui le rappent. C’est pour ça que ce sont deux amis qui sont dessus. Et je suis hyper satisfait des retours, c’est le morceau qui est le plus streamé pour le moment.

PN : Comment s’est passé l’écriture des autres morceaux, ça n’a pas été trop difficile avec autant d’artistes ?

Chacun apportait son truc, nous on donnait juste le thème du sujet : l’amour. Les artistes l’abordaient comme ils le voulaient ensuite. On n’a écrit aucun texte, à part donc le premier, et Interlude qui a été écrit par Antonia, prof de français, et récité par Dinos. Pour ce qui est des prods, les artistes avaient souvent les leurs avec leurs propres beatmakers. Mais certains ont composé leurs instrus eux mêmes, spécialement pour ce projet.

PN : Comment on choisit les artistes pour un sujet comme l’amour ? 

C’est juste des rappeurs que j’aime bien en fait. J’ai eu de la chance d’avoir des “gros” rappeurs.  J’ai même pas vraiment eu besoin de les convaincre, juste montrer la cover et expliquer le projet suffisait. Par exemple, j’ai juste envoyé un message à Jok’Air sur les réseaux sociaux, et il s’est avéré que c’était le mec le plus sympa que j’ai vu dans ce milieu. On ne leur donnait aucune consigne quant à l’histoire qu’ils voulaient raconter, chacun rappait ce qui l’inspirait et on a fait en sorte que ça ait la cohérence qu’on voulait donner au projet.

PN : On retrouve beaucoup le champ lexical du ciel dans les paroles, c’est quelque chose de voulu ?

C’est totalement involontaire ! On l’avait juste suggéré à quelques artistes mais ils s’en sont grave inspirés et ça a pris une grande partie des textes de Juice ou de Clara Charlotte par exemple. J’ai trouvé ça vraiment sympa parce que ça donne une cohérence supplémentaire à la mixtape. Et c’est aussi pour moi une référence à mon grand-père, je l’imagine au paradis, là-haut… C’est des petits hasards qui m’ont vraiment plu.

PN : Est-ce que ce projet c’est aussi une manière pour toi de parler de l’amour comme tu le vois ?

On passe par beaucoup de phases dans l’album. On commence d’un plan cul à une véritable fusion, on va d’un amour sincère vers la rupture et des regrets vers la haine. Je vais être un peu philosophique (rires). La vie est un cycle dirigé par l’amour. Quand j’ai perdu mon grand-père, l’amour que j’avais pour une fille m’a aidé à surmonter le deuil. Aujourd’hui, je ne suis plus avec cette fille et je pense que ce qu’il faut pour me guérir, c’est l’amour. On guérit tous les maux par l’amour. Mais comme dirait HZY, “l’antidote peut être plus nocif que le poison”.

PN : A l’instar de Trinity, l’album de Laylow, cette mixtape a une vraie ligne conductrice. C‘était vraiment important pour toi ?

On a voulu rompre avec les mixtapes traditionnelles en faisant un projet qui associe beaucoup d’artistes mais qui a une vraie cohérence artistique. Je pense que la seule mixtape à laquelle on peut être comparé dans une moindre mesure, c’est 93 Empire, qui est super lourde et m’a inspirée.

PN : Mais est-ce que c’est pas plus difficile d’avoir un vrai impact sans quelques sons “mainstreams” ?

On a compté sur le fait qu’on voulait juste faire un projet sur l’amour et mettre en avant quelques artistes qu’on aimait bien. Il n’y a presque pas eu de promo, on a sorti aucun morceau avant, un clip sort ce soir [ndlr : mercredi 1er avril] mais c’est tout. On avait pas pour objectif de faire un succès commercial. On veut aller à contre-courant.

PN : Comment ça se passe pour sortir un album quand on est un média ?  Ça a du être un vrai chantier non ?

Un peu ouais, j’ai beaucoup travaillé en solo. J’ai contacté tous les médias spécialisés de rap qui nous ont beaucoup aidé. On est pas passé par un label, c’était donc beaucoup plus compliqué d’être dans les playlists. Le projet marche vraiment bien pour le moment et on est en playlist Deezer mais toujours pas Spotify. Par contre, j’avoue avoir délégué pour tout ce qui est juridique et cover. (rires)

PN : Revenons un peu sur cette mixtape. Est-ce que chaque artiste raconte une histoire personnelle ou il s’agit de la même personne tout au long de ce projet ?

Chaque artiste raconte ce qu’il a vécu, ce qui l’inspire. Mais on a arrangé le projet pour que celui qui écoute ait l’impression qu’on parle toujours de la même personne. On voulait que chacun puisse s’identifier dans cette mixtape et se dire qu’il avait déjà ressenti ça.

PN : Il y a aussi le point de vue féminin, c’était important d’avoir des femmes dans ce projet ?

Bien sur. Il fallait absolument des filles. Tout le monde, homme ou femme, aime. On avait vraiment besoin d’un prisme féminin et Dina et Clara Charlotte ont assuré sur ça. Je pense pas qu’un projet sans vision féminine aurait vraiment été intéressant.

PN : Est-ce que tu peux nous donner 3 raison d’aller streamer le chant des oiseaux ?

En écoutant le chant des oiseaux, tu vas découvrir ou redécouvrir des artistes hyper talentueux. En plus, ça parle d’amour, et dans cette période compliquée, on en a tous besoin. Et aussi, parce que ça me rembourse le projet. (rires)

Le chant des oiseaux est disponible sur toutes les plateformes de streaming. Alors si, comme moi, l’envie vous prend de retrouver en musique ces sentiments que seul l’amour peut procurer, je ne peux que vous encourager à aller écouter ce chef-d’œuvre.

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